Exégèse

LE CAILLOT DE SANG OU L'ADHERENCE ! 

                            Selon le monde de la médecine, naturaliste, etc.

P

oint de divinité[1] excepté Allah[2] le Très Haut. Que les meilleures salutations[3] soient sur les prophètes et messagers divins dont le Sceau de la Prophétie[4]

Au Seigneur des mondes de révéler : 

« Ho, les gens ! Si vous êtes en doute au sujet de la Résurrection, eh bien, c’est Nous qui vous avons créés de poussière, puis de sperme, puis de caillot de sang, puis de chair, formée aussi bien qu’informe, pour tout vous expliquer ; et Nous déposons dans les matrices ce que Nous voulons, jusqu’à un terme dénommé ; puis Nous vous faisons sortie bébés pour qu’ensuite vous atteignez vos pleines forces… » Coran XXII 5 

   Le terme arabe ‘alaqah[5] ‘ signifie, selon les grammairiens, le sang. On a dit coagulé, solide, non liquide. De même, solide avant qu’il ne devienne sec. Aussi : très rouge, sang frais. Et une petite partie est alors appelée : ‘alaqah, caillot [de sang]. Et chaque sang coagulé est appelé « caillot », ‘alaq[6] (Coran XCI 2). 

   Conclusion : Selon la majorité des grammairiens, des commentateurs du Coran, les mots arabes ‘alaqah et ‘alaq’ ont tous deux un rapport direct avec le sang

   Divergences de vues et d’interprétations. 

   Elles existent. Aussi, dirons-nous :

   1°) Traducteurs du monde biblique. Certains traducteurs du Coran, notamment du monde biblique[7], comme Régis Blachère[8] a traduit le mot ‘alaqah’ par « adhérence » et cela quatre fois de suite. Il explique, toujours selon lui, que « ce terme semble bien être, à l’origine, un nom verbal de ‘alaqa « s’accrocher », « adhérer ». La traduction « grumeau de sang », « sang coagulé », souvent reçue, est fondée sur une interprétation des exégètes[9] sujette à caution[10] »

   2°) Arabophones. Certains arabophones suivent (ou ont suivi) l’avis des orientalistes.

   3°) Institution internationale. A ce sujet voir la traduction de la Présidence Générale des Directions des Recherches Scientifiques Islamiques, de l’Ifta, de la Prédiction et de l’Orientation Religieuse. Laquelle est en vente ou (le cas échéant) est distribuée gratuitement.

   4°) L’exégèse du Coran. Un exégète comme le fils de Kathir n’a-t-il pas vu son commentaire traduit de façons différentes ?

   Ex. : L’exégèse du Coran, Coran XXII 5, vol. 3. p. 892, voit le mot ‘alaqah traduit par adhérence. (Edit. Dar al-kutub al-ilmiyah). Tendance salafite.  

   Seconde version : Le même mot est traduit par « caillot de sang ». (Edit. Dar el fikr). vol. 4, p. 242.

   5°) Médecine. Gens de la médecine, philosophes, intellectuels et autres. Exemple, selon Bucaille, le mot « âalaq » doit être compris comme « quelque chose qui s’accroche », en faisant allusion à la nidation[11] de l’embryon. Il écrit que « c’est là son sens primitif. Un sens dérivé de celui-ci : « Caillot de sang » figure très souvent dans les traductions ; c’est une inexactitude contre laquelle il convient de mettre en garde[12] : l’homme n’est jamais passé par le stade de caillot de sang. De même l’adhérence serait un terme impropre, le sens primitif est « quelque chose qui s’accroche », et qui répond tout à fait à la réalité aujourd’hui bien établie ».

   Autre exemple : celui de M. Y. Kassab, dans son ouvrage « Gloire à Dieu », chapître : La vie. (Edit. Essalam). Lequel y déclare : « La définition de Bucaille correspond mieux à la réalité, elle reste cependant assez vague, comme nous l’avons exposé plus haut. Le mot en question ne signifie pas seulement « quelque chose qui s’accroche » mais « l’embryon qui a nidé ». (p. 505-6).   

   Réfutation : L‘alaqah est une partie de sang frais, humide. C’est donc un sang qui subira ensuite une transformation suite à son humidité. « Coagulé », il ne sera plus un sang liquide, frais. Il ne sera plus ‘alaqah. Autant de choses qui échappent encore à la compréhension de l’homme. Preuve que notre science nous joue encore des tours, nous fait défaut.

