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Etudes

    Les Sermons sur la fin des temps.

Selon les Écritures.

La Fin.
selon les Écritures bibliques

Au nom de DIEU, Hachem, Allaha,
Le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux !
Louange à Allah, Seigneur des mondes, Prière et Paix sur Ses messagers et Ses prophètes, et sur tous ceux qui suivent Sa guidée ! 

P


oint de divinité[1] excepté Allah[2] le Très Haut. Que les meilleures salutations[3] soient sur les prophètes et messagers divins dont le Sceau de la Prophétie[4]

La Mort. La Résurrection.

       Entre le moment où le mort est déposé dans le cercueil et celui où il est posé au bord du tombeau, Dieu, par Sa puissance, lui adresse quarante interrogations ; dans la première, il lui parle ainsi : « O Mon esclave, pendant des années, tu t’es appliqué à te rendre pur aux yeux des hommes, et pas une seule heure, tu ne t’es appliqué à te rendre pur à Mes yeux ! Chaque jour, en scrutant ton cœur, il t’était dit : « Qu’es-tu en train de faire pour les autres, alors que tu te trouves comblé de Mes faveurs ? Ou bien es-tu un sourd qui n’entend rien ? »[5] 

   On a dit : Ichoua (Jésus - sur lui la Paix !) passa un jour par une vallée nommée Vallée de la Résurrection. Il y vit un crâne blanchi aux os vermoulus. II fut étonné de le voir si blanc, alors qu'il était celui d’un homme décédé depuis soixante-douze ans déjà.
   Ichoua (sur lui Paix !) pria : « Seigneur, je T'en supplie, Toi que les regards n'atteignent point, auquel les pensées n'ont pas accès, Toi qui es au-delà des descriptions des observateurs, permets à ce crâne de me dire à quel peuple il appartenait. » Dieu révéla à Ichoua (sur lui la Paix !) : « Interroge-le, et il te répondra par Ma Puissance, car J'ai pouvoir sur toute chose ! »
  Ichoua (sur lui la Paix !) fit des ablutions et deux prosternations, puis, s'approchant du crâne, il dit : « Au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux ! » Le crâne répondit alors d'une langue éloquente : « O Esprit De Dieu, tu as invoqué le plus beau des noms ! » Ichoua (sur lui la Paix !), interrogea : « Je t'adjure, par Dieu le plus Grand, de me dire que sont devenues ta beauté et ta splendeur ? Où sont la chair, la graisse et les os et l'âme ? — O Esprit de Dieu, répondit le crâne, la terre a corrompu la beauté et la splendeur ! Les vers ont dévoré la chair et la graisse, et les os furent vermoulus. Quant à l'âme, elle subit en ce moment un supplice cruel. » Ichoua (sur lui la Paix !) l'interrogea encore : « Je t'adjure par Dieu le plus Grand, de me dire de quel peuple étais-tu ? — J'étais, ô Esprit de Dieu, répondit le crâne, d'un peuple sur lequel, dans le monde, la colère de Dieu avait pesé. — Et comment, ajouta Ichoua, la colère de Dieu avait-elle pesé sur vous, au cours de votre vie dans le monde ? » Le crâne répondit : « O Esprit de Dieu, Dieu nous envoya un prophète qui vint nous apporter la vérité, mais nous l'avons démenti. Il nous recommanda l'obéissance à Allah, et nous lui avons désobéi. C'est pourquoi Dieu nous accabla[6], pendant sept ans, sept mois et sept jours, d'une pluie accompagnée de foudres. Puis, un jour, une cohorte des Anges du Tourment surgirent au milieu de nous. Chacun d'eux avait deux fouets, dont l'un de fer et l'autre de feu. L'un des Anges s'est employé à m'arracher l'âme d'une articulation à l'autre, et d'une artère à l'autre, jusqu'à ce que mon âme atteignît la gorge » ; et le crâne poursuivit : « C'est alors que l'Ange de la Mort, passant la main dans ma gorge, me fit sortir l'âme ! »
