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Problème de sociétés

Destruction de Sodome

« L’homosexuel, s’il ne se repent pas avant sa mort, sera transformé en porc dans sa tombe. »
« ...eux qui connaissent le jugement de Dieu que ceux qui commettent de tels actes méritent la mort non seulement ils les font, mais encore ils approuvent ceux qui les commettent. »

Suite de la page 2 :   

P

oint de divinité[1] excepté Allah[2] le Très Haut. Que les meilleures salutations[3] soient sur les prophètes et messagers divins dont le Sceau de la Prophétie[4].

  APRÈS QUOI VOUS POURREZ PASSER PUISQUE VOUS ÊTES DE PASSAGE PRÈS DE VOTRE SERVITEUR (Gen. 18:5). Abraham dit aux hôtes : « Mangez d'abord en ma compagnie, puis vous partirez. » Le Ramban écrit qu'Abraham dit : « Etant donné que votre route passe par ma maison, je vous prie d'y entrer. »

  ILS DISENT ALORS : FAIS COMME TU DIS (Gen. 18:5). Ici se pose une question : Est-il possible que des hôtes ordonnent au maître de maison : « Fais comme tu as dit, apporte-nous à manger. » Ce ne sont pas là des manières civilisées. Il est expliqué que les hôtes bénirent Abraham et lui dirent : « Puisses-tu, dans un proche avenir, mériter de préparer des festins pour Sarah quand elle aura un fils. Nous viendrons manger pour la circoncision. » Voilà ce qui est écrit dans le Toldot Itzhak. Le Ramban explique que les hôtes dirent : Tu dois faire comme tu as dit ; donne-nous à manger sous l'arbre afin de ne pas nous attarder dans ta maison et de ne pas y passer la nuit. En effet, quand on pénètre dans un foyer pour la nuit, on n'arrive pas à en ressortir de si tôt. Le Behaye écrit que les anges déclarèrent : « Fais comme tu as dit », ce qui signifie qu'Abraham devait leur donner un morceau de pain mais ne pas préparer un grand festin. Une autre interprétation dit que les anges demandèrent à Abraham : « Ne nous retiens pas longtemps ; prépare-nous tout de suite à manger, aussi vite que tu as proféré ces quelques paroles. »
  PRÉPARE EN HÂTE TROIS SÉAH DE FLEUR DE FARINE (Gen. 18:6). Abraham dit à Sarah : « Prends vite trois bonnes mesures de farine[5]. » II ordonna d'en prendre trois afin de donner le même pain à chacun et d'éviter toute jalousie durant le repas. Le Ramban écrit : II ordonna de prendre trois mesures de farine tamisée et de la pétrir afin qu'elle soit très fine.

  Puis ABRAHAM COURUT AU GROS BÉTAIL (Gen. 18:7). Abraham avait beaucoup de serviteurs dans sa maison ; toutefois, il alla lui-même dans l'étable en l'honneur des invités ; il prit trois veaux, leur coupa la langue et les fit cuire[6]. Pour offrir trois langues, il dut prendre trois veaux afin d'honorer chaque hôte de la même façon. Abraham sortit les bêtes de l'étable et les remit à Ismaël afin qu'il s'habitue à respecter les commandements[7]. Il alla chercher du beurre et du lait, mais pas de pain, car Sarah était indisposée. Abraham n'amena pas de pain car, en pétrissant la pâte, Sarah l'avait rendue impure. La Guemara écrit[8] que Rabbi Yohanan explique : Le commandement d'hospitalité est supérieur à celui de l'étude à la maison de prière. Le Yalkout écrit[9] : Abraham offrit de l'eau à ses hôtes ; c'est pourquoi ses enfants possédèrent un puits d'eau pendant leur quarante ans d'errance dans le désert. Partout où ils allaient, le puits les suivait. Quand Israël commit des péchés dans le désert, le puits se tarit et il ne les suivit plus. Les sages durent aller prier en compagnie de leurs enfants ; ils entonnèrent cet hymne : « Jaillis, ô source[10]. » « Que l'eau monte du puits pour l'amour d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. » Et aussitôt elle se mit à jaillir. Le Behaye écrit : On ne donna pas de pain pour ce repas car Sarah, alors qu'elle pétrissait la pâte, devint impure. Elle ôta aussitôt ses mains de la pâte mais celle-ci fermenta. Cela se passait la veille de la Pâque. Voilà pourquoi Abraham n'appporta pas de pain pour le repas[11]. ILS MANGÈRENT (Gen. 18:8). Ils firent semblant de manger ; cela nous apprend qu'un hôte doit toujours accepter les usages des gens chez qui il se trouve sans les changer. Les anges ne mangent pas, mais ils firent comme s'il mangeaient.

  PUIS ILS DIRENT : OÙ EST SARAH TA FEMME ? (Gen. 18:10). Abraham répondit : « Elle se trouve dans la tente. » Cela nous apprend que l'hôte doit demander au maître de maison où est sa femme et demander à la femme où est son mari ; les anges savaient parfaitement que Sarah se trouvait à l'intérieur de la tente, mais ils feignirent de l'ignorer afin de pouvoir vanter sa discrétion. Ils demandèrent après elle, car ils voulaient lui donner la coupe de la bénédiction pour la récitation des grâces après le repas[12].
   JE REVIENDRAI VERS TOI LE TEMPS D'UNE GESTATION ET ALORS, SARAH, TA FEMME, AURA UN pas (Gen. 18:10). L'ange envoyé pour annoncer à Sarah la naissance d'un fils dit : « Je reviendrai dans un an. Sarah aura alors un descendant. » Cela se passait à la Pâque ; un an après, à la même époque, Sarah mit au monde Isaac. Le Behaye écrit : « Le temps d'une gestation » ; cela signifie que Sarah aura un fils comme toute femme enceinte dont le temps de gestation n'excède pas un an. Les neuf mois de la grossesse ne sont pas automatiques. Parfois, cela dure plus longtemps ou, au contraire, moins longtemps. Sarah, elle, n'attendra pas plus de douze mois pour mettre au monde un fils.

