Sujet: L'Afrique du Nord et la période coloniale. Conversion en Islam. Députation.
Série : Histoire



 Suite Page 3. 

 Les réactions positives.

    Heureusement pour la dignité de la presse, une voix s'élève en faveur du burnous du Dr Grenier ; c'est celle du Temps où des rédacteurs conservent une tête froide et une raison solide :

   « ...Le burnous reste encore une chose étonnante. Mais pourquoi serait-ce une chose risible ?... M. Grenier n'avait aucun avantage à se vêtir comme nous le voyons. Il s'expose, de gaîté de cœur, aux quolibets. Mais on désirerait savoir ce que ces quolibets veulent dire... Même si la religion de l'Islam était ridicule, nous devrions nous abstenir d'en rire, par respect pour la conscience de nombreux habitants de nos colonies qui professent cette croyance ; mais il se trouve que le Coran ressemble trop à la Bible pour nous permettre ces fâcheuses libertés. Bonaparte, qui n'était pas un sot, fit, en Egypte, tout ce qu'il convenait pour nous gagner le cœur des musulmans. L’an dernier, des personnalités très considérables du monde politique français entreprirent de fonder une mosquée à Paris. C'était assurément plus singulier que de devenir musulman pour son propre compte, si le cœur vous en dit. Pourtant, personne n'eut l'idée de trop railler le projet de la Mosquée ; car — pour une fois — Paris renonçait à être blagueur, afin de rester intelligent et libéral.
   « Malheureusement, on ne comprend pas, tous les jours, le libéralisme de la même manière. Ce devrait consister à respecter tous les cultes, toutes les croyances et tous les rites. Or, il se fait que, de temps à autre, on entend le libéralisme comme un droit — et presque un devoir — de condamner ou de bafouer, en bloc, tous les cultes, toutes les croyances et tous les rites. C'est une grave erreur ; et je crois bien  que, pour nous, c'est l'erreur nationale par excellence. Et voilà pourquoi, au fond, l'on en veut à M. Grenier[1]. »

    Entre temps, le portrait du député musulman a paru dans tous les illustrés de France et de l'étranger. Le Monde illustré, L'Illustration, Le Journal, Le Rappel, le Daily Telegraph, L'Eclair, Le Petit Parisien, ont publié les photos que Pierre Petit, le célèbre photographe, ou Nadar, on Ladislas Lœvy ont tirées.
   Le Figaro revient à la charge, sous la signature de Gaston Deschamps, et avec cette épigraphe de François Coppée : « Tout ce qui peut ajouter quelque chose au ridicule du monde parlementaire m’enchante » :

    « Un bon docteur préfère l'effet éblouissant de son  burnous. Il a pris le meilleur parti. Une ablution dans la rue attroupe autour de son nom plus badauderies que ne feraient cinquante rapports sur les divers chapitres du budget. La répétition de ses prosternements lui assure une gloire que son éloquence, peut-être, ne saurait lui garantir. En dix jours il a conquis une popularité que vingt ans de travaux et de veilles n'ont pas toujours donnée à un Thiers, A un Guizot... Le voila aussi connu que Victor Hugo[2] ou que Pasteur. Il ne fait de mal à personne. Il est content. »

    Dans le même numéro (14 janvier 1897), Alfred Capus donne une traduction fantaisiste —  et  qu’il  voudrait  spirituelle,  hélas !  —  de Quelques Versets du Coran (A l'usage du docteur Grenier) :

