CROYANCES ÉVANGÉLIQUES
ÉTUDES BIBLIO-CORANIQUES

P

oint de divinité[1] excepté Allah[2] le Très Haut. Que les meilleures salutations[3] soient sur les prophètes et messagers divins dont le Sceau de la Prophétie[4].

    Les historiens bibliques rapportent que Thomas Hobbes est né à Westport, près de Malmesbury, en 1588. Il mourut en 1679, chez ses patrons, au château de Hardwick Hall, dans le Derbyshire.

   Parmi ses ouvrages, il en est un qui nous intéresse : Léviathan. Et un sujet[5], celui qui traite du « symbole de Nicée »[6]. Ce symbole qui égarera, au passage, nombre de gens du monde évangélique jusqu’à ce jour.

   En le lisant, on découvre qu’il est fidèle à son Eglise, l’Eglise anglicane, de même qu’il est un homme fidèle à l’Associationnisme de la Distinction[7].

   Nous savons tous que l’erreur du monde évangélique est de deux sortes : il a fait de son Seigneur une « substance[8] » alors qu’il est essence. Ainsi, le Messie fils de Marie se verra attribué « à côté » de son Seigneur et Créateur, les fonctions de co-créateur, co-éternel, consubstantiel, égal, etc. Ce que l’Islam traditionnel rejette et condamne. Secundo : il a fait de l’attribut divin une divinité. Ainsi le monde de l’Evangile croit-il, dur comme fer, que la parole divine est une divinité laquelle s’est incarnée en Marie ! ? Dieu s’est fait homme, disent d’une seule voix les gens de l’Evangile ! ? Marie devient « mère » du divin Créateur, lequel apparaîtra (selon leurs croyances) aux hommes (les Fils d’Israël et les Judaïsés, à leur époque) sous les traits du Messie fils de Marie ! ? De même, bon nombre de gens de l’Evangile adore bien le Seigneur de l’Univers, mais en le Messie fils de Marie ! ? C’est le triomphe de Paul, l’auteur d’une secte, de sa secte : le Christianisme. Aucun des Douze suivants du Messie fils de Marie n’a enseigné de pareilles croyances après l’élévation de leur maître, le sceau des Prophètes d’Israël, le Messie fils de Marie (sur eux la Paix !). Le dire et le prétendre, n’est-ce pas mentir à leur encontre ?

   Le symbole de Nicée.

    L’auteur, nous le verrons, y répond à travers une sorte de questions réponses. On verra ainsi apparaître l’affrontement entre le monde Latin évangélique, d’une part, et le monde Grec évangélique d’autre part. Dès l’apparition du Christianisme, le monde évangélique devra chercher appui auprès de la Philosophie égypto-gréco-romaine pour expliquer l’impossible : le Tri-Théisme ou le (soi-disant) mystère de la Trinité. Le monde latin évangélique nous parlera ainsi de « personnes » de la Trinité, le monde grec évangélique « d’hypostases ». Des duels sans fin font apparaître.

   "De plus, la désunion entraînant la désunion, chacun prétend à l’autonomie. Refusant l’autorité romaine, l’Église "orthodoxe" se démultiplie en une multitude d’églises, qui deviennent autocéphales, le plus souvent nationales. Dès lors, le christianisme oriental perd le sens de l’universel. Il n’y a plus une Église, mais des églises limitées à des frontières politiques"[9].    

Le symbole de Nicée selon Thomas Hobbes.

                                                          A. Expliquez-moi, je vous prie, le symbole de Nicée ; comprenez-moi : non pas de telle sorte que j'appréhende mentalement les choses elles-mêmes, mais de telle sorte que je comprenne comment les paroles de la foi s'accordent avec les saintes Ecritures. Et, pour commencer, ces paroles : « Je crois en un seul Dieu, Père tout-puissant, auteur du ciel et de la terre, ainsi que de tous les êtres visibles et invisibles »[10]. Et d'abord, qu'est-ce que cette formule Je crois en [Credo in][11], ou, en grec[12], πιστεύωείς ? Je ne me souviens pas, en effet, d'avoir  rencontré cette expression ailleurs chez les auteurs grecs. J'y lis : Je crois quelqu’un [credo alicui], πιστεύωτινί ; je crois qu’il en est ainsi [credo ita esse] : πιστεύω οϋτως είναι.
                                                          B. Cette façon de parler est propre à ceux qui s'accordent sur des articles de foi. En effet, la préposition είς, signifie, entre autres, dans cette mesure seulement [hactenus], de telle sorte que lorsqu'on dit πιστεύω εί θεύν πατέρα, etc., si  à la place de  θεόν,  etc.  on avait[13] τοΰτο[14], la phrase équivaudrait à « je crois jusqu'à ce point [huc usque] » ou « dans cette mesure seulement ». Ce qu'exprime la préposition είς, c'est donc la délimitation des articles à croire, autrement dit jusqu'où s'étend l'accord avec le Concile de ceux qui souscrivent à ces formules. On ne doit donc pas trouver étonnant que vous n'ayez jamais trouvé cette expression en dehors d'une profession de foi. Elle équivaut à dire que vous croyez que Dieu est, qu'il est un, qu'il est Père, qu'il est tout-puissant, et ainsi de suite. On trouve aussi « je crois en l'Evangile », c'est-à-dire « je crois l'Evangile », c'est-à-dire « je crois les prédicateurs de l'Evangile » ; en ce cas, néanmoins, le grec n'a pas είς, mais έν.