   SARAH ÉCOUTAIT À L'ENTRÉE DE LA TENTE ET ELLE ÉTAIT DERRIÈRE LUI (Gen. 18:10). Sarah se trouvait à l'intérieur. Quand les anges se mirent à parler, Sarah se leva et elle voulut aller écouter à la porte qui se trouvait derrière l'ange. Aussi, ne virent-ils pas Sarah.
  ABRAHAM ET SARAH ÉTAIENT VIEUX (Gen. 18:11). TOUS deux étaient très âgés. Sarah n'était plus réglée comme les femmes jeunes qui perdent du sang. On peut se poser une question : n'a-t-on pas dit que Sarah était impure lorsqu'elle pétrit la pâte qui fermenta si bien qu'elle dut la laisser de côté ? Le Debek tov donne une explication : Elle trouva une tache de sang bien qu'elle n'ait plus ses règles.
  SARAH RIT EN ELLE-MÊME (Gen. 18:12). Sarah rigola et posa ses mains sur son ventre en disant : « Ce ventre flétri, comment pourrait-il porter un enfant ? » Elle ajouta également : « Cette poitrine, comment pourrait-elle allaiter alors qu'elle est si desséchée[13] ? »

  ET MON SEIGNEUR EST VIEUX (Gen. 18:12). Mon époux Abraham est vieux, comment pourrais-je concevoir un enfant avec un vieillard ? Dieu s'adressa à Abraham : « Pourquoi Sarah s'est-elle moquée ? Elle a affirmé qu'étant très vieille, elle ne pourrait plus jamais avoir un fils. » Mais, devant Abraham, le Saint, béni soit-Il, répéta différemment les paroles de Sarah. Elle avait dit : « Comment enfanter avec un époux si vieux ? » S'adressant à Abraham, le Saint, béni soit-Il, prétendit que Sarah avait dit qu'elle était vraiment trop âgée pour enfanter. L'explication est : Le Saint, béni soit-Il, ne voulait pas susciter d'hostilité entre Abraham et Sarah, ni que le mari garde rancune envers sa femme à cause de ses paroles. Tout homme, même âgé, aime paraître jeune aux yeux de son épouse. Cela est également vrai pour la femme. C'est la raison pour laquelle Dieu ne restitua pas textuellement les paroles de Sarah. Nos sages en déduisent que, pour préserver la paix, on peut dire un mensonge[14].

  Y A-T-IL QUELQUE CHOSE D'IMPOSSIBLE À YHVH ? (Gen. 18:14). Le Nom Béni dit : « Existe-t-il une seule chose qu'on me cache ou que je ne puisse apprendre ? » SARAH NIA (Gen. 18:15). Sarah protesta et dit qu'elle ne s'était pas moquée, car elle avait peur de l'avouer. Abraham rétorqua : « Si, tu t'es moquée ! Pour quelle raison ? Dieu ne peut-Il accomplir des prodiges afin que nous puissions avoir un enfant ? » Sarah ignorait que Dieu l'avait promis à Abraham. Elle s'interrogea : « Comment Abraham sait-il que je me suis moquée ? Il a dû s'en apercevoir car je me suis tue ; je n'ai pas loué Dieu à l'annonce de la bonne nouvelle. » Abraham ne dit pas à Sarah que le Saint, béni soit-Il, s'était plaint de ses moqueries. Elle pensait que son époux l'avait deviné par lui-même. C'est pourquoi Sarah nia devant Abraham. Il répéta donc avec force : « Si, tu t'es moquée. » Sarah comprit alors qu'Abraham avait dû apprendre de Dieu qu'elle s'était moquée. Elle resta donc sans rien répondre. Si elle avait su que Dieu s'était plaint à Abraham, elle n'aurait pas nié. Le Ramban donne une autre explication : Le Saint, béni soit-Il, dit à Abraham : « Et alors Sarah ta femme aura un fils. » Abraham ne le révéla pas à Sarah pensant qu'il enverrait un ange pour annoncer directement la bonne nouvelle à sa femme. Il venait d'être circoncis avec toute sa maison et se sentait faible ; il s'assit au pas de la porte. Les anges arrivèrent alors pour lui annoncer la nouvelle. Le Hizkuni écrit, au sujet du verset « le temps de la gestation », que les anges dirent : « Nous reviendrons dans une année ; à ce moment-là, nous vivrons exactement comme maintenant. » En effet, les anges vivent éternellement, et ce, contrairement aux hommes qui sont mortels. « Elle était derrière lui » signifie qu'Ismaël se tenait derrière l'ange. Il gardait Sarah afin qu'elle ne se trouve pas seule ; ils pensaient que c'étaient des humains et pas des anges ; c'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle elle se moqua.

   ABRAHAM ET SARAH ÉTAIENT VIEUX, AVANCÉS EN ÂGE (Gen. 18:11). Depuis le début du livre de la Genèse jusqu'à ce verset, il n'est jamais dit qu'il y avait des vieux sur terre. Abraham s'adressa à Dieu : « Maître de l'univers, imaginons un homme qui marche dans une ville en compagnie de son fils. Personne ne peut reconnaître lequel est le vieux et lequel est le jeune. Il est également impossible d'honorer son père comme il faut. Le père doit être celui qui a les cheveux gris ou blancs. » Abraham vit alors ses cheveux devenir gris[15]. Isaac dit au Saint, béni soit-Il : « Un homme qui meurt sans souffrances connaîtra beaucoup de tourments dans le monde à venir. Mieux vaudrait qu'il ait son lot de souffrances dans ce monde-ci. » Dieu répliqua : « Tu dis juste. Je vais commencer avec toi », comme nous le voyons dans le verset « Et sa vue s'obscurcit[16] », ce qui signifie que la vue d'Isaac se mit aussitôt à faiblir. Jacob dit : « Maître de l'univers, un homme meurt subitement sans avoir été malade ; comment peut-il laisser un testament à ses enfants ? » Dieu rétorqua : « Dans ce cas. Je vais commencer avec toi », comme le montre le verset : « On dit à Joseph : ton père est malade »[17], ce qui signifie que Jacob tomba malade[18].