   1 — La piété ne consiste pas à faire retourner les passants sur les trottoirs.  
   2 — Si tu es disciple de Mahomet et un fervent adorateur d’Allah, évite de te couvrir de ridicule, car il en rejaillirait toujours un peu sur Allah et sur Mahomet.
   3 — Ne te hâte pas de manger la poussière de tous les endroits ou tu te trouves. On ne sait jamais ce qu'il y a dans la poussière. Allah seul le sait. 
   4 — Ne quitte pas la religion de tes pères et n'en adopte pas une autre sous prétexte que le costume te plait mieux.           
   5 — Allah n'attache aucune importance aux questions de toilette, et Mahomet aurait porté une redingote qu’il n'en aurait pas moins été son prophète.
   6 —  Tu  as  raison  de  mépriser  les  opinions  des  hommes ; mais lorsque tu les méprises, descends au fond de ta conscience et demande-loi si c'est pour fuir le scandale ou pour le rechercher.
   7 — Ne suis pas la religion d'Allah comme on suit une femme dans la rue.
   8 — N'attends pas qu'il y ait beaucoup de monde pour faire tes dévotions.
   9 — Allah seul connaît si tu es sincère ou si tu ne l’es pas. Tu n'influenceras pas son jugement en faisant parler de la sincérité dans les journaux.
   10 — Fuis l'ostentation avec la rapidité de la gazelle.
   11 — Sois sobre de paroles comme le chameau du désert.
   12 — Ne fais pas trop rire les hommes a les dépens si tu veux les gouverner.
   13 — N'affirme pas que tu es un prophète d'Allah avant d'en être bien sûr.

   Toujours dans ce même Figaro, Forain, l’âpre Forain,  sous  le  litre  Doux  Pays,  esquisse la silhouette du Dr Grenier entrant à la Chambre. Des parlementaires le regardent et disent avec envie :

   — Voilà le costume rêvé pour toucher un chèque.

   Il  est vrai qu'on était tout près de l'affaire de Panama où tant des leurs se trouvaient compromis...

   Voix de la raison.

   Mais voici une voix plus raisonnable. C'est celle  d'un  provincial  qui  écrit dans  Le  Petit Rouennais du 14 janvier :

   « C'est à ses actes qu'il faudra juger le Dr Grenier et non sur ses façons extérieures. Il passe, à Pontarlier, pour un excellent conseiller municipal. Pourquoi ferait-il un mauvais député ? Et, s'il est bon député, en quoi serait-il plus ridicule avec un burnous qu'avec une jaquette étriquée ou un veston ?
   « L'état d'esprit qui porte à rire du nouveau député franc-comtois est le même qui a fait disparaître, un à un, nos anciens costumes provinciaux. Les premiers parisiens[3] qui ont « découvert » la Bretagne se sont écriés on voyant les habitants de la vieille Armorique porter le bragoubrass, la veste à mille boutons, le grand chapeau de feutre et la chevelure longue : « — Sont-ils godiches[4] ! A force de répéter cette exclamation, ceux qui sont venus après eux, ont, tout doucement, incité les Bretons à renoncer à leur costume national. Bien malin qui me dirait ce que la Bretagne a gagné à cette transformation[5]. Pour ma part, je sais fort bien ce qu'elle y a perdu !
   « En poussant à l'absurde le raisonnement qui fait rire du Dr Grenier, il faudrait, au cas où le Sénégal enverrait siéger à la Chambre un député nègre, obliger le malheureux à se blanchir. Voilà pourtant la conclusion logique des ricanements et des quolibets qui ont accueilli l'élu de Pontarlier. Dire que nous nous qualifions modestement « le peuple le plus spirituel de la terre[6] ! » 

   L’avis du docteur Grenier. 

   Que pense le député de Pontarlier de tout le tapage  qu'il  provoque ? C'est L'Indépendant d'Epernay qui va nous l'apprendre, après Marc Réville, son compatriote, déjà cité :