                                                             A. Dieu est Père, Dieu est tout-puissant, etc., ce sont là, pour parler comme les dialecticiens, des propositions. Elles ont en effet leurs sujets et leurs prédicats, et dans chacune quelque dénomination est nettement attribuée à Dieu ; mais dans cette affirmation. Dieu est, je ne comprends pas quelle dénomination est attribuée à Dieu. En effet, je ne pense pas qu'on puisse dire que Dieu est « est », et dire « Dieu est Dieu », c'est parler vainement[15].
                                                             B. Quand on dit Dieu est, le mot est est le verbe substantiel[16], qui inclut copule[17] et prédicat[18], aussi bien en grec qu'en latin. Aussi ce Dieu est a-t-il le même sens que « Dieu existe », c'est-à-dire (en analysant le verbe substantif) Dieu est un étant [Deus est ens][19], autrement dit ό ών, c'est-à-dire une réalité et non un simple phantasme, tel que ceux qu'on appelle spectres, ou que les démons [Daemones] qu'honoraient les Gentils, et que l'Apôtre saint Paul dit n'être rien[20].

                                                            A. Je me rappelle bien que l'Apôtre dit que les idoles ne sont rien, mais je n'ai pas souvenir qu'il appelle ainsi les démons [Daemonia],
                                                            B. Pensez-vous que ce soient les simulacres d'or, d'ivoire, de bois, qu'il appelle rien, et pas plutôt les démons qui étaient honorés sous ces effigies ? En outre, l'idole, c'est au sens propre, le phantasme, ou l'idée, l'image de la chose, et non la chose elle-même : et c'est d'après ces idées que les Grecs fabriquaient leurs simulacres. En effet, il arrivait rarement qu'ils empruntassent aux simulacres l'idée ou l'image de leur dieux. Et par ce mot d'étant. Dieu est également distingué des dénominations. Autre chose, en effet, est l'homme réel, autre chose la dénomination d'homme. En outre, il faut savoir que le mot est, tel qu'il est employé par les Latins ou les Grecs comme copule dans les propositions, était totalement inconnu aux Hébreux. Aussi se servaient-ils toujours du verbe substantif[21], et au lieu d'user d'une copule, dans toute affirmation, pour exprimer ce que les dialecticiens appellent prédication, ils se bornaient à joindre une dénomination à une autre. En latin, au contraire, et en grec, la copule est n'est pas un verbe mais une conjonction[22] ; et de même que et veut dire que les dénominations entre lesquelles il s'intercale sont les dénominations de choses diverses, de même la conjonction est veut dire que les dénominations entre lesquelles elle s'intercale sont des dénominations de la même chose. Aussi les Hébreux ne pouvaient-ils pas avoir les dénominations qui dérivent de la copule est, telles qu'essence, entité, être [esse], ou leurs équivalents. On dit en latin : la terre était vide : en hébreu : la terre existant vide[23] ; dans ce passage, un Latin n'entendait pas était, mais (était) quelque chose d'existant[24].

                                                          A. Qu'est-ce que ce mot de « créateur » nous oblige à croire ? que ce monde a été fait de rien ?
                                                          B. De rien, assurément ; et non, comme le pense Aristote, à partir d'une matière préexistante[25]. En effet, il est dit explicitement dans les saintes Ecritures que tout a été fait de rien[26]. Même Aristote, qui dit que le monde est éternel[27], se contredît. Matière, en effet, ne se dit que de ce à partir de quoi quelque chose a été fait[28]. Le symbole dit donc que Dieu a fait toutes choses à partir de rien ; et, par conséquent qu'il a l'existence par sa propre efficace[29], non par quelque chose d'autre ; et donc qu'il existe aussi de toute éternité ; et puisque rien n'a donné à Dieu l'existence, rien non plus ne la lui enlèvera. Dieu est donc de toute éternité et pour l'éternité. Ce qui a été créé n'est pas de toute éternité, puisque cela a été créé ; mais cela sera éternellement, sous la forme et l'aspect que Dieu veut : car le ciel et la terre seront renouvelés[30]. Et bien que le monde doive s'embraser, il ne sera pas néanmoins annihilé, mais les étants réels persisteront. Mais Dieu, qui n'a pas été fait, ni par un autre ni par lui-même, ne peut pas être changé ni souffrir une métamorphose, ni de son fait ni par un agent extérieur : il est immuable et parfaitement simple, exempt de cette mixité aristotélicienne. Tous ces attributs : simple, immuable, éternel, en même temps qu'ils se déduisent des mots du symbole, sont des prédicats que les saintes Ecritures attachent explicitement à Dieu.