   SARAH RIT (Gen. 18:12). Quand Roch Hodech Tichrei arrivera, dirent les anges, elle aura un fils. Tichrei arriva et Sarah n'était toujours pas enceinte. Elle se moqua des paroles des anges : « Plus que six mois jusqu'à la Pâque et je ne suis pas encore enceinte ! » Abraham ne doutait pas qu'elle aurait un enfant, car il  l'avait  appris  directement  du  Saint,  béni  soit-Il.  Sarah,  par contre, pensait que les anges étaient des gens ordinaires, c'est pourquoi elle ne voulait pas y croire. Abraham avait également ri, mais le Saint, béni soit-Il, annonça : « Ta femme aura un fils. » Sarah se rendit auprès des gens et se mit à rire comme le dit le verset : « Sarah rit en elle-même. » Sarah rigola ouvertement devant tout le monde. Abraham tomba le visage à terre ; il ne voulait pas rire devant les gens. Le Hizkuni donne une explication : il existe une parabole. Une femme intelligente voulait punir sa bru. Elle décida de châtier sa propre fille espérant que la bru en tirerait la leçon et deviendrait bonne et pieuse. Le Saint, béni soit-Il, dit de la même façon à Abraham : « Pourquoi Sarah s'est-elle moquée ? », afin que lui aussi comprenne qu'il avait mal fait en se moquant. « Sarah nia. » Cela nous apprend que les femmes sont inaptes à témoigner[19]. Sarah prit peur et mentit.

  ABRAHAM MARCHAIT AVEC EUX POUR LES RECONDUIRE (Gen. 18:16). Abraham accompagna ses hôtes ; en raison de ce mérite, le Saint, béni soit-Il, apparut à Abraham. Lorsque quelqu'un raccompagne un ami, la limite à ne pas dépasser est la sortie de la ville. Pour un rabbi et son élève, ce sera la limite de déplacement du chabbat. Un élève avec le rabbi ne pourra aller au-delà de trois lieux ; un maître de maison et son ami, un lieu[20].
  PUIS-JE CACHER À ABRAHAM CE QUE JE VAIS FAIRE (Gen. 18:17). Dieu dit : « Dois-je avouer à Abraham ce que je vais faire avec Sodome et Gomorrhe ? Abraham est pieux et ordonne à ses enfants de respecter la Torah et les commandements. » Abraham entendit la louange de Dieu, aussi se rabaissa-t-il en disant : JE suis POUSSIÈRE ET CENDRE (Gen. 18:27). Nous en déduisons qu'un homme dont on vante les mérites, ne doit jamais en tirer vanité, mais, au contraire, se faire encore plus humble qu'auparavant.
  CAR JE L'AI ÉLU (Gen. 18:19). Dieu dit : « Je l'aime car il est pieux. » Le Behaye ajoute : Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, porte plus d'attention à Abraham qu'à d'autres justes, comme l'indique le verset « car je l'ai élu. » J'apparaîtrai devant lui chaque fois qu'il le faudra pour le protéger.

   YHVH dit : LA CLAMEUR DE SODOME ET GOMORRHE, COMME ELLE EST GRANDE (Gen. 18:20). Le Saint, béni soit-Il dit : « Je veux entendre la clameur de Sodome et Gomorrhe, savoir s’ils ont commis des péchés ou non ; je verrai qui a fauté. » Leurs péchés résultaient du fait qu’ils étaient corrompus de corps et qu’ils avaient amassé de grandes fortunes[21] ; mais si on les juge au ciel, c’est parce qu’ils ne prodiguaient pas la charité aux pauvres. Une fois, à Sodome et Gomorrhe, une jeune fille porta une miche de pain à un pauvre. Les habitants de la ville l’aperçurent ; ils la déshabillèrent, l’enduisirent de miel puis lui ligotèrent les mains et les pieds pour la placer tout près d'un endroit infesté de mouches et d'abeilles qui la dévorèrent. Son cri parvint jusqu'au Saint, béni soit-Il, comme le dit le verset : « La clameur de Sodome et Gomorrhe comme elle est grande », ce qui signifie que la clameur de la jeune fille de Sodome parvint jusqu'à Dieu ; le mot rabah peut d'ailleurs signifier jeune fille[22].

   JE VAIS VOIR S'ILS ONT AGI EN TOUT SELON LA CLAMEUR QUI EST PARVENUE JUSQU'À MOI (Gen. 18:21). Le Saint, béni soit-Il, dit : « Je vais juger les gens de Sodome, s'ils ont péché, je les détruirai, s'ils n'ont pas tous fauté et qu'ils se repentent, alors je déciderai quel châtiment leur infliger[23]. »
  ABRAHAM S'AVANCE ET DIT : EST-CE QUE VRAIMENT TU FERAS PÉRIR LE JUSTE AVEC LE MÉCHANT ? PEUT-ÊTRE Y A-T-IL CINQUANTE JUSTES AU MILIEU DE LA VILLE (Gen. 18:24). Abraham suggéra[24] à Dieu : « Peut-être y a-t-il cinquante sages dans les cinq villes ? Chacune peut donc en renfermer dix en son sein. Cela permettra de sauver la ville. Si le juste ne peut pas sauver le méchant épargne au moins le juste en raison de ses mérites[25]. » Le Ramban pose une question : Pourquoi dire qu'il y avait des justes dans les villes ? Mieux valait expliquer qu'il y avait cinq justes dans chacune d'entre elles. Abraham voulait laisser entendre que des justes étrangers avaient pu venir s'installer récemment dans la ville. Le Saint, béni soit-Il, devait donc eux aussi les sauver, notamment Loth venu résider à Sodome depuis peu ou d'autres encore.

   LOIN DE TOI D'AGIR DE CETTE FAÇON EN FAISANT MOURIR LE JUSTE AVEC LE MÉCHANT (Gen. 18:25). Loin de Toi de faire une chose pareille, de tuer le juste avec le méchant.
  EST-CE QUE CELUI QUI JUGE TOUTE LA TERRE NE PRATIQUERAIT PAS LA JUSTICE ? (Gen. 18:25). Le juge de toute la terre ne rend-il pas la vraie justice ? « Loin de Toi d'agir de cette façon. » Les gens diront : Voilà comment le Saint, béni soit-Il, a coutume d'agir. Il détruit le juste avec le méchant, comme pendant le déluge ou avec la génération de la tour de Babel.
  Si JE TROUVE DANS SODOME CINQUANTE JUSTES AU MILIEU DE LA VILLE, JE PARDONNERAI À TOUTE LA LOCALITÉ À CAUSE D'EUX (Gen. 18:26). Le Saint, béni soit-Il, dit : « Si Je trouve cinquante justes dans la ville, Je ne la détruirai pas. »