   L’avis des commentateurs, dans ce domaine, est à prendre en compte. Celui de ceux qui les réfutent, à écarter d’emblée.     

   Conclusion. 

   Le docteur Bucaille (ou d’autres comme lui) doit comprendre que ce n’est pas au Coran de s’aligner sur la médecine, les médecins, leurs recherches ou découvertes, mais l’inverse. Le divin Créateur, c’est Dieu (exalté soit-Il !). Et c’est Lui qui connaît mieux que quiconque cette machine merveilleuse qu’est l’homme. De plus, la science (ou la connaissance) des médecins est bâtie sur des suppositions, celle du divin Créateur sur la certitude. Ne pas confondre. L’homme propose et le divin Créateur dispose. Sa science n’a pas d’équivalent. Et lorsqu’Il répond à Son esclave, Il est à même de lui répondre ou pourra lui répondre du tac au tac. L’homme, lui, ne pourra jamais L’imiter, et ceci quand bien même il le voudrait. En effet, pour prétendre savoir, il lui faudra d’abord étudier, chercher… Et même avec tout cela, il sera limité dans son action. La science divine est éternelle et illimitée. Tel n’est pas le cas de l’homme, de sa science et de sa connaissance.

   Les Chercheurs, les scientifiques doivent admettre que les recherches amènent à confirmer les découvertes anciennes ou à les réfuter. Tout au plus. D’où le doute de prétendre savoir et connaître. Les Anciens ont fait des découvertes, certes. Les Nouveaux ont soit confirmées ou infirmées ces dernières. Rien de plus, rien de moins. La science est un apport non un but en soi. Et dans le sujet qui nous concerne, les médecins, la médecine n’ont-ils pas encore beaucoup d’efforts à faire pour prétendre ensuite savoir et connaître ?  

   Autre handicap. La médecine nous parle toujours du sperme mâle jamais du sperme femelle. Pourquoi ? Notre saint Prophète en a parlé[13] et a bien expliqué que la personne féminine comme la personne masculine, lors de son sommeil ; peut-être amenée à faire des « rêves mouillées ». Ce qui signifiera pour elle qu’elle devra prendre nécessairement un bain, se doucher.

   Secundo : les phases successives. Les descendants de Adam et Eve ont tous été créés de sperme qui passe dans des phases successives. Trois phases d’une durée chacune de quarante jours. Puis, un ange est envoyé. Il sera chargé d’y souffler l’esprit de l’enfant. Sera alors écrit pour lui : 1°) son sexe (masculin ou féminin), 2°) sa part dans ce bas-monde, 3°) la durée de sa vie, 4°) damné de l’Enfer ou élu du Paradis…

   Naturalisme et miracles divins. Le divin Créateur a créé l’homme. Selon nos Anciens : Les êtres humains furent créés de quatre manières différentes. En effet la création d’Adam ne fut pas de la même manière que celle d’Eve ; celle d’Eve ne ressemble point à celle des autres créatures ; et celle enfin de Ichoua est différente de celles des cas cités… Car Adam fut créé d’argile, Eve fut créée du côté d’Adam, Ichoua (Jésus-Issa) (sur lui la Paix !) fut créé d’un souffle d’esprit[14] ; et les autres humains furent créés d’un liquide méprisable[15]. La première existence qui apparut fut, de tous les corps, celle d’Adam : il est le premier père de cette espèce… Il fut le premier père de l’espèce à exister, par la décision de Dieu… Dieu en a dérivé un autre père, qu’Il a appelé « mère ». Il était juste que le premier père eût la précellence sur le second[16], puisqu’il est le principe de ce second. Dieu a terminé la série des Vicaires, dans le cycle de la Royauté, de la même manière qu’Il l’avait commencée ; et ceci pour faire remarquer que tout don dépend de Lui, et que cette formation du second père n’était pas une exigence essentielle de la nature d’Adam. Ainsi, il fit venir à l’existence Ichoua[17], fils de Marie[18]. Marie tient ici la place d’Adam par rapport à Eve, tandis que Ichoua tient la place d’Eve par rapport à Adam. Car de même qu’Il avait fait exister une femme d’un homme seul, il fit exister un homme d’une femme seule. Ainsi Il termina de la même manière qu’Il avait inauguré, en faisant venir à l’existence un fils sans le concours[19] d’un père[20], tout comme Eve vint à l’existence sans le concours d’une mère. Ichoua et Eve sont frères, Adam et Marie sont leurs pères… L’apparition de Ichoua fils de Marie, sans l’intervention d’un père[21], est identique à l’apparition d’Eve d’Adam, sans l’intervention d’une mère (Coran III 59). Il est apparu sous la forme d’Adam, en ce qui concerne sa formation, puisqu’il n’eut pas de père humain, et n’eut pas de formation semblable aux autres enfants, c’est-à-dire au reste de la descendance d’Adam ; en effet, il ne demeura pas dans le sein maternel le temps normal. Il ne passa pas par les étapes de la formation naturelle qui s’accomplit selon une durée commune[22]. Mais son passage à l’existence fut semblable à la résurrection des morts[23], au dernier jour ; c’est-à-dire qu’en un laps de temps court, il reçut la forme que les autres reçoivent en un temps long[24].

