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ÉTUDES BIBLIO-CORANIQUES
oint de divinité[1] excepté Allah[2] le Très Haut. Que les meilleures salutations[3] soient sur les prophètes et messagers divins dont le Sceau de la Prophétie[4]. Les historiens bibliques rapportent que Thomas Hobbes est né à Westport, près de Malmesbury, en 1588. Il mourut en 1679, chez ses patrons, au château de Hardwick Hall, dans le Derbyshire. Parmi ses ouvrages, il en est un qui nous intéresse : Léviathan. Et un sujet[5], celui qui traite du « symbole de Nicée »[6]. Ce symbole qui égarera, au passage, nombre de gens du monde évangélique jusqu’à ce jour. En le lisant, on découvre qu’il est fidèle à son Eglise, l’Eglise anglicane, de même qu’il est un homme fidèle à l’Associationnisme de la Distinction[7]. Nous savons tous que l’erreur du monde évangélique est de deux sortes : il a fait de son Seigneur une « substance[8] » alors qu’il est essence. Ainsi, le Messie fils de Marie se verra attribué « à côté » de son Seigneur et Créateur, les fonctions de co-créateur, co-éternel, consubstantiel, égal, etc. Ce que l’Islam traditionnel rejette et condamne. Secundo : il a fait de l’attribut divin une divinité. Ainsi le monde de l’Evangile croit-il, dur comme fer, que la parole divine est une divinité laquelle s’est incarnée en Marie ! ? Dieu s’est fait homme, disent d’une seule voix les gens de l’Evangile ! ? Marie devient « mère » du divin Créateur, lequel apparaîtra (selon leurs croyances) aux hommes (les Fils d’Israël et les Judaïsés, à leur époque) sous les traits du Messie fils de Marie ! ? De même, bon nombre de gens de l’Evangile adore bien le Seigneur de l’Univers, mais en le Messie fils de Marie ! ? C’est le triomphe de Paul, l’auteur d’une secte, de sa secte : le Christianisme. Aucun des Douze suivants du Messie fils de Marie n’a enseigné de pareilles croyances après l’élévation de leur maître, le sceau des Prophètes d’Israël, le Messie fils de Marie (sur eux la Paix !). Le dire et le prétendre, n’est-ce pas mentir à leur encontre ? Le symbole de Nicée. L’auteur, nous le verrons, y répond à travers une sorte de questions réponses. On verra ainsi apparaître l’affrontement entre le monde Latin évangélique, d’une part, et le monde Grec évangélique d’autre part. Dès l’apparition du Christianisme, le monde évangélique devra chercher appui auprès de la Philosophie égypto-gréco-romaine pour expliquer l’impossible : le Tri-Théisme ou le (soi-disant) mystère de la Trinité. Le monde latin évangélique nous parlera ainsi de « personnes » de la Trinité, le monde grec évangélique « d’hypostases ». Des duels sans fin font apparaître. "De plus, la désunion entraînant la désunion, chacun prétend à l’autonomie. Refusant l’autorité romaine, l’Église "orthodoxe" se démultiplie en une multitude d’églises, qui deviennent autocéphales, le plus souvent nationales. Dès lors, le christianisme oriental perd le sens de l’universel. Il n’y a plus une Église, mais des églises limitées à des frontières politiques"[9]. Le symbole de Nicée selon Thomas Hobbes.
A. Expliquez-moi, je vous prie, le symbole de Nicée ; comprenez-moi
: non pas de telle sorte que j'appréhende mentalement les choses elles-mêmes,
mais de telle sorte que je comprenne comment les paroles de la foi s'accordent
avec les saintes Ecritures. Et, pour commencer, ces paroles : « Je crois
en un seul Dieu, Père tout-puissant, auteur du ciel et de la terre,
ainsi que de tous les êtres visibles et invisibles »[10].
Et d'abord, qu'est-ce que cette formule Je crois en [Credo
in][11],
ou, en grec[12],
πιστεύωείς ? Je ne
me souviens pas, en effet, d'avoir rencontré cette expression
ailleurs chez les auteurs grecs. J'y lis : Je crois quelqu’un [credo
alicui], πιστεύωτινί
; je crois qu’il en est ainsi [credo ita esse] : πιστεύω
οϋτως είναι.
A. Dieu est Père, Dieu est tout-puissant, etc., ce sont là, pour
parler comme les dialecticiens, des propositions. Elles ont en effet
leurs sujets et leurs prédicats, et dans chacune quelque dénomination
est nettement attribuée à Dieu ; mais dans cette affirmation. Dieu
est, je ne comprends pas quelle dénomination est attribuée à Dieu.
En effet, je ne pense pas qu'on puisse dire que Dieu est « est », et
dire « Dieu est Dieu », c'est parler vainement[15].
A. Je me rappelle bien que l'Apôtre dit que les idoles ne sont rien,
mais je n'ai pas souvenir qu'il appelle ainsi les démons [Daemonia],
A.
Qu'est-ce que ce mot de « créateur » nous oblige à croire ? que ce monde
a été fait de rien ?
A. « Et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, fils unique
de Dieu » : pourquoi était-il nécessaire de dire unique ?
A.
Quelle est donc la différence entre engendré et fait
?
A. Qu'est-ce que « lumière née de la lumière » ? Il me
semble en effet que la lumière est un phantasme, non une chose existante.