  ABRAHAM RÉPLIQUE (Gen. 18:27). « Je me permets de T'implorer, Maître de l'univers, bien que je ne sois que poussière et cendre ; peut-être manquera-t-il cinq des cinquante justes qui ne seront plus que quarante-cinq : Tu les détruiras par la faute des cinq ? Il existe cinq villes d'où proviennent les quarante-cinq justes, soit neuf justes par ville. Maître de l'univers, si Tu Te joignais à chaque ville, cela ferait dix justes par ville. Peut-être n'y aura-t-il que quarante justes ; dans ce cas, au moins quatre villes pourront survivre. » Le Saint, béni soit-Il, répondit : JE M'ABSTIENDRAI À CAUSE DE CES QUARANTE (Gen. 18:27). « Je ne ferai rien s'ils sont trente. » Abraham suggéra alors : « Peut-être ne seront-ils que vingt. » Ce à quoi Dieu répliqua : JE NE DÉTRUIRAI PAS À CAUSE DES VINGT (Gen. 18:31). Abraham continua : « Peut-être ne seront-ils que dix. Une ville au moins pourra survivre. » Le Saint, béni soit-Il, répondit : JE NE DÉTRUIRAI PAS À CAUSE DES DIX (Gen. 18:32). Je ne ferai rien s'il y en a dix, mais pas moins de dix. Abraham cessa donc de supplier Dieu. Le Saint, béni soit-Il, ne sauve personne si le nombre des justes est aussi minime. C'est pourquoi la génération du déluge disparut car il n'y avait que Noé, sa femme, ses trois fils et leurs trois femmes, soit un total inférieur à dix. Le monde fut donc détruit. Le Behaye pose une question : Pourquoi Abraham implora-t-il avec autant d'insistance ? Le Saint, béni soit-Il, avait promis que quatre villes seraient épargnées grâce à quarante justes ; Abraham aurait dû en déduire de lui-même que trente justes sauveraient trois villes, vingt justes, deux villes et dix justes une ville. L'explication est : Abraham pensait que s'il y avait un si grand nombre de justes, à savoir quarante, Dieu protégerait quatre villes mais, moins de quarante. Dieu ne sauverait plus rien. Voilà pourquoi Abraham supplia pour trente puis pour vingt et dix. Cela nous apprend que la meilleure prière est celle récitée dans un endroit où beaucoup de gens sont réunis. L'addition des mérites de chacun fait que la prière sera d'autant plus entendue et exaucée. Nos sages disent : Etudier la Torah avec un petit nombre de personnes n'est pas pareil que de l'étudier en grand nombre. Mais le Saint, béni soit-Il, est plein de miséricorde. Il répondit à Abraham : « Je pardonnerai même pour quelques justes. »

   LES DEUX ANGES ARRIVÈRENT A SODOME LE SOIR (Gen l9:l). Deux anges arrivèrent à Sodome et le troisième venu sur terre pour annoncer à Sarah qu'elle enfanterait un fils, retourna au ciel[26]. Ici se pose une question : pourquoi dans le passage concernant Loth, la Torah parle-t-elle des anges et dans les versets se rapportant à Abraham, sont-ils appelés hommes[27] ? L'explication est la suivante : les anges venaient tous les jours voir Abraham comme le ferait n'importe qui. Par contre, il était inhabituel de rencontrer des anges chez Loth ; voilà la raison pour laquelle ils sont nommés anges. Ils arrivèrent le soir chez Loth. On peut se demander pourquoi les anges mirent si longtemps pour aller de Hébron à Sodome ? Cela s'explique de la façon suivante : c'était deux anges de miséricorde. Ils voulaient attendre jusqu'au soir qu'Abraham ait plaidé la cause de Sodome devant le Saint, béni soit-Il.

  LOTH ÉTAIT ASSIS À LA PORTE DE SODOME (Gen. 19:1). Ce jour-là, on nomma Loth comme juge à Sodome.
  LOTH LES VIT, SE LEVA POUR ALLER À LEUR RENCONTRE (Gen. 19:1). Loth avait appris, au contact d'Abraham, à honorer les hôtes ; c'est pourquoi il alla à leur rencontre pensant qu'ils étaient des hommes. Le Behaye et Toldot Itzhak posent une question : Pourquoi est-il écrit « Loth se leva pour aller à leur rencontre » alors que pour Abraham il est dit qu'il courut à leur rencontre ? L'explication est : Les anges arrivèrent très tôt chez Abraham, au lever du soleil. Il faisait grand jour. Quand Abraham aperçut les anges au loin, il courut dans leur direction. Par contre, dans l'autre cas, il faisait nuit ; Loth ne vit donc pas les anges avant qu'ils ne se trouvent tout près de lui. Alors il se leva pour aller à leur rencontre.
  VOYONS DONC MES SEIGNEURS, TOURNEZ-VOUS VERS LA MAISON DE VOTRE SERVITEUR (Gen. 19:2). Il dit aux anges : « Je vous en prie mes seigneurs, venez dans ma maison mais entrez par derrière afin que les impies de la ville ne remarquent pas que j'invite des hôtes ; je mets ma vie en danger si j'offre l'hospitalité[28]. »
  PASSEZ-Y LA NUIT. LAVEZ-VOUS LES PIEDS (Gen. 19:2). Loth dit aux anges : « Entrez sans plus tarder afin que les méchants ne sachent pas que vous êtes des hôtes. » Comment se fait-il qu'il n'ait pas dit comme Abraham « Lavez-vous les pieds » ? Lavez la poussière de vos pieds ; ensuite seulement il aurait dû dire : Entrez dans la maison. Le Hizkuni donne une explication : Loth dit aux anges :  « Si vous vous lavez d'abord les pieds, les méchants verront que vos pieds sont beaux et diront : Ces hôtes sont depuis longtemps chez Loth. » C'est la raison pour laquelle Loth ne dit pas la même chose qu'Abraham.
  NON, NOUS PASSERONS LA NUIT SUR LA PLACE (Gen. 19:2). Les anges dirent : « Nous ne ferons pas ce que tu as dit. Nous passerons la nuit dans la rue. » Les anges dirent à Abraham : « Fais comme tu dis » ce qui signifie : Nous mangerons chez toi. Cela nous apprend qu'on ne doit jamais dire à un homme important : « Je ne ferai pas comme tu as dit. » Mais à un homme du commun, on peut très bien répliquer : « Je ne ferai pas ce que tu me dis de faire. » Les anges répondirent qu'ils passeraient la nuit dans la rue afin que les habitants de la ville sachent bien qu'ils étaient venus pour les anéantir ; alors, peut-être, se repentiront-ils.
   IL INSISTA BEAUCOUP (Gen. 19:3). Loth les supplia. Les anges entrèrent dans sa maison. Il leur prépara un festin et fit cuire des pains sans levain car c'était la Pâque[29]. Ils mangèrent[30]. Les anges demandèrent à Loth : « Comment sont les gens qui vivent dans la ville, bons ou méchants ? » II répondit : « La majorité des habitants est corrompue. » Alors qu'ils conversaient, toute la ville, jeunes et vieux, rappliqua. Il n'y avait pas un seul juste parmi eux pour les arrêter. Ils appelèrent Loth en disant : « Où sont donc passés les hôtes ? Fais-les sortir, nous voulons coucher avec eux. » Loth sortit et ferma la porte derrière lui puis il s'adressa aux méchants : « Que désirez-vous mes frères ? J'ai deux filles qui sont encore vierges. »