   …C’est à cause même de sa formation que le corps de Ichoua est un quatrième corps dissemblable des trois corps déjà considérés. C’est pourquoi Dieu a dit : « L’exemple de Ichoua, c’est-à-dire la particularité de sa formation, est auprès de Dieu semblable à la particularité de la formation d’Adam : Il le créa de poussière. » Le pronom « le » tient ici la place d’Adam. La ressemblance vient donc du fait que les deux furent créés sans l’intervention d’un père. Mais tandis qu’Adam fut créé de poussière, Ichoua fut créé de Son souffle quand Il lui dit ce qu’Il dit ( : Sois !). En outre, Ichoua, comme on l’a rapporté, ne demeura pas dans le sein de Marie la durée habituelle aux autres enfants. Car son accomplissement organique s’est réalisé rapidement[25], puisque Dieu voulut en faire un signe prodigieux pour confondre les naturalistes[26]. Ceux-ci en effet fondent leurs jugements sur ce que la nature leur présente comme normes habituelles, et non pas d’après les secrets et les réalisations prodigieuses que Dieu a déposés en elle. Les plus perspicaces parmi eux ont vu juste cependant, quand ils ont reconnu ne savoir de la nature que ce qu’elle offre de particulier, et qu’il se trouve en elle un aspect ignoré d’eux.

   Conclusion : Le monde naturaliste, de la médecine, a encore beaucoup d’efforts à faire. Une fois encore, cela ne sert à rien de prétendre tout connaître et tout savoir. Le seul qui le peut, n’est-ce pas le divin Créateur ? Et gardons-nous surtout de devenir comme les gens de la Bible !  

   Que le Seigneur des mondes nous guide tous dans ce qu’Il aime et agrée ! 

 