   « Ce que nous admirons le plus dans tout cela, c'est la parfaite insouciance, la sérénité incomparable, vraie ou simulée, de celui dont les moindres faits et gestes sont ainsi avidement recueillis et commentés. Il va et continue ses salamalecs sans prêter la moindre attention à ceux qui l'entourent. Il voit fort bien qu'on se moque de lui, car ce n'est pas un imbécile ; il laisse faire, c'est à peine s'il daigne se retourner et répondre à qui l'interroge[7]. »
   « Ce jeune médecin mahométan a introduit dans le Palais-Bourbon par des moyens singuliers, un exemple et une vertu, le courage moral, souligne encore le Petit National. S'imagine-t-on qu'il ne vole pas les regards moqueurs, qu'il n'entende pas les rires et les quolibets quand il agit selon sa croyance ? Il continue à agir sans diminuer d'un seul ses saluts, d'une seule ses oraisons. Il agit parce qu'il cherche sa règle dans sa conscience et non dans le regard des autres et l'opinion dominante[8]. »

   On pourrait prolonger les citations. Les copieux extraits de la presse de l'époque que nous venons de transcrire montrent assez bien dans quelle atmosphère de défiance, et de sottise s'ouvrit la carrière de députe du Dr Grenier. Qu'on sache au surplus que son élection fut, le 25 janvier 1897, validée sans débat, au grand dam des réactionnaires, des imbéciles et des envieux. Les tribulations de son arrivée à Paris ne le détournèrent point de la mission qu'il voulait remplir et qu'il remplit avec honnêteté jusqu'aux élections législatives du 8 mai 1898. Il sut en imposer à ses collègues par le sérieux de ses interruptions et par la hauteur de sa pensée. Inscrit au parti radical-socialiste qui était alors un parti révolutionnaire[9], il fut fidèle à toutes les séances de la Chambre. Il n'abandonna jamais son bulletin de vote à son groupe, il  le déposait lui-même dans l'urne et ses adversaires eux-mêmes furent bien obligés de rendre hommage à sa loyauté totale.
   La vie a Paris fut loin de lui plaire ; on le comprend sans peine. Blagué par les chansonniers, harcelé par les journalistes, il ne fit aucune concession à son idéal. Il n'avait en vue que la grandeur de la France[10], que l'amour de son prochain. Combien de députés étaient à sa hauteur ? On les compterait sans doute sur les dix doigts.

    Remarques. L’attitude du monde biblique, vis à vis de la Prière, semble être la même que les associateurs arabes. A cette époque, l’étonnement sera tellement grand qu’on en parlera en haut lieu ! A l’origine, la Prière du monde biblique et du monde coranique est la même. Elle comprend : 1° ) la station debout, 2°) La station à même le sol : la prosternation. Une troisième sera ajoutée spécialement pour le monde coranique : la station inclinée.  
  
Fait. Le monde biblique[11] a crut bon d’introduire, dans leurs lieux de Culte, des chaises, des bancs, des prie-Dieu, etc. Ainsi, et avec cet apport du prie-Dieu, on s’agenouille, par exemple, pour prier. Et de ce fait, les gens de la Bible, vous parleront plus de « génuflexions » que de « prosternations » dans leurs cultes.    
  
Réalité. Le monde biblique (croyants & incroyants) semble étonné de voir le monde islamique prier, en plus de la Mosquée, sur leurs lieux de travail, au bureau, à l’école, dans les administrations, etc. La loi biblique exige, il est vrai, pour l’ensemble des gens de la Bible ; qu’ils prient uniquement dans leurs Lieux de Culte. La loi nouvelle, coranique, est plus souple. Elle permet d’effectuer ses prières obligatoires (au nombre de cinq) là où on se trouve. D’où cette demande faite, pour toute personne pratiquante, auprès de l’administration, l’employeur, etc. L’autoriser à prier à l’heure prescrite. Le Vendredi, exceptionnellement, on demandera certainement d’y prier la prière du midi, en groupe, mais à la Mosquée. Certains employeurs, administrations, etc., du monde biblique acceptent volontiers. D’autres sont plus réticents voir s’y opposent. Notons que certaines personnes du monde biblique ne comprennent pas du tout notre façon de prier. Les adversaires et opposants de la Religion divine : l’Islam, ne nous accusent-ils pas de transformer les lieux de travail en lieux de Culte ? Et prennent en exemple, à ce sujet, les gens de la Bible. Mais ces derniers ne comprennent pas (ou ne veulent pas comprendre) que la loi biblique ne saurait s’appliquer à la loi coranique. Certes, on croit et on prie le même Dieu, mais par forcément de la même façon. La preuve en est.
  