Par exemple, si l'on place entre l’œil et une chandelle un verre dont
la surface est faite de multiples plans disposés d'une certaine manière,
on croira voir de multiples chandelles. Nous savons pourtant que la
vraie chandelle est unique et que par conséquent toutes les autres sont
de simples phantasmes des idoles, c’est-à-dire, comme dit saint Paul,
rien[37].
Et cependant, pour autant qu’elles apparaissent, il n'y a pas une chandelle
qui soit plus vraie que les autres : la vraie chandelle qui avait été
placée au début n'est aucune de ces chandelles seulement apparentes,
mais la chose elle-même, cause de toutes ces images, qu'Aristote, pour
cette raison, distingue des phantasmes par le mot d’hypostase,
comme pour dire que la chose se tient cachée sous l’image[38]
: les Latins ont traduit ce mot grec par le composé substantia. Ainsi,
les Grecs comme les Latins distinguent la chose vraie subsistant en
soi du phantasme qui semble subsister mais ne subsiste pas et n'est
pas un être. Cette distinction entre la chose elle-même et son apparence
n'est-elle pas juste ?
A.
Il me semble qu'ils avaient tort de vouloir expliquer ce mystère. Qu'est-ce
en effet qu'expliquer un mystère, sinon le détruire, autrement dit faire
que le mystère cesse d'en être un ? Car la foi changée en science périt,
l'espérance et la charité subsistant seules.
A. Vient alors ce grand article, qui dans l'Eglise ancienne
a causé tant de troubles, d'exils, d'homicides : « consubstantiel
au Père, et par l'entremise duquel tout a été fait »[41].
A.
Qu'est-ce que les Pères entendaient par Verbe ?
A.
Dans ce passage. Verbe ne désigne donc pas une parole, un son émis par
Dieu ?
A.
Qu'est-ce alors ? une parole interne, telle que le décret éternel par
lequel Dieu a décidé la fondation du monde et la rédemption de l'homme
?
A.
Mais qu'est-ce donc que les Pères entendent par Verbe [Verbum]
?
A. « Qui, à cause
de nous, les hommes, et de notre salut, est descendu du ciel ; et
a pris chair sous l'action de l'Esprit-Saint dans le sein
de la Vierge Marie, et est devenu homme ; puis a été crucifié pour
nous sous Ponce-Pilate ; a souffert et a été enseveli
». Il y a ici deux difficultés. La première, c'est qu'on dit d'où
il est descendu : du ciel, mais qu'on ne dit pas jusqu'où il est descendu.
Je sais qu'il y a dans le symbole des Apôtres : est descendu
« ad inferos ». Mais ces mots ne définissent pas le lieu
: car même les hommes, par rapport aux habitants du ciel, sont appelés,
sans aucune impropriété, des êtres d'en-bas [Inferi][43]
(24). Même dans les Ecritures, le lieu où l'on dit que seront les ennemis
de l'Eglise reçoit des appellations diverses : tantôt Géhenne, tantôt
ténèbres extérieures, c'est-à-dire extérieures à l'Eglise de Dieu, à
cause de la lumière qui éclairait l'Eglise au pays de Gessen (car une
des plaies d'Egypte était les ténèbres)[44]
; tantôt lac de feu, en considération je pense, du châtiment des habitants
de Sodome et de Gomorrhe, et lac de bitume. Mais dans ce domaine l'Eglise
n'a, que je sache, prononcé jusqu'ici aucune définition[45].
Certains docteurs ont soutenu avec Bellarmin que le séjour des damnés
est proche du centre de la terre, pour l'éloigner ainsi autant que faire
se peut, du ciel des bienheureux[46],
et peut-être en considération du mot grec qu'emploie saint Pierre :
ταρταρίζόμενος[47].
En vérité, la distance qui va du ciel au centre de la terre est plus
longue que celle qui va du ciel à la surface de la terre, de toute l'étendue
d'un point. Mais je ne pense pas que les Apôtres aient cru les poètes
païens en ce qui concerne l'emplacement du Tartare, qu'Hésiode place
aussi loin de la terre que la terre est éloignée du ciel : une enclume,
dit-il, tombant sans cesse du ciel, atteindra la terre le dixième jour
; tombant sans arrêt de la terre, autant de nuits et de jours, elle
parviendra au Tartare le dixième jour[48].
Quant à Virgile, il fait de la distance entre la terre et le Tartare
le double de celle qui sépare le ciel de la terre[49].
Mais je pense que l'apôtre Pierre a employé ce mot au figuré, ce qui
est courant dans l'Ecriture sainte, pour de multiples expressions.
A. La seconde difficulté vient de ce qu'il est dit : «
a pris chair sous l'action de /'Esprit-Saint [Incarnatus
est de Spiritu Sancto] ». En effet, en Matthieu I,
20, l'ange dit à Joseph : Ce qui est engendré en elle est du
Saint-Esprit [Quod in illa genitum est, à Spiritu Sancto est].
Ce qui a l'air de dire que le Saint-Esprit est celui qui engendre le
Fils, c'est-à-dire le Père.
A.
Comment donc se distinguent les hypostases ?
A.
Mais je trouve trois hypostases dans le symbole d'Athanase, qui est
partie intégrante de la liturgie anglicane[51]. [1]
Le Créateur des cieux et de la terre est donc la seule et véritable
divinité qu’on adore et qu’on se doit d’adorer véritablement. |
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14/08/06
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