                                                          A. « Et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, fils unique de Dieu » : pourquoi était-il nécessaire de dire unique ?
                                                          B. Parce qu'il y avait en ce temps-là des hérétiques[31] qui enseignaient que le Christ n'est pas le fils engendré du Père, mais son fils adoptif. Il y en avait aussi d'autres qui enseignaient que le Christ n'est pas appelé fils de Dieu, dans les Ecritures, dans un autre sens que celui où tous les fidèles[32] sont ainsi appelés[33] : alors que dans les saintes Ecritures le Christ est dit, de manière expresse et répétée, d'une part avoir été engendré, d'autre part, être né du Père avant tous les siècles : c'est pourquoi on doit croire que le Christ est Dieu, né de Dieu, Lumière, née de la Lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, engendré, non fait[34].

                                                          A. Quelle est donc la différence entre engendré et fait ?
                                                          B. Par fait, on entend fait par Dieu à partir de rien, et donc créature. En effet, quoique les animaux soient dits avoir été créés et avoir été engendrés, quand on dit qu'ils ont été créés, cela s'entend par rapport à Dieu créateur, qui dans toutes les espèces a créé le premier mâle et la première femelle à partir de la terre créée. Mais quand on dit qu'un animal a été engendré, cela doit s'entendre d'une manière naturelle, par rapport aux premiers animaux créés dans la matière[35] ; et quand on dit que le Christ a été engendré, on entend par Dieu le Père lui-même à partir de la matière de la Vierge[36].

                                                          A. Qu'est-ce que « lumière née de la lumière » ? Il me semble en effet que la lumière est un phantasme, non une chose existante. Par exemple, si l'on place entre l’œil et une chandelle un verre dont la surface est faite de multiples plans disposés d'une certaine manière, on croira voir de multiples chandelles. Nous savons pourtant que la vraie chandelle est unique et que par conséquent toutes les autres sont de simples phantasmes des idoles, c’est-à-dire, comme dit saint Paul, rien[37]. Et cependant, pour autant qu’elles apparaissent, il n'y a pas une chandelle qui soit plus vraie que les autres : la vraie chandelle qui avait été placée au début n'est aucune de ces chandelles seulement apparentes, mais la chose elle-même, cause de toutes ces images, qu'Aristote, pour cette raison, distingue des phantasmes par le mot d’hypostase, comme pour dire que la chose se tient cachée sous l’image[38] : les Latins ont traduit ce mot grec par le composé substantia. Ainsi, les Grecs comme les Latins distinguent la chose vraie subsistant en soi du phantasme qui semble subsister mais ne subsiste pas et n'est pas un être. Cette distinction entre la chose elle-même et son apparence n'est-elle pas juste ?
                                                          B. Si. Mais les Pères de l'Eglise de cette époque, tant avant qu’après le Concile de Nicée, paraissent, dans leurs écrits, entendre autrement le mot hypostase : voulant rendre intelligible à tous les Chrétiens le mystère de la Trinité, ils considéraient que la meilleure manière pour y parvenir était la comparaison avec le feu, la lumière et la chaleur ; en effet, ils pensaient que ces trois choses n'en font qu'une, et ils rapprochèrent le feu du Père, la lumière du Fils et la chaleur du Saint-Esprit[39]. Peut-être cette comparaison eût-elle été exactement appropriée, n'était cette difficulté : le feu, l'éclat et la chaleur ne sont pas des substances, et n'étaient pas considérés comme telles par les Pères (surtout par les aristotéliciens), à moins, peut-être, que « feu » désigne ici la chose enflammée. En effet, l'homme éteint le feu, la lumière et la chaleur aussi souvent qu'il le veut : mais qu'un agent aussi faible que l'homme puisse éteindre une vraie créature substantielle créée par le Dieu tout-puissant, et l'anéantir, il ne nous est pas ordonné de le croire, et ce n'est point croyable. C'est pourquoi les Pères eux-mêmes, chaque fois qu'ils introduisaient cette comparaison dans leurs propres écrits ajoutaient aussitôt qu'elle ne devait pas être prise comme une explication, satisfaisante d'un tel mystère, mais comme une explication telle qu'ils n'en pouvaient trouver de meilleure ; tous, en effet, s'accordaient à dire que la nature de Dieu est incompréhensible, de même que celle de la Trinité, des anges, et, ajoute Athanase, de l'âme rationnelle[40] .