Le cas du Docteur Grenier. Venant de la campagne, le monde parisien ne pouvait accepter qu’un « campagnard » se comporte ainsi. Généralement, et à cette époque, le monde parisien n’a-t-il pas une haute opinion de lui-même ? De plus, 1789 étant passé par là, on ne saurait accepter pareille attitude qui ressemblait plus à une provocation qu’à autre chose. L’attitude, à l’époque, du monde évangélique, est des plus qu’étonnante ! Loin de s’allier avec ce représentant de l’Islam pour demander un « retour » aux sources, il s’en éloigne et se joint à la contestation, à ses opposants et adversaires pour lui déclarer une guerre ouverte ! Son prosélytisme fait peur. En fait, il sera perdant sur toute la ligne,  et 1905 l’attendra au coin du mur et lui portera un coup fatal.    
 
L’habit traditionnel, islamique. Le dicton dit : l’habit ne fait pas le moine ! Pourtant, dirons-nous, n’est-ce pas grâce à cet habit qu’on le reconnaît ? Les opposants et adversaires à la Religion divine : l’Islam, reconnaissent volontiers l’habit du boucher, de l’infirmier, du militaire, du policier, etc., mais se refusent d’entendre, comme Coré, d’une habit traditionnel, religieux, abrahamique. Chez les gens de la Bible, la Tradition prophétique, abrahamique, a peu à peu disparue pour faire apparaître des habitudes, des traditions, des coutumes populaires. Aucun homme toranique ne peut nous entretenir de la « Tradition » du Prophète Mochè (sur lui la Paix !). Pas plus qu’un homme du monde évangélique ne peut nous entretenir de la « Tradition » du Prophète et Sceau des Prophètes d’Israël, le Messie fils de Marie (sur eux la Paix !). Dans le monde toranique, l’accent ne sera-t-il pas plutôt mis sur la loi et les coutumes rabbiniques ? Chez les gens de l’Evangile, bon nombre de traditions n’émanent-elles pas du Paganisme (égypto-gréco-romain) ? des coutumes populaires, d’autres religions ?      
  
Burnous, gandoura, etc. A l’époque, l’habit des gens d’Afrique du Nord est le burnous, le sirwal[12], la gandoura[13], etc. Porter ces habits, pour les gens d’Afrique du Nord, est tout à fait naturel. Là encore, et concernant l’habillement, il n’existe aucune sorte de Tradition prophétique, abrahamique, chez les gens de la Bible. On suit le goût des gens et la mode.  
   Le type européen. Pour une personne d’Europe, le cas est différent. Cela peut faire, dirons certains, ressembler à un moine[14]. Et dans ce cas, il se peut qu’on vous demande de quel ordre  vous appartenez[15] ! Le type africain étant différent du type européen. De nos jours, la tenue portée est plus une tunique longue[16]. Le docteur Grenier avait donc laissé ses vêtements anciens au vestiaire. Pour lui, nouveau converti, de quoi de plus naturel. Par contre, et comme nous le voyons cité plus haut, tel ne sera pas le goût de la presse parisienne, du monde politique, parlementaire, de la haute classe, du monde biblique, etc. Là encore n’est-ce pas une provocation ? Une insulte aux traditions des ancêtres ? Un manque de respect envers son peuple ? sa politesse[17] ? Un affront ? L’incompréhension sera totale et ne l’oublions pas, elle demeure jusqu’à nos jours. On ne peut accepter, concernant l’habit, une référence religieuse. Aussi n’aime-t-on pas vous rabâcher : N’oublions jamais la révolution de 1789 ! Les valeurs du répu.blicanisme ! Les luttes de la classe laborieuse, etc. Et dans pareil cas, les opposants et adversaires à la Religion ne sauraient accepter pareille entorse, offense !      
  