   QUI N'ONT PAS ENCORE CONNU D'HOMME (Gen. 19:8). Aucun homme n'a encore couché avec elles. Le Hizkuni pose une question : II devrait être écrit qu'aucun homme n'a couché avec elles, mais le verset dit que les deux filles n'avaient pas encore couché avec un homme. L'explication est[31] : les filles de Loth étaient impudiques et débauchées ; elles avaient l'habitude d'aguicher les hommes pour qu'ils couchent avec elles. Elles avaient même séduit leur père[32]. C'est pourquoi Loth dit : « Je vais vous donner mes filles, traitez-les comme bon vous semble, mais ne faites rien à ces hommes car ils sont venus dans ma maison. » Les impies répliquèrent : « Va-t-en loin d'ici. Tu es toi-même un hôte, un étranger, et tu veux nous juger ! Nous allons te juger sur le champ et nous te ferons plus de mal qu'à eux. » Les méchants s'avancèrent pour briser la porte et ils pressèrent Loth. C'est alors que vinrent les anges ; ils tirèrent Loth à l'intérieur, refermèrent la porte et frappèrent tous les méchants de cécité si bien qu'ils furent incapables de trouver la porte. Ils dirent à Loth : « Si tu as encore des enfants ou un gendre dans cette ville, fais-les sortir d'ici[33]. » Puis ils ajoutèrent : Qui AS-TU ENCORE ici (Gen. 19:12), c'est-à-dire : Comment peux-tu encore ouvrir la bouche pour prendre leur défense[34] ? Car Loth avait passé la nuit entière à plaider en leur faveur.

   CAR NOUS ALLONS DÉTRUIRE CETTE LOCALITÉ (Gen. 19:12). Le Behaye pose une question[35] : Pourquoi les anges dirent-ils qu'ils allaient détruire la ville ? Ils auraient dû affirmer : Le Saint, béni soit-Il, va détruire la ville. C'est pour cette raison que Dieu a puni ces anges. Ils ne purent retourner au ciel auprès du Saint, béni soit-Il, et ils en furent expulsés pendant cent trente-huit ans. Le Saint, béni soit-Il, cessa de les envoyer sur terre jusqu'à la venue de Jacob ; alors seulement Dieu les renvoya exécuter des missions, notamment auprès de Jacob qui leur ordonna de se rendre auprès d'Esaù. Cela nous enseigne qu'aucun homme ne doit se vanter d'une action de gloire qu'il n'a pas accomplie ; la gloire appartient toute à Dieu comme le dit le verset : « Toute la terre est pleine de Sa gloire[36]. » Les anges révélèrent par la suite qu'ils étaient envoyés par le Saint, béni soit-Il : YHVH NOUS A ENVOYÉS POUR LA DÉTRUIRE (Gen. 19:13).

   LOTH SORTIT (Gen. 19:14). Loth sortit de la ville et appela ses futurs gendres[37]. Il leur dit : « Partez avec mes filles, car Dieu va détruire la ville » ; mais les gendres rirent et se moquèrent. Au lever du jour, les anges pressèrent Loth : « Prends ta femme et tes deux filles afin de les sauver ; elles sont déjà prêtes ; peut-être vas-tu périr à cause des péchés de la ville. » Loth s'attardait en raison de l'argent qu'il possédait dans la ville[38]. Les anges le saisirent par la main, lui, sa femme et ses deux filles. Le Saint, béni soit-Il, eut pitié d'eux ; II les emmena hors de la ville, mais sans les laisser prendre d'argent ; c'est pourquoi le verset dit : LORSQU'ILS LES EURENT EUX CONDUITS À L'EXTÉRIEUR (Gen. 19:17). Ici se pose une question : pour quelle raison est-il dit : « Les eurent eux conduits », alors qu'on pouvait très bien dire seulement : « Les eurent conduits » ? Le verset indique que Loth, sa femme et ses deux filles furent conduits sans l'argent. L'ange prévint : « Fais bien attention de ne pas regarder en arrière sinon, toi aussi, tu périras comme un impie. Tu seras sauvé grâce aux mérites d'Abraham, mais ne te retourne pas pour voir comment chaque méchant sera anéanti dans Sodome. Toi, tu seras épargné. » Le Midrach écrit[39] : L'ange avertit Loth de ne pas regarder derrière lui car la Chekhina[40] se tenait au-dessus de la ville de Sodome avec les anges de service[41] chargés de faire pleuvoir du soufre et du feu[42]. Mais Edith la femme de Loth eut pitié de ses deux filles restées auprès de leurs époux dans la ville. Elle se retourna croyant que peut-être, au dernier moment elles sortiraient. Elle vit alors la Chekhina et se transforma aussitôt en statue de sel[43]. C'est parce qu'elle avait péché à cause du sel en refusant d'en donner aux pauvres qu'elle se métamorphosa de la sorte[44]. Loth supplia l'ange : « Je ne peux plus courir ; si cela se trouve, je vais au-devant du mal ; laisse-moi rester dans la ville de Zoar[45]. Elle n'a pas été construite depuis longtemps et renferme donc peu de péchés ; accepte que je reste pour vivre. » L'ange répliqua : « Cours vite là-bas car je ne puis rien entreprendre avant que tu ne sois arrivé. » Les anges furent punis. C'est, en effet, par vanité qu'ils affirmèrent qu'ils détruiraient la ville. Ils auraient dû dire : Le Saint, béni soit-Il, va détruire la ville. C'est la raison pour laquelle les anges dirent : CAR JE NE PUIS PLUS RIEN FAIRE (Gen. 19:22), ce qui signifie : Sans le Saint, béni soit-Il, je ne peux rien faire.