                                                          A. Il me semble qu'ils avaient tort de vouloir expliquer ce mystère. Qu'est-ce en effet qu'expliquer un mystère, sinon le détruire, autrement dit faire que le mystère cesse d'en être un ? Car la foi changée en science périt, l'espérance et la charité subsistant seules.
                                                          B. « Lumière, née de la lumière» n'est donc mis dans le symbole que pour aider à ajouter foi aux autres articles.

                                                          A. Vient alors ce grand article, qui dans l'Eglise ancienne a causé tant de troubles, d'exils, d'homicides : « consubstantiel au Père, et par l'entremise duquel tout a été fait »[41].
                                                          B. Assurément, cet article est tout à fait vrai. Saint Jean le proclame expressément dans son premier chapitre : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Et tout a été fait par son entremise.

                                                          A. Qu'est-ce que les Pères entendaient par Verbe ?
                                                          B. Le fils de Dieu selon la nature, entendez : engendré par Dieu dès l'origine, c'est-à-dire de toute éternité.

                                                          A. Dans ce passage. Verbe ne désigne donc pas une parole, un son émis par Dieu ?
                                                          B. En aucune façon : les Pères le nient à maintes reprises.

                                                          A. Qu'est-ce alors ? une parole interne, telle que le décret éternel par lequel Dieu a décidé la fondation du monde et la rédemption de l'homme ?
                                                          B. Je ne sais quel était l'avis des Pères à ce sujet, mais je pense qu'ils étaient d'une autre opinion, de peur de côtoyer de trop près la doctrine stoïcienne, pour laquelle είμαρμένη (en grec), et fatum (en latin) a le même sens que décret éternel.

                                                          A. Mais qu'est-ce donc que les Pères  entendent par Verbe [Verbum] ?
                                                          B. Je ne sais. Je sais seulement que dans la langue sacrée verbum s'entend souvent au sens de la chose décrétée ou promise elle-même[42]. Dans l'Ancien Testament, en effet, on lit souvent, à la place de « ce que Dieu a promis s’est accompli », « la parole [ Verbum] que Dieu a dite s'est accomplie ». Mais je n'ai pas coutume d'interpréter l'Ecriture sainte pour un autre que pour moi. Cependant, si le passage de saint Jean doit s'entendre ainsi, je ne désire rien demander de plus au sujet du mystère de l'Incarnation. Car si le Verbe désigne en ce lieu ce que Dieu avait décrété devoir venir dans le monde pour notre rédemption, et ce qu'il avait promis dans le Paradis, ce Verbe n'était pas une simple parole, mais la chose véritable, à savoir le Christ. Comment il devint homme, il ne m'appartient pas de m'en enquérir. Il me suffit qu'il soit devenu mon Rédempteur. Car quoi  ? si je crois que Dieu a créé de rien la terre et toute chose, et l'homme de la terre, ne croirai-je qu il a pu assumer la nature humaine qu'à la condition de savoir de quelle manière ?

                                                          A. « Qui, à cause de nous, les hommes, et de notre salut, est descendu du ciel ; et a pris chair sous l'action de l'Esprit-Saint dans le sein de la Vierge Marie, et est devenu homme ; puis a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate ; a souffert et a été enseveli ». Il y a ici deux difficultés. La première, c'est qu'on dit d'où il est descendu : du ciel, mais qu'on ne dit pas jusqu'où il est descendu.  Je sais qu'il y a dans le symbole des Apôtres  : est  descendu « ad inferos ». Mais ces mots ne définissent pas le lieu : car même les hommes, par rapport aux habitants du ciel, sont appelés, sans aucune impropriété, des êtres d'en-bas [Inferi][43] (24). Même dans les Ecritures, le lieu où l'on dit que seront les ennemis de l'Eglise reçoit des appellations diverses : tantôt Géhenne, tantôt ténèbres extérieures, c'est-à-dire extérieures à l'Eglise de Dieu, à cause de la lumière qui éclairait l'Eglise au pays de Gessen (car une des plaies d'Egypte était les ténèbres)[44] ; tantôt lac de feu, en considération je pense, du châtiment des habitants de Sodome et de Gomorrhe, et lac de bitume. Mais dans ce domaine l'Eglise n'a, que je sache, prononcé jusqu'ici aucune définition[45]. Certains docteurs ont soutenu avec Bellarmin que le séjour des damnés est proche du centre de la terre, pour l'éloigner ainsi autant que faire se peut, du ciel des bienheureux[46], et peut-être en considération du mot grec qu'emploie saint Pierre : ταρταρίζόμενος[47]. En vérité, la distance qui va du ciel au centre de la terre est plus longue que celle qui va du ciel à la surface de la terre, de toute l'étendue d'un point. Mais je ne pense pas que les Apôtres aient cru les poètes païens en ce qui concerne l'emplacement du Tartare, qu'Hésiode place aussi loin de la terre que la terre est éloignée du ciel : une enclume, dit-il, tombant sans cesse du ciel, atteindra la terre le dixième jour ; tombant sans arrêt de la terre, autant de nuits et de jours, elle parviendra au Tartare le dixième jour[48]. Quant à Virgile, il fait de la distance entre la terre et le Tartare le double de celle qui sépare le ciel de la terre[49]. Mais je pense que l'apôtre Pierre a employé ce mot au figuré, ce qui est courant dans l'Ecriture sainte, pour de multiples expressions.
                                                          B. Quoi qu'il en soit, touchant l'emplacement des damnés, rien n'a été, jusqu'à ce jour, défini par l'Eglise assemblée, du moins par la nôtre.