Le cas du converti. Porter ce genre d’habit pour une personne d’Afrique du Nord, quoi de plus naturel. Dans son pays comme à l’étranger[18]. Pour un européen, un converti, cela ne saurait être. N’a-t-il pas abandonné la religion de ses ancêtres ? N’est-il pas devenu un apostat aux yeux des siens ? du peuple ? Pour l’athée, le mécréant, le sans-religion, etc., ne vient-il pas nous déranger dans notre sommeil ? dans notre tranquillité ? N’est-ce pas un provocateur ? Un perturbateur de l’ordre public ? Comme on le voit, la position de l’homme biblique vis à vis d’un converti ou d’une personne d’origine islamique n’est pas la même. Là il ne fera pas attention, ici il sera intransigeant. Et là, on ne saurait parler de tolérance, de libéralisme, etc. Cette personne dérange et tout doit être fait pour l’arrêter, le marginaliser, le cas échéant, dans sa démarche… 
  
La foi et la pratique. Pour le monde biblique de 1789 et actuel, ces choses font parties du domaine privé. Pas question de les manifester en public ! Sinon, gare ! Ce qui dérange donc dans le docteur Grenier, n’est-ce pas le fait qu’il pratique et vit sa foi dans un monde qui défend l’Athéisme et la Mécréance ? Dans un monde parlementaire qui a crut bon de déposséder le divin Créateur de tous Ses pouvoirs sur Ses créatures et l’Univers ! Allait-on revenir, à travers ce perturbateur, avant 1789 ? A l’ancien régime ? Autant de questions qui fâchent, car ne dérangent-elles leur tranquillité[19] ? (à suivre)