   LE SOLEIL S'ÉTAIT LEVÉ SUR LA TERRE (Gen. 19:23). Le Soleil s'était levé et la lune brillait toujours dans le ciel car cela se passait au milieu du mois durant la Pâque. A cette époque, la lune reste plusieurs heures dans le ciel alors que le soleil s'est déjà levé. Le Saint, béni soit-Il, fit alors pleuvoir du soufre et du feu, parce que des impies affirmaient que le soleil était leur dieu ; d'autres, adoraient la lune. Si le Saint, béni soit-Il, avait provoqué cette pluie quand la lune seule était dans le ciel, les impies auraient dit : cela ne serait jamais arrivé de jour, le soleil ne l'aurait pas toléré ; et s'il n'y avait eu que le soleil, ils auraient déclaré, à l'inverse, que la lune ne l'aurait pas permis. Voilà pourquoi le Saint, béni soit-Il,  déclencha la pluie alors que les deux astres se trouvaient dans le ciel.

  Du SOUFRE ET DU FEU (Gen. 19:24). Quand le Saint, béni soit-II, veut châtier les impies, il envoie du feu et du soufre[46], et quand il veut faire le bien aux justes, il fait tomber la manne du ciel[47].
  LA FEMME DE LOTH REGARDA EN ARRIÈRE (Gen. 19:26). Loth fermait la marche car il forçait toute sa maisonnée à quitter la ville.
  IL REGARDA DU CÔTE DE SODOME ET GOMORRHE (Gen. 19:28). Abraham contempla la ville et remarqua de la fumée et de la vapeur, comme on en voit dans un four à chaux.
  ÉLOHM SE SOUVINT D'ABRAHAM (Gen. 19:29). Le Saint, béni soit-Il, vit que Loth avait bien agi avec Abraham en ne dévoilant pas que Sarah était sa femme. Loth avait suivi Abraham tout le temps ; il avait donc entendu Abraham prier Sarah de ne pas dire qu'elle était sa femme. Loth ne le révéla pas.
  LOTH MONTA DE ZOAR (Gen. 19:30). Loth sortit de la ville de Zoar. Il avait peur qu'elle ne soit détruite en raison de sa proximité avec Sodome. Le Hizkuni écrit que Loth se dit : La ville de Zoar fut la seule épargnée car, fuyant Sodome dans la précipitation, je n'avais pas d'autre choix que de me réfugier dans cette ville ; mais maintenant que j'ai tout le temps devant moi, peut-être va-t-elle être anéantie. Il me faut donc m'enfuir.

  L'AÎNÉE DIT À LA CADETTE (Gen. 19:31). Loth se trouvait avec ses deux filles qui n'étaient pas mariées[48]. La plus âgée dit[49] : « Notre père est vieux. Il peut mourir d'un instant à l'autre ou bien ne plus jamais avoir d'enfants. Dans le pays, il ne reste aucun homme qui puisse coucher avec nous pour avoir des enfants. » Les filles croyaient que le monde entier avait disparu comme pendant le déluge. Le Behaye écrit : Les filles de Loth étaient pudiques ; elles avaient honte de demander à leur père de coucher avec elles et décidèrent donc de s'unir à Loth après lui avoir fait boire du vin. Le Saint, béni soit-Il, envoya du vin[50] dans la grotte où Loth et ses filles demeuraient espérant que leur père s'enivrerait. Saoul, il ne saurait pas qu'il couchait avec ses filles. Nos sages disent[51] : Leur intention était désintéressée. Elles avaient vu que leur mère avait disparu ; elles se dirent donc : « Qui reconstruira le monde ? » C'est pourquoi on ne trouve aucune allusion à la débauche dans la lection des filles de Loth. Elles étaient, en effet, chastes et nullement dépravés. En raison de ces mérites, l’aînée enfanta Ruth qui se convertit au judaïsme[52]. Le roi David est également un de ses descendants. De la cadette, naquit Naamah qui donna naissance au roi Roboam, fils du roi Salomon[53].

   ALLONS, ABREUVONS NOTRE PÈRE DE VIN (Gen. 19:32). La fille aînée dit à la cadette : « Enivrons notre père afin de coucher avec lui. » C'est pour cela que le verset dit explicitement : ELLE VINT COUCHER AVEC SON PÈRE (Gen. 19:33). Pour la plus jeune fille, il n'est pas écrit la même chose, mais : ELLE VINT PARTAGER SA COUCHE (Gen. 19:35) ; en effet, l'aînée avait commencé et donc montré l'exemple à sa sœur, ce qui explique la différence entre les deux versets.
   IL N'EN SUT RIEN (Gen. 19:33). Loth ne sut pas qu'il couchait avec sa fille car il était très saoul[54] ; il s'en aperçut après s'être réveillé. La nuit suivante, il se soûla à nouveau. Les deux filles furent enceintes de leur père bien qu'elles soient vierges. Or, une vierge ne peut devenir enceinte dès la première nuit où elle couche avec un homme. Avant de s'unir à leur père, les deux filles avaient simplement enlevé leur hymen avec le doigt afin de pouvoir enfanter dès la première union. L'aînée mit au monde un fils nommé Moab, ce qui signifie qu'elle le conçut avec son père[55]. Le Saint, béni soit-Il, dit au sujet de Moab à l'époque de Moïse : « Tu ne feras pas la guerre avec Moab, mais le peuple d'Israël infligera de multiples tourments aux Moabites. » Cela parce qu'elle parla sans discrétion de son père et dit sans détour qu'elle avait eu un fils avec lui. La fille cadette appela son fils Ben-ami, ce qui signifie un fils né de mon peuple[56]. Elle ne révéla pas ouvertement qu'elle avait eu un fils avec son père. Le Saint, béni soit-Il, la récompensa et ordonna à Israël de ne faire aucun mal au peuple d'Amon.
   ABRAHAM QUITTA CE LIEU (Gen. 20:1). Abraham vit que la ville de Sodome avait été détruite. Il reprit donc la route car plus personne ne passait par cette ville. Il ne pouvait plus recevoir d'hôtes ; sans compter que des rumeurs sur la mauvaise réputation de Loth circulaient dans son entourage parce qu'il avait couché avec ses filles[57] ; Abraham en avait honte et voulut s'éloigner de Loth. Il alla résider dans la ville de Gerar[58]

   Conclusion.