                                                          A. La seconde difficulté vient de ce qu'il est dit : « a pris chair sous l'action de /'Esprit-Saint [Incarnatus est de Spiritu Sancto] ». En effet, en Matthieu I, 20, l'ange dit à Joseph : Ce qui est engendré en elle est  du Saint-Esprit [Quod in illa genitum est, à Spiritu Sancto est]. Ce qui a l'air de dire que le Saint-Esprit est celui qui engendre le Fils, c'est-à-dire le Père.
                                                          B. Et quoi ? L'Esprit de Dieu n'est-il pas Dieu, et le même Dieu que le Fils et le Père[50] ?

                                                          A. Comment donc se distinguent les hypostases ?
                                                          B. Ni dans le symbole, ni dans l'Ecriture sainte, ne sont distinguées ou nommées trois hypostases.

                                                          A. Mais je trouve trois hypostases dans le symbole d'Athanase, qui est partie intégrante de la liturgie anglicane[51].
                                                          B. Mais là où le grec dit hypostasis, le latin et l'anglais disent personne[52]. (à suivre)


[1] Le Créateur des cieux et de la terre est donc la seule et véritable divinité qu’on adore et qu’on se doit d’adorer véritablement.
[2] En langue arabe, Allah. En hébreu, ïl. Nom divin, il est employé couramment pour les gens de l’Evangile de langue arabe. En français, le terme Dieu est compris généralement, non comme un Nom divin, mais plutôt comme signifiant l’Etre-Suprême, le Créateur et Maître de l’Univers.
[3] Formules d’eulogies comme : que Dieu prie sur lui, l’agrée, lui fasse miséricorde, etc., formules propres à  l’Islam traditionnel. Les exégètes interprètent la « prière » divine comme étant un octroi de Sa miséricorde et la « prière » angélique comme une demande de pardon pour les créatures.
[4] Soit : Ahmad-Mohammad, fils d’Abd Allah, (...) fils d’Ismaël, fils d’Abraham  (sur eux la Paix !). Pour l’Islam traditionnel, il est le Sceau de la Prophétie, le Sceau des prophètes et messagers divins.
[5] Ci-après. Nous y ajouterons quelques notes : NdT.  L’introduction, la traduction en langue française & notes sont de François Tricaud. Edit. Dalloz.
[6] Anc. Ville d’Asie Mineure (Bithynie), où se tinrent deux conciles œcuméniques, l’un convoqué par Constantin en 325, qui condamna l’arianisme et élabora un symbole de foi, ou symbole de Nicée, l’autre, en 787, qui définit contre les iconoclastes la doctrine orthodoxe sur le culte des images. De 1204 à 1261, Nicée fut la capitale des empereurs byzantins dépossédés de Constantinople par les croisés. L’empire de Nicée, fondé par Théodore 1er Lascaris, eut comme dernier titulaire Michel VIII Paléologue, qui reprit Constantinople.
[7] Ou le Tri-Théisme ou la Trinité. Dieu le Père, le fils et le saint-esprit.
[8] Substance, consubstantiel, etc. Le mot « substance » est le propre du créé, non de l’Incréé, le Seigneur des mondes, Dieu (exalté soit-Il !). Et il est à remarquer que celui qui donne des Egaux, des Associés, au divin Créateur, est incapable de discerner entre « essence » et « substance », créé et engendré, etc. C’est là le grand problème du monde évangélique.
[9] Voir La guerre des gnoses. Alain Pascal. Edit. L’Aencre.
[10] L'appendice emploie un signe de ponctuation inconnu du reste de l'ouvrage : les crochets droits [  ], qui jouent à peu près, sauf en un cas (cf. note 13) le rôle de nos modernes guillemets. Nous autorisant de ce fait, nous introduisons des guillemets dans cette partie de notre traduction, non seulement pour transcrire les crochets du texte, mais parfois aussi, en l’absence de crochets, pour mieux souligner les cas où la discussion porte sur les mots et non sur les choses.
[11] Comme dans le reste du volume, nous mettons entre crochets droits, après la traduction, l'expression traduite, là où cette citation paraît nécessaire à l'intelligence du texte.