   Ichoua (sur lui Paix !) l'interrogea de nouveau : « Je t'adjure par Dieu le plus Grand de me décrire cet Ange de la Mort ! » Le crâne répondit : « O Esprit de Dieu, il avait une main à l'Orient, et une autre à l'Occident. Sa tête touchait le plus haut des cieux, et ses pieds s'enfonçaient jusqu'aux profondeurs de la septième terre, tandis qu'il tenait l'univers entre ses deux genoux, et toutes les créatures au niveau de ses yeux. » Le crâne continua : « O Messager de Dieu, à peine une heure était écoulée que deux anges noir et bleu s'étaient dressés devant moi. Leur voix ressemblait au fracas du tonnerre, et leur regard à l'éclair rapide. Leurs cheveux étaient courts et crépus, et de leurs canines, ils sillonnaient la terre. Ils l'interrogèrent : « Quel est ton Dieu, quel est ton prophète, quel est ton imam ? » J'eus peur d'eux, ô Esprit de Dieu, et je leur dis : « Je n'ai d'autre Dieu, d'autre prophète, d’'autre imam, que Dieu ! » Ils me répondirent : « Tu mens, ô ennemi de Dieu et de soi-même. » Et ils me frappèrent avec une canne de fer d'un coup si fort que je sentis se briser mes os et ma chair se déchirer. Ils me précipitèrent ensuite au fond de la Géhenne où ils me firent subir, au gré de Dieu, né longue torture. J'en étais réduit à cet état, lorsque les gardiens-Scribes qui enregistrent les œuvres des créatures dans leur vie terrestre, vinrent me dire[7] : « Ennemi de Dieu, suis-nous jusque dans les demeures du Paradis ! » Je les suivis jusqu'à la première des huit portes du Paradis qui est édifiée avec des pierres d'or alternées avec des pierres d'argent. Son sol est en musc, et ses herbes de safran ; ses cailloux sont des perles et des hyacinthes ; ses rivières sont de lait, d'eau et de miel ; ses habitants sont des adolescentes vierges, ayant toutes le même âge, recluses dans des tentes dressées par Celui à qui appartient la Majesté et la Vénération. Je me suis beaucoup réjoui de ce spectacle, ô Esprit de Dieu, mais les deux Angcs me dirent : « O Ennemi de Dieu et de soi-même, tu n'as point fait de bonnes œuvres dans ta vie terrestre, pour posséder tout cela. Mais suis-nous plutôt dans les demeures des damnés en Enfer. Je les suivis jusque devant la première porte de l'Enfer où j'entendis les sifflements des serpents et des scorpions. Je demandai alors aux Anges : « A qui est-il réservé ce tourment ? » Ils me répondirent : « A toi ainsi qu'à tous ceux qui dévorent injustement les biens des orphelins. »
   Le crâne poursuivit son récit : « Puis je me rendis avec eux, jusqu'à la deuxième porte : là des hommes étaient suspendus avec leurs  barbes et, comme des chiens devant une mangeoire, ils se gavaient du sang et du pus qui étaient posés devant eux. Je demandai : « Pour qui est-ce ce tourment ? » . Les deux Anges me répondirent : « Pour toi et pour tous ceux qui, durant leur vie terrestre, auront bu le vin et dévoré illégalement les biens d'autrui. »
   Nous continuâmes ensemble jusqu'à la troisième porte où se trouvaient des hommes que la flamme traversait en pénétrant par la bouche et sortant du derrière. « Pour qui est-ce ce tourment ? demandai-je encore. — Pour toi, dirent les deux Anges, et pour tous ceux qui, dans leur vie terrestre, auront calomnié d'une façon infamante les femmes chastes. »
   Parvenu avec eux jusqu'à la quatrième porte, je vis des femmes suspendues par leurs langues, tandis que le feu sortait de leur bouche. Je demandai alors aux deux Anges : « Pour qui est-ce ce tourment ? — Pour toi, répondirent-ils, et pour tous ceux qui, au cours de leur vie terrestre, auront délaissé la Prière. »

