Croyances

LES CHOSES EXISTANTES

Selon l'Islam traditionnel

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Les choses existantes.

    Que Prière et Paix[1] soient sur notre seigneur[2] et maître Mohammad, sa famille et ses compagnons.
   Le Maître juriste et savant, homme de grande valeur, le saint, Aboû Abd Allah fils de Youssouf Alsénoussi[3] (que Dieu lui fasse miséricorde !) a dit : 

   Louange à Allah, Seigneur des mondes ! Que Prière et Paix soient sur notre seigneur et maître Mohammad, sceau des prophètes et guide des messagers. Que Dieu le Très Haut agréé sa famille et l'ensemble de ses compagnons. 

   Et après

   Le Maître a dit : Je me propose de donner, dans ce petit livret, un commentaire abrégé de mes Prolégomènes[4]. Par la grâce de Dieu (Pureté à Lui !), je Lui demande l'aptitude dans la vérité, la récompense dans les actions. Il est le Suzerain, le Généreux, le Puissant qui crée ce qu'Il veut, et selon Son choix ! 

   Chapitre.

   Selon nos Savants religieux du Monothéisme donc[1] : « Les choses existantes, considérées au point de vue du sujet (en arabe, mahal) et du principe déterminant (en arabe, moukhassis), sont de quatre sortes :

   1°) Ce qui n’a besoin ni de sujet, ni de principe déterminant : c’est l’essence divine.
   2°) Ce qui a besoin à la fois d’un sujet et d’un principe déterminant : ce sont les accidents[2]
   3°) Ce qui a besoin d’un principe déterminant, mais non d’un sujet : ce sont les corps ;
  4°) Ce qui est dans un sujet (essence) sans avoir besoin d’un principe déterminant : ce sont les attributs de Dieu.

   Exposé :

   Il faut entendre par sujet l’essence sur laquelle reposent les attributs, et non le lieu (makân, en arabe) occupé par les corps. En disant qu’une chose a besoin d’un sujet, ou existe dans un sujet, nous entendons que cette chose est attachée au sujet comme attribut. Par le mot principe déterminant (en arabe, moukhassis), on désigne l’agent libre qui attribue à une chose possible et adventice créée une chose contingente qu’il a voulue à l’exclusion d’une autre chose contingente qu’il n’a pas voulue. En disant qu’une chose a besoin d’un sujet ou qu’elle existe dans un sujet, on entend que ce sujet est qualifié par cette chose. En disant qu’une chose n’a pas besoin d’un sujet, on entend que cette chose est elle-même une essence pourvue d’attributs et non un attribut. Dire qu’une chose a besoin d’un principe déterminant, c’est dire qu’elle est nouvelle et qu’elle a besoin d’un agent qui la détermine par l’existence au lieu de la non existence dans laquelle elle se trouvait.

   Quand on a compris ce qui précède, on saisit clairement ce que nous avons dit dans le texte, à savoir que l’essence de notre Seigneur n’a besoin ni de sujet, ni de principe déterminant. Il n’a pas besoin de sujet, parce qu’Il est une essence[3] pourvue des attributs les plus nobles, et non un attribut ; s’Il était un attribut[4], Il serait impossible qu’Il fût pourvu des attributs existentiels, qui sont les attributs qualitatifs[5], et des attributs qui en sont la conséquence, les attributs consécutifs [6]. Or, il est prouvé, d’une manière certaine, que Dieu (exalté soit-Il !) est nécessairement pourvu des attributs[7] qualitatifs[8], qui sont :

   1°) la puissance, 2°) la volonté, 3°) la science, 4°) la vie, 5°) l’audition, 6°) la vue et 7°) la parole,

   ainsi que des attributs consécutifs consistant en ce que Dieu (exalté soit-Il !) est

   1°) puissant, 2°) voulant, 3°) savant, 4°) vivant[9], 5°) audiant[10], 6°) voyant et 7°) parlant.

   Un attribut[11] ne peut être pourvu ni des attributs existentiels, ni des qualités qui en dérivent, parce que si un attribut était susceptible, comme l’essence, d’être revêtu d’attributs existentiels, il ne pourrait en être dépourvu, pas plus que l’essence ; en effet, l’aptitude à recevoir des attributs est essentielle et ne saurait manquer ; on introduirait donc dans la réalité une série de choses se succédant à l’infini ; en effet, l’attribut qui, dans cette hypothèse, repose sur un attribut, devrait pouvoir, lui aussi, recevoir un attribut, comme le premier ; il ne pourrait donc pas en être dépourvu ; le même raisonnement s’appliquerait à l’attribut dont il serait revêtu, lequel comporterait tout ce que comportent les attributs antérieurs, et ainsi de suite à l’infini.