[12] NdT : En cas d’erreur de transcription du grec, se référer à l’original.
[13] Le latin met ici le futur, qui ne se justifie guère grammaticalement.
[14] πιστεύω είς θεόν πατρα, « je crois en Dieu, Père » ; θεόν, « Dieu » ; τοΰτο, « cela » ; πιστεύω είς τοΰτο, littéralement : « je crois jusqu'à cela », c'est-à-dire « je crois jusqu'à ce point ».
[15] Lat. : Non enim puto dici posse, quod Deus est, est, et frustra dicitur, Deus est Deus. Hobbes a déjà expliqué, dans le chapitre XLVI, et notamment dans la rédaction anglaise, que la copule n'est, dans la proposition, qu'un artifice d'écriture qui prête à confusion, et qui pourrait avantageusement être remplacé par une convention quelconque touchant l'ordre des mots (la même idée est exprimée dans le De Corpore, chap. III, et dans le Decameron physiologicum, fin du chap. I). Admettons, pour la clarté du raisonnement, une troisième convention d'écriture, celle qui représenterait la copule par le signe =, donnant, par exemple , Sacrale = homme. Deus est deviendrait alors une proposition de forme non canonique, dont on ne sait si on devrait l'écrire « Deus = = », ce qui ne veut rien dire, ou « Deus = Deus ", ce qui pour Hobbes est vaine tautologie.
[16] Dans une terminologie qui remonte au moins à Priscien (cf. Institutiones grammaticae, Leipzig, Teubner, 1855, livre VIII, p. 414) et qui n'est pas encore tout à fait sortie de l'usage, le verbe être est appelé verbe substantif. L'épithète substantiel est moins usuelle, mais les deux adjectifs ont parfois été traités comme interchangeables par les grammairiens (Ainsi, ce que nous appelons substantif a commencé par s'appeler nomen substantiale, avant de s'appeler nomen suhstantivum à partir de la fin du XIe siècle : sur ce dernier point, voir L. Kukenheim. Contributions à l'histoire de la grammaire grecque, latine et hébraïque à l'époque de la Renaissance, Leyde, Brill éd., 1951, p. 70).
[17] NdT : Mot qui lie l’attribut au sujet d’une proposition : le verbe « être » est la copule la plus fréquente.
[18] NdT : Attribut d’un mot, d’une proposition (dans la phrase « l’homme est mortel », « mortel » est le prédicat) : un des deux termes de l’énoncé fondamental, exprimant ce qui est dit de l’autre terme, appelé thème.
[19] Si l'on explique la convention proposée dans la note 15, on a alors : Deus = ens. Nous utilisons le terme étant, malgré son caractère anachronique, chaque fois que cela est nécessaire pour distinguer les cas où Hobbes emploie le participe ens de ceux où il emploie l'infinitif esse.
[20] Allusion à 1 Corinthiens VIII, 4.
[21] II y a ici un léger glissement dans le sens que Hobbes donnait plus haut à « verbe substantif ». Dans la précédente réponse de B, l'analyse peut décomposer le « verbe substantif » en une copule et un prédicat (qui est, dans ce cas particulier, l'existence). Ici, on n'a plus en vue que l’expression du prédicat existence. Hobbes paraît donc vouloir dire que le verbe qui signifie «être» en hébreu (hâyâh) n'est exprimé que lorsqu'il s'agit d'indiquer l'idée d'existence, et que dans les autres cas, l'hébreu se borne à juxtaposer le sujet et le prédicat (en fait ce n’est pas toujours vrai). Pendant une grande partie de sa carrière, Hobbes a parlé de langues qui n’exprimeraient pas la copule comme d'une possibilité logique : ainsi dans le Leviathan anglais, chap. XLVI (1651), dans le De Corpore, tant latin (1655) qu'anglais (1656). Puis il a découvert, ou cru découvrir, que l'hébreu répond à ce schéma : l'idée est exprimée dans la Réponse a l’évêque Bramhall, écrite, d’après la préface, vers 1668 (E.W., IV, p. 304) dans le Leviathan latin (chapitre XLVI et présent appendice) et dans le Decameron physiologicum fin du chapitre 1 (1678).
[22] Hobbes fait consciemment violence à la nomenclature grammaticale traditionnelle pour mieux exprimer ses conceptions logiques.