   Les gens de Sodome semblent être jugés, non pour leur acte infâme, mais plutôt pour leur manque de charité : Leurs péchés résultaient du fait qu’ils étaient corrompus de corps et qu’ils avaient amassé de grandes fortunes ; mais si on les juge au ciel, c’est parce qu’ils ne prodiguaient pas la charité aux pauvres. Une fois, à Sodome et Gomorrhe, une jeune fille porta une miche de pain à un pauvre. Les habitants de la ville l’aperçurent ; ils la déshabillèrent, l’enduisirent de miel puis lui ligotèrent les mains et les pieds pour la placer tout près d'un endroit infesté de mouches et d'abeilles qui la dévorèrent. Son cri parvint jusqu'au Saint, béni soit-Il, comme le dit le verset : « La clameur de Sodome et Gomorrhe comme elle est grande », ce qui signifie que la clameur de la jeune fille de Sodome parvint jusqu'à Dieu… Et ce serait la cause en quelque sorte de leur destruction[59] !

   Mais, dirons-nous, que dit la Bible aux hommes et aux femmes de l’Évangile ?

   « C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes : en effet leurs femmes ont changé le commerce naturel pour celui qui est contre nature ; pareillement les hommes, ayant abandonné le commerce naturel avec la femme, se sont consumés de désirs les uns pour les autres, ayant d’homme à homme des relations honteuses et recevant [ainsi] en eux-mêmes le juste salaire de leur égarement. (Bible. Romains 1 26-27).
   « ...eux qui connaissent le jugement de Dieu que ceux qui commettent de tels actes méritent la mort non seulement ils les font, mais encore ils approuvent ceux qui les commettent. » (Op. cit. 1 32).

   Comme on peut le constater, en aucun cas la Bible donnera raison à ceux qui commettent des actes contre nature. Bien plus, elle met en garde ! Ne croyez-vous pas ? Qu’on en juge encore d’après ces paroles qui suivent :
   « Or, nous le savons, la Loi est bonne, pourvu qu’on en fasse un usage légitime, ceci étant reconnu : que la loi n’a pas été faite pour le juste, mais pour les gens sans loi et indisciplinés, pour les impies et les pécheurs, pour les sacrilèges et les profanateurs, pour les parricides et les matricides, les assassins, les impudiques[60], les homosexuels [ou les infâmes], les marchands d’hommes, les parjures et pour tout ce qui encore va à l’encontre de la sainte doctrine... » (Bible. I Thimothée 1 8-10).

   Conclusion :

   La Loi divine est bonne. Elle est surtout réservée pour les gens sans loi, indisciplinés, et parmi eux : (...) les homosexuels... En clair, contre tout ce qui va à l’encontre de la sainte doctrine évangélique. Cette Loi contenue dans la Bible n’interpelle-t-elle pas, de nos jours, chaque homme et chaque femme de l’Évangile ? Ceux et celles qui commettent cet acte contre nature, ce grave péché, ceux encore qui les approuvent ont-ils mesuré la gravité de leur mauvaise conduite ? de leurs actes ? Des conséquences pour la société, de l’environnement ? Pour leur génération future ? Pour l’image de la France à l’étranger ? N’est-il pas écrit quelque part dans la Bible :

   « Je tiens à vous rappeler, à vous qui, une fois pour toutes, avez eu connaissance de tout, que le Seigneur (...) fit périr ceux qui se montrèrent incrédules, (...) De même, Sodome, Gomorrhe et les villes voisines, pareillement coupables d’impudicité et de péchés contre nature, se présentent à nous comme un exemple, endurant la peine du feu éternel.
   Et pourtant, ces individus font de même : hallucinés, ils souillent leur chair[61], méprisent la Souveraineté (Dieu)... (Bible. Jude. 1 5-8).

   La condamnation faite ici par le dénommé Paul, semble faire une différence nette avec les gens de la Torah. Il se démarque d’eux très nettement, n’hésite pas à condamner. A prendre une position contraire au monde de la Synagogue…  (à suivre)


