Pour l'Imam Ghazâli (que Dieu lui fasse
miséricorde !), le but essentiel du mariage bien compris est double :
social et spirituel. D'un point de vue social il est la garantie du
prolongement de l'espèce, ce qui fait écho à une célèbre tradition
prophétique (hadith) : « Mariez-vous, vous vous multiplierez ; et au
jour de la Résurrection, je tirerai fierté de votre grand nombre
devant les autres communautés... » En cela, sa pensée ne diffère
guère de celle de toutes les grandes civilisations classiques qu'elles
soient de l'Inde, de l'Extrême ou du Moyen-Orient, ou encore de
l'Occident du Moyen-âge. D'un point de vue spirituel, le mariage est
un facteur d'équilibre qui procure au disciple sensuel une
tranquillité d'esprit lui permettant de se consacrer à l'essentiel :
l'adoration et l'invocation de Dieu (dhikr), la méditation, l'étude
religieuse, ou encore le service de son Maître.
Louange
à Dieu, qui agença une création si complexe que toutes les flèches
des vaines conceptions ne sauraient percer les prodiges !
Une
des merveilles de cette Grâce divine est qu'Il créa l'homme à
partir du liquide [séminal] (Coran XXV 54). Puis Il le soumis au
désir amoureux, par la force duquel Il le contraignit à se
reproduire, préservant ainsi, de façon impérieuse, la postérité du
genre humain. Puis Dieu exalta l'importance du droit lignage, lui
attachant une si grande valeur qu'Il en interdit le libertinage ((sifâh).
Il insista sur la laideur de ce vice en le réprimant et en le
sanctionnant, et décréta que s'y livrer constitue un crime
abominable, d'une extrême gravité. En même temps, Il incitait
[l'homme ] au mariage, l'exhortant à cela par des injonctions et des
recommandations...
Cela
dit : le mariage constitue à la vérité une aide précieuse en
matière de religion ; par lui, les démons sont humiliés. C'est un
bastion inexpugnable dressé contre les ennemis de Dieu, et le moyen
[pour la Communauté] de croître et de multiplier, faisant ainsi
l'objet de la fierté du Prince des Envoyés vis-à-vis des autres
prophètes. Quel sujet mérite donc plus qu'on analyse les causes,
qu'on retienne les traditions et les convenances qui s'y rattachent,
qu'on en expose le dessein et les objectifs et qu'on en détaille les
différentes rubriques qui le composent ?
L'adage dit : Femme de mauvais caractère, tu n'épouseras
point.
- Celle
qui gémit (al-'annâna),
- celle
qui se fait valoir (al-mannâna),
- celle qui
regrette (al-hannâna) ;
- celle qui convoite (al-haddâqa),
- celle
qui se pomponne (al-barrâqa),
- et celle qui
jacasse (al-shaddâqa).
L'Iman d'écrire et
concernant le bon caractère chez la conjointe :
Voilà
également un critère fondamental dans le choix d'une conjointe, qui
permet à l'homme de trouver dans le mariage tout à la fois la
liberté d'esprit et une assistance dans sa vie religieuse. En effet,
si la femme a mauvais caractère, qu'elle se montre dure en paroles,
de mœurs grossières et ingrate envers son mari, celui-ci en tirera
plus de dommages que de bienfaits ! Supposer avec patience tout ce que
peut proférer la langue d'une femme est [d'ailleurs] l'une des
épreuves auxquelles sont soumis les saints.
Un
lettré arabe nous a laissé ce conseil :
– " Il
est six qu'il ne faut point épouser : celle qui gémit (al-'annâna),
celle qui se fait valoir (al-mannâna), celle qui regrette (al-hannâna)
; celle qui convoite (al-haddâqa), celle qui pomponne (al-barrâqa),
et celle qui jacasse (al-shaddâqa)". La mannâna
est celle qui ne fait jamais la moindre faveur à son mari sans la lui
rappeler complaisamment par la suite en lui disant : c'est pour toi
que j'ai fait ceci, c'est pour toi que j'ai fait cela... La hannâna
c'est celle qui sans arrête ressasse avec nostalgie et tendresse les
qualités d'un premier mari ou l'enfant d'un premier lit : de
celle-là aussi il faut savoir se garder ! la haddâqa, c'est
celle qui jette un regard d'envie sur tout ce qui l'entoure et qui
force son mari à lui acheter ce qu'elle désire. Le mot barrâqa
désigne pour sa part deux sortes de femmes : soit celles qui passe
ses journées à se lisser et se maquiller le visage, jusqu'à ce que
ces soins répétés lui confèrent un éclat incomparable ; soit
celle qui s'irrite perpétuellement de ce qu'il y a à manger à la
maison.