[23] Latin : Terra existons Varna. Le choix de l'exemple peut surprendre, car le participe existons joue apparemment le rôle d une copule. Dans le chapitre XLVI du Léviathan latin on a terra res imformis. qui est plus favorable à la démonstration. Mais le texte hébreu porte précisément après le mot signifiant « la terre », une forme du verbe hâyâh « être » Hobbes a pu s’en rendre compte en utilisant la traduction de Pagnino (cf. note 38). Hobbes suggère donc de lire (si l’on nous permet de nous servir une fois encore du signe =) : « Terra = existens, vacua ».
[24] Lat. : ubi ab homine Latino non audiebatur erat, sed [erat] aliquid existens. Les crochets droits (qu’ici, exceptionnellement, nous rendons par des parenthèses) indiquent que erat ( n’est ici qu’une copule sur laquelle l'attention de l'auditeur doit, pour ainsi dire glisser pour aller s’arrêter sur le prédicat. Selon notre transcription on aurait : = aliquid existens. Tout ce passage est compliqué, un peu malencontreusement nous semble-t-il par le choix d’un exemple qui fait intervenir (selon Hobbes) le prédicat de l'existence. Mais l'idée générale reste très nette : mettre en garde contre les emplois purement copulatifs du verbe être et contre les spéculations qui font un objet de pensée de ce qui ne devrait être que le passage entre deux objets de pensée.
[25] NdT : cas de Adam (sur lui la Paix !).
[26] en arabe, un mot explique bien ce sens : badi ou’. Coran II 117. Le Créateur est l’« Inventeur des cieux… »
[27] NdT : croyance émanant de sectes du Sabéisme. L’Europe, avant la venue du Messie fils de Marie, était de tendance et de croyances sabéites. L’éternité du monde se retrouve également dans l’Hindouisme, le Bouddhisme, le Druzisme pour ne citer qu’eux. 
[28] Autrement dit, on ne mentionne la matière que par opposition à la forme, ce qui veut dire que la matière ne peut exister qu'informée. Hobbes explique au chapitre VII de De Corpore que l'idée d'une matière première absolument informe ne saurait correspondre à rien de réel, mais que la dénomination de « materia prima » est légitime, pour désigner le corps en général, considéré indépendamment de ses accidents.
[29] Lat. : sua vi.
[30] NdT : Coran, ils disparaîtront pour faire place à quelque chose de meilleur : le Paradis pour les élus, ou le Feu éternel pour les damnés. Les pierres seront des combustibles pour le Feu. (Coran II 24).
[31] Les ariens.
[32] NdT : Bible Rom. 8/14.
[33] Je ne sais pas qui est ici visé par Hobbes. En fait, dans le De Decretis Nicaenae Synodi (Patrologie grecque, t. 25, col. 433). Athanase attribue cette thèse aux « eusébiens », porte-parole de l'Arianisme au concile de Nicée : et il ajoute aussitôt que s'il en était ainsi le Fils ne serait pas μονογενής. Mais cette épithète est antérieure au symbole de Nicée.
[34] NdT : non créé. A entendre le monde évangélique, le Seigneur des mondes, avant la création du monde, partageait Sa solitude avec le fils de Marie ! Ce qu’aucun esprit censé ne saurait croire.
[35] Lat.: cum relatione ad prima creata in materiam. La construction creata in materiam est un peu étrange. Elle évoque un mouvement par lequel l'acte créateur aboutit à une matière, soit en s’y imprimant, soit, ce qui est plus conforme à la pensée de Hobbes, en la produisant en même temps que la forme.
[36] NdT : lequel en « prenant » un corps en Marie et « apparaissant » sous les traits de son fils, le Messie. Ce que l’Islam traditionnel rejette.
[37] Cf. note 19.
[38] Allusion possible à un passage du traite apocryphe d'Aristote, De Mundo : « Parmi les phénomènes  (φανάσματα) qui se produisent dans l'air, certains existent en apparence (χατ’ έμφασιν), d’autres en réalité (χαθ’ ύπόστασιν) » (395a, vers la fin). De même le pseudo- Plutarque du De Placitis (IV, 14, 2) rapporte sous les noms de Démocrite et d'Epicure, des considérations d’optique dans lesquelles la chose réelle se nomme ύπόστασις, et ses images έμφάεις.
[39] Bien que la comparaison du Fils avec une lumière émanée du Père soit très fréquente à l'âge patristique, j'ignore où Hobbes a rencontré la comparaison plus détaillée qu'il mentionne ici. Il existe bien un texte de ce genre, qui fut attribué, en un temps, à saint Athanase, mais, contrairement au symbolisme évoqué par Hobbes, il fait de la chaleur l'image du Fils et de la lumière celle de l'esprit : « Considère, du reste, les trois visages (πρόσωπα) d'un même feu : le feu sous-jacent (τό ύποχείμενον πΰρ), le feu en tant que brûlant (τό χανστιχόν) et le feu en tant que lumineux (τό φωτιστιχόν πΰρ) : il n'y a qu'une nature du feu, non trois. De même en ce qui concerne Dieu : le Père est le feu, le Fils l'élément brûlant, le Saint-Esprit l'élément lumineux  » (Quaestiones aliae, rangées par Migne dans les dubia d'Athanase, question IV, Pat. gr. 28, col. 780).