   Le crâne poursuivit son récit : « En arrivant, en compagnie des deux Anges, devant la cinquième porte, où je vis des femmes suspendues par leur chevelure, au-dessus d'un feu, j’interrogeai encore : « Pour qui est-ce ce tourment ? — Pour toi, me répondirent-ils, et pour tous ceux et toutes celles qui, durant leur vie terrestre, se seront parés pour plaire à d'autres qu'à leurs époux et épouses.  »
 Puis arrivé avec eux devant la sixième porte, où je vis d’autres femmes suspendues par leur chevelure et leur bouche, de nouveau j'interrogeai les deux Anges : « Pour qui est-ce ce tourment ? — Pour toi,  répondirent-ils encore, et pour toutes celles qui auront mené une vie légère et dépravée.  »
   Je suivis enfin les deux anges jusqu'à la septième porte où se trouvaient des hommes placés au-dessus d'un puits nommé le Puits de l'Infortune. C'est là que je fus jeté ; je m'y trouve, ô Esprit de Dieu, dans un tourment atroce, et j'y éprouve toutes sortes de terreurs.  »
   Ichoua (sur lui la Paix !) dit alors au crâne : « Demande-moi ce que tu veux avec l'autorisation de Dieu !  »  Le crâne  dit  :  «  Prie Dieu de me rendre à la vie dans le monde ! » Ichoua (sur lui la Paix !) pria Dieu faveur du crâne. Dieu écouta sa prière. Il fit revivre le crâne et le rendit au monde en parfait état, par Sa Puissance ; Pureté à Lui !
    Le crâne vécut de nouveau douze ans qu'il passa dans la dévotion en compagnie de Ichoua (sur lui la Paix !).. Lorsque, enfin, la Certitude, qui est la Mort, l'eut atteint, il mourut dans la foi. Dieu, dans Sa Miséricorde, l'introduisit parmi les Elus du Paradis[8].

Le Jour des Comptes. La Comparution.  

   Au Jour de la Résurrection, Dieu rassemblera un à un tous les prophètes, et une à une toutes les Communautés. En dernière place, ce sera Muhammad. On dressera le pont sur l'Enfer et un héraut criera : « Où est Muhammad et sa Communauté ? » Le Prophète de Dieu avancera suivi des membres, justes ou impies, de sa Communauté. Lorsqu'il sera parvenu sur le Sirât (a), Dieu obnubilera les regards de ses ennemis qui se précipiteront à droite et à gauche. Et le Prophète continuera, accompagné seulement des justes. Sur le chemin du Paradis, par la droite et par la gauche, les Anges seront là pour les recevoir. Et le Prophète parviendra auprès de Son Seigneur ; un siège sera dressé pour lui à droite du  Miséricordieux.

  Ichoua (sur lui la Paix !) le suivra ensuite dans le même chemin, accompagné de tous les membres, justes ou impies, de sa Communauté. Sur le Sirât, Dieu obnubilera les regards de ses ennemis qui seront précipités dans le Feu. Ichoua (sur lui la Paix !) avancera accompagné seulement des justes ; et les Anges, de droite et de gauche, les recevront qui leur indiqueront le chemin du Paradis. Ichoua (sur lui la Paix !) parviendra jusqu'auprès de son Seigneur ; un trône sera dressé pour lui du côté opposé.
  On appellera ensuite une à une toutes les Communautés, un à un tous les Prophètes jusqu'au dernier de tous, qui sera Noé. Qu'Allah ait pitié de Noé ![9] 

  Dieu ordonnera ensuite qu'on fasse venir le Feu... Les Anges l'amèneront, qui s'avance sur quatre pieds, conduit par soixante-dix mille chaînes, et dans chaque chaîne, soixante-dix mille anneaux dont chacun pèse plus lourd que tous les métaux du monde réunis; et sur chaque anneau, soixante-dix mille démons dont certains pourraient, s'ils le voulaient, renverser les montagnes et détruire la terre.
  Au milieu de gémissements, de râlements, de bourdonnements, d'éclairs et de fumées, le Feu bouillonnera et une obscurité épaisse bouchera les issues des horizons. Encore à une distance de mille ans de marche entre lui et les créatures, il se détachera des mains des Anges qui le conduiront et qui, alors, ne pourront pas le retenir, tant il est puissant. Toutes les créatures, y compris les Messagers eux-mêmes, tomberont alors sur les genoux. Abraham, Mochè et Ichoua s'accrocheront au Trône, l'un ayant oublié son fils, le Sacrifié, l'autre, son frère Aaron, et le troisième, sa mère Marie. Chacun d'eux se mettra à implorer Dieu : « Seigneur, mon âme ! mon âme ! Je ne te supplie aujourd'hui que pour elle ! » On dit que Ichoua (sur lui la Paix !) implorera : « Seigneur, mon âme et ma Mère ! Je ne te supplie aujourd'hui que pour ces deux ![10] ». 