[1] N’est-ce pas la même chose concernant, à notre époque, le foulard ? L’habit traditionnel de toute personne soumise ne revient-il pas au-devant de l’actualité. Comme à l’époque, la presse écrite et parlée, le Partissisme, etc., ne se déchaînent-ils pas contre ce vêtement pudique ? Le diabolisant ? De notre époque, n’entend-on pas le « laïcisme » comme un droit et - presque un devoir – de condamner ou de bafouer, en bloc, tout le culte islamique, toutes ses croyances et ses traditions ? N’est-ce pas une grave erreur de la part des gens de la Bible en France comme en ses gens du Partissisme ? N’est-ce pas ouvertement dire non à la Religion divine : l’Islam ?
[2] lequel, dit-on, se serait, lui aussi, converti à l’Islam. Toutefois, et pour la bonne cause, sa conversion restera cachée. Et Dieu est plus Savant !
[3] le péché des parisiens : que tous les imitent !
[4] fam. Gauche, maladroit, benêt.
[5] Même son de cloche pour ceux et pour celles qui invitent, poliment mais sagement, à notre époque, toute personne de Culte autre que le leur à quitter leur vêtement traditionnel. Et qu’ont gagné les gens du Culte du Laïcisme à cette transformation ? Pour notre part, nous savons fort bien ce que la France, biblique, y a perdu. 
[6] Naguère, sans doute ! De nos jours, la France, biblique, n’apparaît-elle pas un peuple où, à travers le Laïcisme, se développe l’Athéisme et la Mécréance ? Son Partissisme n’est-il pas l’ardent défenseur du diable banni, lequel appelle l’homme à la Mécréance : Coran LIX 16.
[7] Attitude digne.
[8] Il se moque des : on dit… Attitude remarquable. Il ne répond pas d’un mal par un mal, mais par un bien. Attitude de tout personne soumise, pratiquante.
[9] Nom pris en 1901 par le parti radical. Et connu pour être, par la suite, un parti anti-religieux.
[10] Comme le Général ! Il avait le souci de faire passer les affaires de l’État avant ses propres affaires. Ce genre d’individu ne se comptent-ils pas sur les dix doigts ? Tel le Commandeur des Croyants, Omar fils de Khattab (que Dieu l’agrée !), chez nous.
[11] Toranique + évangélique.
[12] Ou le pantalon large, bouffant. Tenue pudique. Rien à voir avec le pantalon, mode biblique, très impudique.
[13] On dit ce mot arabe. N’oublions pas l’influence de la langue berbère sur l’arabe d’Afrique du Nord, et inversement. Si oui, à l’époque, cet un habit semble être un habit d’élégance.
[14] Surtout si le vêtement comprend une capuche. Les moines ne portent-ils pas ce genre de vêtement ? La différence toutefois est sans doute dans la ceinture ajoutée à leur taille.
[15] La France chrétienne est catholique. Et dans le catholicisme la vie monastique est de règle.
[16] Ou robe longue (qamis). A chaque pays de donner à leurs habits ou à leur façon de s’habiller des noms propres.
[17] Exemples : la politesse française (entendre biblique) veut que vous vous décoiffiez lorsque vous saluez quelqu’un. La politesse islamique, vous demande, au contraire, de garder votre couvre-chef : bonnet, turban, etc. La politesse française veut que ce soit la personne féminine qui tende sa main la première pour la saluer. La politesse islamique est son contraire. Et il ne saurait être question de prendre la main d’une personne féminine, étrangère à votre famille, avec qui vous pouvez éventuellement vous marier. La politesse rabbinique veut que la personne féminine passe en seconde. La politesse islamique est son contraire. Politesse aux Dames ! Ect.
[18] Robert Bichet d’écrire : J’ai assisté cinquante ans après, à la Libération, à l’arrivée à l’Assemblée Nationale des musulmans qui venaient d’être élus en Algérie. Certains appartenaient à mon groupe et je me souviens que l’apparition de Hachemi Benchennouf, de Mohamed Bentaïeb, et d’autres siégeant en gandoura, et turban avaient suscité la curiosité de leurs collègues et les commentaires de la presse. Jamais pourtant aucun d’eux n’a fait publiquement ses prières et ses ablutions. La seule manifestation intempestive vint de Bentaïeb . Un jour, parlant de sa place, mécontent d’un interruption, il retira prestement sa babouche et la lança à la tête de l’interrupteur, à la stupéfaction du président de l’Assemblée qui se vit obligé – avec des formes – de « rappeler Bentaïeb à l’ordre. »
   Comment cinquante ans avant, l’arrivée à la Chambre des députés, d’un musulman… de Pontarlier n’aurait-elle pas inspiré à la presse les articles les plus divers ? (Op. cit.) 
   La différence entre ces gens d’origines d’Afrique du Nord et le député de Pontarlier, n’est-ce pas la prière ?
   Robert Fernier d’écrire :
   Revenon une dernière fois au vieux Figaro qui lui porta si souvent des bottes au moment de sa députation. On y pu lire à la date du 7 novembre 1945, dans le compte-rendu de la séance inaugurale de l’Assemblée Constituante, ces lignes qui eussent comblé le docteur Grenier :
   « …les rangs élevés de l’hémicycle s’émaillent de burnous blancs et de cheichs des élus musulmans. » Comme quoi la raison finit toujours par triompher, même quand elle se heurte à la mauvaise foi des gens, n’en déplaise aux mânes du « spirituel » Chincholle… (Op. cit.)
[19] A cette époque, on ne comprenait pas le libéralisme de la même manière. A notre époque, on ne comprend pas le laïcisme de la même manière. Le but, en fait, n’est-il pas d’empêcher les gens d’accéder au sentier de Dieu ? Au sentier de la Vie et du Salut ? A l’instar du diable banni ?


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11/05/07 .

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