La
'annâna est celle qui gémit et
se plaint sans cesse, et qui, toutes les heures, se met un bandage
autour de la tête ; quel bien peut-il y avoir à épouser une femme
perpétuellement malade, que son mal soit réel ou imaginaire ?La mannâna
est celle qui ne fait jamais la moindre faveur à son mari sans la lui
rappeler complaisamment par la suite en lui disant : c'est pour toi
que j'ai fait ceci, c'est pour toi que j'ai fait cela... La hannâna
c'est celle qui sans arrête ressasse avec nostalgie et tendresse les
qualités d'un premier mari ou l'enfant d'un premier lit : de
celle-là aussi il faut savoir se garder ! la haddâqa,
c'est celle qui jette un regard d'envie sur tout ce qui l'entoure et
qui force son mari à lui acheter ce qu'elle désire. Le mot barrâqa
désigne pour sa part deux sortes de femmes : soit celles qui passe
ses journées à se lisser et se maquiller le visage, jusqu'à ce que
ces soins répétés lui confèrent un éclat incomparable ; soit
celle qui s'irrite perpétuellement de ce qu'il y a à manger à la
maison. Elle veut toujours manger
seule, considérant en toutes circonstances qu'elle a une part trop
petite. Cet usage nous vient du dialecte yéménite dans lequel on
emploie le verbe baraqa avec le
sens de rechigner devant la nourriture. Enfin, la shaddâqa
est celle qui n'arrête pas de parler, déversant avec volubilité
tout un flot de paroles ! C'est à ce genre de personne que fait
allusion le Prophète (sur lui Prière et Paix !) lorsqu'il dit :
"En vérité, Dieu (exalté soit-Il !) déteste le braillard qui
parle à tort et à travers [ou encore : le hâbleur, al-mutashaddiq,
de la même racine que al-shaddâqa]."
- celle
qui demande le divorce (al-moukhtali'a),
- la
mondaine (al-moubâriya),
- la dévergondée (al-'âhira)
;
- l'indocile (al-nâchiz),
On
rapporte que l'Ermite de [la tribu de ] Azd rencontra un jour le
prophète Élie (Ilyâs) au cours de l'une de ses pérégrinations ;
celui-ci interdit la continence et lui ordonna au contraire de se
marier, en ajoutant ce conseil : "Mais il est quatre sortes de
femmes que tu n'épouseras pas : celle qui demande le divorce (al-moukhtali'a),
la mondaine (al-moubâriya), la dévergondée (al-'âhira)
et l'indocile (al-nâchiiz)."
La
moukhtali'a, c'est celle qui,
toutes les heures et sans aucune raison, demande à son mari de la
répudier moyennant une compensation financière (khoul) ; la moubâriya
est celle qui rivalise de beauté et d'élégance avec les autres
femmes, et qui ne s'enorgueillit que de mondanités ; les 'âhira
est la dévergondée qui est connue pour fréquenter un amant ou un
petit ami. C'est à ce type de femmes que Dieu fait allusion dans le
verset : [N'épousez pas} celles qui prennent un amant
(Coran IV 25). Quant à la nâchiz,
c'est celle qui méprise son époux, le prenant de haut en actes et en
paroles (le mot nachz désigne un lieu proéminent, qui s'élève
au-dessus du sol).
'Alî
(que Dieu l'agrée !) disait ceci : "Il y a trois défauts de
caractère chez les hommes qui deviennent vertus chez les femmes :
l'avarice, l'orgueil et la poltronnerie." En effet, une femme
avare garde précieusement le patrimoine de son mari et le sien propre
; si elle est fière et orgueilleuse, elle refuse de s'abaisser à
adresser à qui que ce soit un mot gentil, une parole suspecte ; et
lorsqu'elle est peureuse, elle s'effraye de tout, et ne met par
conséquent jamais le nez hors de sa maison, évitant par peur de son
mari tout lieu compromettant.
Ces
propos indiquent donc quels traits de caractère il convient de
rechercher chez la femme que l'on désire épouser.
[Explicit] (Extraits. Des vertus du mariage.
Ghazâli. Edit. Alif Editions).
Point
de divinité, de dieu que Dieu !
"Vulnerant
omnes, ultima necat."
Nous
ne le dirons jamais assez.
Explicit
totus liber.
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