   Le héraut criera : « Où sont les Pauvres ? » On les fera venir d’après leurs différentes catégories. Il leur sera dit : « Qu'est-ce qui vous avait distrait du service de Dieu ? » Ils répondront[11] : « Nous avons été éprouvés dans le monde par une indigence telle, qu'elle nous avait détournés de nos devoirs envers Dieu. » II leur sera dit : « Qui donc était plus pauvre de vous ou de Ichoua fils de Marie ? » Ils répondront : « Ichoua. » On leur dira : « Et pourtant cela ne le détourna point de remplir ses devoirs envers Dieu et de consacrer sa vie à s'en souvenir[12]. » Ensuite le héraut criera : « Où est Ichoua fils de Marie ? » On le fera venir. Alors Dieu l'interrogera : « Est-ce toi qui as dit aux hommes : « Prenez-moi et ma Mère comme deux dieux à côté de Dieu ? » Ichoua (sur lui la Paix !) se mettra alors, tant qu'il pourra, à proclamer les louanges de Dieu et à en faire de grands éloges. Puis il se retournera contre lui-même pour se blâmer et se vilipender, et il "dira : « Pureté à Toi ! comment aurais-je pu dire ce qui n'est pas pour moi la vérité ? Si je l'avais dit, Tu l'aurais su puisque Tu connais le secret de mon âme et j'ignore le secret de Ton âme. C'est Toi qui es le Connaisseur des Inconnaissables ! » Dieu rira, puis il dira : « C'est le jour où la Vérité sera bienfaisante aux véridiques ! Tu dis vrai, ô Ichoua. Reviens à ta chaire et récite à haute voix l'Évangile que Gabriel t'a transmis ! — Amen[13], Seigneur ! » répondra Ichoua, et il montera pour lire. Toutes les têtes se retourneront vers lui tant l'écho de sa voix et la psalmodie de sa récitation sont agréables à entendre ; car il est le plus habile des hommes dans la diction de l'Évangile qui semblera, alors, dans sa bouche, si frais et si neuf que les moines croiront n'en avoir connu aucun verset. Les nazaréniens[14] se partageront alors en deux groupes : les mécréants d’entre eux avec les mécréants et les croyants avec les croyants[15]. [Explicit]

Que le Seigneur des mondes nous guide tous dans ce qu'Il aime et agrée ! 


[1] Le Créateur des cieux et de la terre est donc la seule et véritable divinité qu’on adore et qu’on se doit d’adorer véritablement.
[2] En langue arabe, Allah. En hébreu, ïl. Nom divin, il est employé couramment pour les gens de l’Evangile de langue arabe. En français, le terme Dieu est compris généralement, non comme un Nom divin, mais plutôt comme signifiant l’Etre-Suprême, le Créateur et Maître de l’Univers.
[3] Formules d’eulogies comme : que Dieu prie sur lui, l’agrée, lui fasse miséricorde, etc., formules propres à  l’Islam traditionnel. Les exégètes interprètent la « prière » divine comme étant un octroi de Sa miséricorde et la « prière » angélique comme une demande de pardon pour les créatures.
[4] Soit : Ahmad-Mohammad, fils d’Abd Allah, (...) fils d’Ismaël, fils d’Abraham  (sur eux la Paix !). Pour l’Islam traditionnel, il est le Sceau de la Prophétie, le Sceau des prophètes et messagers divins.
[5] Ghazâlî, ô mon fils.
[6] comparer ce qui suit avec le livre l’Apocalypse ou la Révélation. Il existe ici des points communs.
[7] Ce qui réduit à néant les paroles de ceux qui, parmi les gens de la Bible, nient l’existence de l’Enfer et de ses châtiments. L’existence du Paradis de ses joies et plaisirs paradisiaques. Bon nombre de gens de la Bible, dont certaines sectes de l’Évangile, ne voient-elles pas le Paradis-Eden sur terre ? D’autres, qu’à la fin des temps la terre sera transformée en Paradis ? D’autres, que le châtiment de l’Enfer ne sera pas éternel ?
[8] Codex anonyme de la Bibliothèque de l'Académie Royale  de Madrid, ms, n° XXVII8, intitulé Junta amplacion de estudios, fol. 136, cit. ap. Asin, Logia, n° 102 quinquies.
[9] Sha’rânî, Mukhtasar.
[10] Ghazâlî, Dourra; Sha’rânî, Mukhtasar
[11] En ce jour pas d’excuse pour personne. La pauvreté, le manque d’argent, ne saurait être une excuse valable.
[12] Ghazâlî, Dourra.
[13] arabe, amîn.
[14] Les chrétiens, par extension.
[15] Ghazâlî, Dourra.


Point de divinité, de dieu que Dieu !
« Vulnerant omnes, ultima necat. »
Nous ne le dirons jamais assez.
Explicit totus liber.

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Cette page a été mise à jour le
14/08/06 .

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