[40] « Si nous ne pouvons comprendre ni les anges m nos âmes, qui sont des créatures, combien plus ne convient-il pas que leur auteur soit incompréhensible ? » (Quaestiones ad Antiochum ducem, question I, Patr. gr. 28, col. 597-600. La Patrologie de Migne donne cet ouvrage comme apocryphe).
[41] Allusion à la crise de l'arianisme au IVe siècle. L'épithète « consubstantiel » (όμοούσιος), introduite dans le symbole de Nicée, tut en effet comme le drapeau de l'orthodoxie dans sa lutte contre l'arianisme.
[42] NdT : à attribuer plutôt au fils de Zacharie donc : Coran III 39.
[43] Dans le symbole des Apôtres, la mention descendit ad inferos est placée entre la mention de l'ensevelissement et celle de la résurrection du Christ. Du reste, inferi, en latin, ce sont bien les enfers. Aussi énigmatique que soit la croyance dont ce verset se fait l'écho, il ne tolère   évidemment pas l'interprétation  que suggère Hobbes (sans grande conviction, apparemment :  au chapitre XXVIII inferi est présenté comme l'équivalent du grec (άδης).
[44] Allusions à Genèse XLVII, qui appelle Gessen (dans la transcription de la Vulgate) ou Coshen (transcription des Bibles anglaises) la région d'Egypte occupée par les Israélites, et à Exode X, 22 et 23 : des ténèbres effrayantes couvrirent tout le pays d'Egypte ... mais partouthabitaient les fils d'Israël, il y avait de la lumière. Hobbes dit ici « qui éclairait l'Eglise » en vertu du symbolisme chrétien traditionnel selon lequel le peuple d'Israël est une figure de l'Eglise (symbolisme renforcé par le fait que la Vulgate appelle parfois « ecclesia » l'assemblée des Israélites).
[45] NdT : Pour connaître une meilleure définition du Feu infernal et de ses sept portes, du Paradis et de ses huit portes, voir le Coran et la Tradition. La Bible aborde le problème, sans le moindre détails. De nombreux mots sont pris du Persan (autrefois dualiste) et du Sabéisme européen (par extension du Paganisme).
[46] L'idée est exprimée par Bellarmin dans les Disputationes (De Christo, livre IV, chap. 10) et dans le De Gemitu columbae (livre II, chap. 2).
[47] 2 Pierre II,4.
[48] Théogonie, 722-5.
[49] Enéide VI, 577-9.
[50] NdT : Selon Alain Pascal : Le "filioque" est une formule concernant la Sainte Trinité, la question est de savoir si le Saint Esprit procède du Père "par" le Fils, ou s’il procède du Père "et" du Fils, ("filioque" en latin). C’est une discussion théologique qui peut sembler dérisoire à certains, mais qui en réalité est si essentielle qu’elle a fini par séparer l’Orient de l’Occident.
   La rupture est de 1054, mais en fait cette affaire du filioque empoisonne les relations Orient-Occident depuis longtemps. Elle remonte aux spéculations sur le logos, c’est-à-dire à la querelle du grec et du latin dont nous avons parlé dans le premier tome. Nous avons dit qu’à partir de 381, il y avait deux Églises, celle de Rome et celle de Constantinople, parce que, outre la réticence à l’autorité romaine, l’Église d’Orient était séparée de celle de Rome par la langue grecque et surtout par les spéculations sur le logos. Le concile de Constantinople en 381 n’avait pas dans la forme clarifié la doctrine relative à la procession du Saint Esprit. Par la suite, la querelle s’envenime de par le malentendu sur le mot, venant de la différence de langue entre les deux Églises. Les deux Églises ont toujours maintenu des rapports étroits parce qu’Elles étaient solidaires dans la défense du christianisme, mais les divisions entre les autorités – et les orages politiques – ont écartelé la tradition entre les deux Églises.
   En Occident, le filioque est inclus au Credo dès le Ve siècle. La formule est ajoutée par les théologiens augustiniens. C’est une réponse à la spéculation sur le logos propre aux textes grecs, une réplique aux erreurs qu’Origène avait repris de Philon le Juif (cf. P.K. p. 152). A notre avis, l’ajout du filioque revient à la tradition et ne la modifie pas. Le Saint Esprit est la troisième Personne qui procède de Dieu, c’est-à-dire du Père "et" du Fils, sinon les trois hypostases ne sont plus consubstantielles, mais graduelles. En plaçant le Père au dessus du Fils, l’Église d’Orient semble avoir tort sur le plan théologique… (Op. cit.)
[51] Il s'agit d'un résumé de la foi chrétienne qui se trouve aussi (sous le titre Quicunque vult salvus esse) dans le bréviaire romain. Son attribution à saint Athanase, déjà discutée au XVIIe siècle, est aujourd'hui abandonnée.
[52] Cette traduction est en effet traditionnelle chez les théologiens de l'Occident, chaque fois qu à propos de la Trinité ils ont à rendre le grec hypostasis.

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14/08/06 .

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