[1] Le Créateur des cieux et de la terre est donc la seule et véritable divinité qu’on adore et qu’on se doit d’adorer véritablement.
[2] En langue arabe, Allah. En hébreu, ïl. Nom divin, il est employé couramment pour les gens de l’Evangile de langue arabe. En français, le terme Dieu est compris généralement, non comme un Nom divin, mais plutôt comme signifiant l’Etre-Suprême, le Créateur et Maître de l’Univers.
[3] Formules d’eulogies comme : que Dieu prie sur lui, l’agrée, lui fasse miséricorde, etc., formules propres à  l’Islam traditionnel. Les exégètes interprètent la « prière » divine comme étant un octroi de Sa miséricorde et la « prière » angélique comme une demande de pardon pour les créatures.
[4] Soit : Ahmad-Mohammad, fils d’Abd Allah, (...) fils d’Ismaël, fils d’Abraham  (sur eux la Paix !). Pour l’Islam traditionnel, il est le Sceau de la Prophétie, le Sceau des prophètes et messagers divins.
[5] Soit : ain, lâm, qâf, et le t relié. Laquelle lettre peut devenir également un h en fin de mot.
[6] Pour une meilleure compréhension de ces mots, voir le dictionnaire arabe : Langue arabe , du fils de Manzoûr, vol 10.
[7] Ce que les gens de la Bible appellent les orientalistes, les islamologues, etc.
[8] R. Blachère est un orientaliste très connu. Personne très anti-musulmane. C’est homme a traduit le Coran, en français, en prenant soin d’y ajouter deux versets :
20 bis Ce sont les Sublimes Déesses
20 ter et leur intercession est certes souhaitée (Coran LIII 20).
   De même, il cherchera à nier toute révélation nouvelle. Selon des témoignages, lorsque la mort l’atteindra, il souffrira énormément et mourra d’une mort atroce… Et Dieu est plus Savant !
[9] Nos commentateurs du Coran sont plus spécialisés que lui dans ce domaine. Ils sont, pour certains, des références, des spécialistes de la langue arabe...
[10] Edit. GP. Maisonneuve et Larose p. 657.
[11] Biol. Implantation de l’œuf ou du jeune embryon dans la muqueuse utérine des mammifères.
[12] Médecin qui semble se donner des ailes d’exégèse qualifié !
[13] Voir à ce sujet ses paroles dans les recueils…
[14] sous-entendu : de l’ange Gabriel. Non de l’esprit, la troisième personne de la trinité comme le croient , à tort, les gens de la Bible. Voir Coran.
[15] D’un sperme mâle et + femelle.
[16] ce que bon nombre de gens, adversaires de la Religion, réfutent.
[17] Jésus (francisé), Iça (arabisé), Yassou (arabisé pris de l'hébreu)...
[18] Dans l’histoire sainte, il existe 1°) Marie sœur de Moïse et d’Aaron et Marie, mère du Messie, Ichoua (sur eux la Paix !). Ne pas confondre comme les gens de la Bible.
[19] Pour répondre ainsi à l’accusation grave du monde toranique. Selon les gens de la Synagogue, le Messie aurait eu pour père un romain ! Et également celle du monde de l’Evangile. Pour partie du monde de l’Evangile, le Messie aurait pour père : Dieu ; pour d’autres, le dénommé Joseph le charpentier. Et enfin des Dualistes. Pour le monde Dualiste (sectes occultes, franc-maçonnerie, etc.), le Messie aurait eut pour père un mercenaire, un révolté, de l’époque. Les avis ne manquent pas pour ceux et celles qui refusent la naissance miraculeuse du Messie.
[20] Le fils de Marie sera créé dans le sein de Marie. Puis, elle le mettra au monde. Celui-ci ne sera jamais, à l’inverse des croyances des gens de l’Evangile, « consubstanciel » à son divin Créateur, car Celui-ci est essence et non « substance », qui est le propre des choses créées. Il ne sera jamais Son fils, co-créateur et co-éternel avec Lui. Le dire et le prétendre, n’est-ce pas Le faire mentir ?
[21] Dieu n’étant ni le père biologique ni spirituel du Messie. Il sera à jamais que son divin Créateur.
[22] de 9 mois.
[23] L’emphase ici est mise sur ce passage à l’existence. Les gens de l’Evangile sont, eux, totalement différents. L’emphase est mise plutôt, selon eux, sur une (prétendue) mort et résurrection. Comme on le voit, l’un parle du début de la création du Messie, alors que le monde de la Bible nous parlera, lui, sur la fin infâme du Messie. Deux approches totalement différentes.
[24] C’est de cela qu’aurait du nous entretenir les gens de l’Evangile, de la Bible. Mais cette science leur a échappée.
[25] Selon le fils de ‘Abbas, Marie mit au monde le Messie immédiatement après l’avoir conçu, et qu’entre la conception et l’enfantement, il n’y eut qu’une heure ; car Dieu n’a pas mentionné de séparation entre les deux faits… Quant à Mouqâtil, il affirme qu’il fut conçu en une heure, fut formé en une heure, et fut mis au monde en une heure, au moment où le soleil venait juste de se coucher…
   Les gens de la Bible mentionnent, eux, neuf mois.
[26] Que le Messie fut conçu sans le concours d’un homme, déconcerta les savants et les docteurs des Fils d’Israël de ce temps-là, et fut cause de péril pour le commun du peuple et pour les insensés.

Point de divinité, de dieu que Dieu !
« Vulnerant omnes, ultima necat. »
Nous ne le dirons jamais assez.
Explicit totus liber.

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Cette page a été mise à jour le
24/07/08.

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