[1] Le Créateur des cieux et de la terre est donc la seule et véritable divinité qu’on adore et qu’on se doit d’adorer véritablement.
[2] En langue arabe, Allah. En hébreu, ïl. Nom divin, il est employé couramment pour les gens de l’Evangile de langue arabe. En français, le terme Dieu est compris généralement, non comme un Nom divin, mais plutôt comme signifiant l’Etre-Suprême, le Créateur et Maître de l’Univers.
[3] Formules d’eulogies comme : que Dieu prie sur lui, l’agrée, lui fasse miséricorde, etc., formules propres à  l’Islam traditionnel. Les exégètes interprètent la « prière » divine comme étant un octroi de Sa miséricorde et la « prière » angélique comme une demande de pardon pour les créatures. 
[4] Soit : Ahmad-Mohammad, fils d’Abd Allah, (...) fils d’Ismaël, fils d’Abraham  (sur eux la Paix !). Pour l’Islam traditionnel, il est le Sceau de la Prophétie, le Sceau des prophètes et messagers divins.
[5] ARNA 13.
[6] B.M. 86b, Gen.R. 48.12-14, ARNA 13.
[7] Gen.R. 46.13, ARNA 13.
[8] Chab. 127a.
[9] Yalk. 1.82.
[10] Nom. 21:17.
[11] PRE 26, B.M. 87a.
[12] B.M. 87a.
[13] Gen.R.48.17.
[14] Yeb.65b.
[15] B.M. 107a.
[16] Gen. 25:1.
[17] Gen. 48:1.
[18] Combien le Saint et Seigneur d’Israël et des mondes est au-dessus de ce qu’ils décrivent et Lui associent !
[19] B.Q. 1.3.
[20] Sot. 46b.
[21] Sanh. 109a-b, Gen.R.49.6.
[22] De rabah, grande et ribah, jeune fille, voir PRE 25.
[23] Le dieu du monde de la Synagogue n’a aucune prescience, aucune science du présent comme de l’avenir ! Il apparaît comme une créature et non une divinité créatrice des cieux et de la terre. Ce qui est incompable à Son essence élevée, pour le divin Créateur.
[24] Phrase impossible à prononcer.  Le divin Créateur n’a nullement besoin qu’on lui suggère…
[25] Gen.R. 49.9-13.
[26] Gen.R. 50.3.
[27] Ils sont une fois nommés melakhim (anges) et une autre fois, anachim (hommes).
[28] 26. PRE 25.
[29] Cette fête viendra après la révélation de la Torah, non avant. Le récit est tronqué. 
[30] Le récit biblique insiste sur le fait qu’ils mangèrent. Le récit coranique affirme, lui, juste le contraire.
[31] Explication qui n’engage que l’auteur. Qui porte à la dignité et l’honneur des deux filles de Loth. Selon le verset coranique, les deux filles de Loth étaient, croyantes, vertueuses. Tel n’était pas le cas de leur mère.
[32] Que le Seigneur des mondes nous protège d’une telle infamie ! 
[33] Tout cet épisode est relaté dans PRE 25 et Gen.R. 50.3-7.
[34] Le Midrach lit peh (bouche) au lieu de poh (ici).
[35] Interpétation erronée. Dénuée de tout fondement. Il est vrai que les anges comme les messagers divins n’ont pas bonne presse auprès des gens de la Synogogue. Combien le Saint et Seigneur des mondes est au-dessus de ce qu’ils décrivent et Lui associent !
[36] Es. 6:3.
[37] De gendres, Loth n’en aura pas dans cette ville. Voir la version coranique.
[38] Combien les prophètes sont au-dessus de ce qu’ils décrivent et leur associent !
[39] PRE 25, Yalk.Esth. 1055, Yalk.Ex. 256.
[40] Arabe, sakinah.
[41] Melakhei hacharet, les anges au service de Dieu. Version coranique, le service ici, soit le châtiment sera exercé par un seul ange : Gabriel.
[42] Voir Bible. Apoc./Rév : 8/6, etc.
[43] PRE 25.
[44] Le verset coranique voit plutôt en la femme de Loth une femme mécréante, de mauvaise aloi. C’est elle qui guidera le peuple chez son mari pouur y accomplir des turpitudes avec ses invités.
[45] Chab. 10a.
[46] voir plutôt la version coranique.
[47] La destruction de Sodome est relatée dans Gen.R. 50.12.
[48] Gen.R. 51.9.
[49] version coranique : Loth rejoindra avec deux filles Abraham.
[50] Combien le Saint et Seigneur d’Israël et des mondes est au-dessus de ce qu’ils décrivent et Lui associent ! Non, Il ne peut faire, commander ? la turpitude et le blâmable. Ne s’est-Il pas interdit ces choses à Lui-même ?
[51] Hor. 10b.
[52] cette religion apparaîtra après l’adoration du « Veau d’or », non avant. Après la révélation de la Torah. La religion des patriarches sera uniquement celle d’Adam : la Soumission ou l’Islam. Dire ou prétendre le contraire, n’est-ce pas Le faire mentir ? Faire mentir Ses Prophètes (sur eux la Paix !) (Coran II 140).
[53] NAZ.23a.
[54] A comparer à l'ivresse de Noé, voir Gen. 9 -.20-27.
[55] Me-ab « avec le père » ou « eau du père » dans le sens de liquide séminal. Selon Elie Munk dans son commentaire sur la Torah : « La dynastie davidienne, appelée à donner naissance au Messie, fils de David, à la fin des temps, fut en effet, « découverte à Sodome », selon les termes du Midrach. Le fait que le futur rédempteur de l’humanité ait sa première origine dans une union inceste passible selon la loi juive de la peine de mort semble s’entourer d’un mystère. Il est d’autant plus troublant qu’il se répète une seconde fois dans l’ascendance paternelle de David, Ruth, la Moabite, ancêtre de David, épousa, en effet, Boaz issu de la tribu de Juda. Or, l’origine de cette tribu remonte également à une union incestueuse celle de Juda avec Thamar, sa bru (Gen. XXXVIII, 16 ; cf. Lévit. XVIII, 15). Ces événements historiques ne sont assurément pas fortuits. Ils contiennent une signification profonde. Aussi est-il permis de présumer que le futur rédempteur de l’humanité doit porter dans ses veines une goutte de sang impur et non-juif afin d’être en mesure de comprendre l’état d’âme de tous les êtres humains, de partager leurs faiblesses et de pouvoir, par son ascendant et par son langage, trouver le chemin de leur cœur et les ramener à Dieu ». (Op. cit. Gen. 19 32).
[56] Ou le « fils de mon parent ».
[57] Combien le Saint et Seigneur d’Israël et des mondes est au-dessus de ce qu’ils décrivent et Lui associent !
[58] Gen.R. 55.1-4.
[59] Autre variante pour nous plus plausible : On rappelle aussi que lorsque les messagers (anges) arrivèrent au village de Loth, ils le trouvèrent dans son champ. On a dit : Ils trouvèrent sa fille qui versait de l’eau de la rivière de Sodome. Ils lui demandèrent alors qui pourrait bien les recevoir ( les inviter) ? Lorsqu’elle vit leur stature, elle prit peur pour eux, des gens de son peuple. Elle leur dit : Votre endroit ! elle partit trouver son père pour l’informer. Il sortit au-devant d’eux. Ils dirent : Nous voulons que tu nous reçoive pour la nuit. Il leur dit : Vous n’avez pas entendu ce qu’on dit sur les pratiques de ce peuple ? Ils lui dire : Quelles pratiques ? Il dit : Je témoigne qu’ils sont les pires des gens sur terre ! Et à Dieu Tout-puissant et Majestueux de dire aux Anges auparavant : Ne les châtiez pas jusqu’à ce que Loth témoigne contre eux par quatre fois. Lorsque Loth dit ces paroles, Gabriel dit à ses compagnons : C’est le premier (témoignage) ! Ils répétèrent la parole entre eux plusieurs fois jusqu’à ce que Loth témoigne par quatre fois. Ensuite, ils entrèrent avec lui dans la ville.
  Ayant voulu abuser des anges, les messagers du Saint et Seigneur d’Israël et des mondes, à quoi pouvaient-ils s’attendre ? Car Il ne punit pas sans preuve.
[60] N’est-il pas écrit quel que part dans la BIBLE : « Pas non plus de propos déshonnêtes, de bouffonneries, de plaisanteries grossières, ce qui ne convient pas, mais plutôt des actions de grâces. Car sachez bien ceci : nul fornicateur, nul impudique, nul avare, c’est un idolâtre, n’aura part à l’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu (soit le Paradis). (Bible. Eph. 5 5).
[61] « la luxure était bien le grand Péché, celui qui souille les sources de la vie » (R. Rolland). N’est-il pas écrit quel que part dans la Bible : « ... purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, en achevant de nous sanctifier dans la crainte de Dieu » (II Cor. 7 1).

Point de divinité, de dieu que Dieu !
« Vulnerant omnes, ultima necat. »
Nous ne le dirons jamais assez.
Explicit totus liber.

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18/01/07 .

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