   Dieu (exalté soit-Il !) est indépendant de tout principe déterminant, c’est-à-dire d’un agent existantiateur[12], parce qu’il est nécessairement existant ; l’esprit ne conçoit pas sa non-existence dans l’éternité, parce qu’il est nécessairement ancien dans le passé ; ni dans l’avenir, puisqu’il est nécessairement éternel dans l’avenir[13]. S’Il était susceptible de non-existence dans la préexistence, il en résulterait que son existence serait contingente ; or, toute chose contingente a besoin d’un agent existant qui la détermine par l’existence, en place de la non-existence. Or, si le Créateur de l’univers avait besoin d’un auteur, son auteur, à son tour, aurait besoin d’un auteur, puisque tous deux sont égaux en divinité, et ainsi de suite à l’infini ; si le nombre de ces auteurs est limité, il en résulte une régression à l’infini ; deux solutions qui sont l’une et l’autre impossibles. De même, si Dieu (exalté soit-Il !) était contingent[14] et avait besoin d’un auteur, Il serait impuissant et adventice[15], comme toutes les choses adventices, ce qui détruirait Sa divinité. On aboutirait aussi, dans cette hypothèse, a un empêchement mutuel entre Dieu (exalté soit-Il !) et son auteur, puisque chacun d’eux posséderait nécessairement l’universalité de puissance et de volonté que posséderait l’autre. Enfin, il y aurait, dans cette hypothèse, prédominance et supériorité d’une chose sur une autre sans raison, puisque l’hypothèse que, de deux dieux, l’un a été produit par l’autre, n’offre rien qui doive la faire préférer à l’hypothèse qu’il l’a produit.

   Du moment qu’il est démontré que Dieu (exalté soit-Il !) est nécessairement indépendant de tout principe déterminant, il est évidemment impossible que Dieu (exalté soit-Il !) soit un corps matériel ; parce que tous les corps matériels sont nécessairement adventices ; parce qu’ils ont besoin d’un principe déterminant qui les détermine par l’existence au lieu de la non existence, qui leur assigne une quantité déterminée à l’exclusion de tout autre, qui leur fixe un point dans l’espace, un moment dans le temps ; qui leur confère une qualité spéciale, une direction spéciale, au lieu de la qualité ou de la direction opposées. On voit également par là que Dieu (exalté soit-Il !) est dépourvu des caractères propre à la matière, tels que les dimensions, les temps, les lieux[16], les accidents variables, les directions ; qu’il n’a pas de pareil dans le monde extérieur, pas plus que dans celui des conceptions hypothétiques ou imaginaires de l’esprit.
   
   Ce que nous avons dit de la subordination de la deuxième catégorie des choses existantes, c’est-à-dire des accidents, qui sont les qualités inhérentes aux corps, tels que les couleurs, les saveurs, les odeurs, le mouvement, le repos, etc., à un sujet et à un principe déterminant, est facile à comprendre. Ces choses étant des attributs, il est impossible qu’elles existent par elles-mêmes ; elles ne sauraient exister que dans un sujet, c’est-à-dire une essence, sur laquelle elles reposent. D’autre part, comme elles sont adventices, elles ont nécessairement besoin d’un principe déterminant qui leur donne l’existence.

     Nous avons dit, à l’égard des choses de la troisième catégorie, c’est-à-dire des corps, qu’ils ont besoin d’un principe déterminant, mais non d’un sujet[17]. En effet, les corps étant adventices, ce qui est prouvé par leur union forcée avec les accidents adventices, tel que le mouvement, le repos, etc., il en résulte qu’ils ont besoin d’un principe déterminant qui leur confère d’abord l’existence, qui les entretienne ensuite et les fasse durer par la création successive et continue de leurs caractères accidentels. Ils ont donc besoin de Dieu (exalté soit-Il !) pour naître à l’existence et pour s’y maintenir.

   Les corps sont nécessairement de tout sujet, parce qu’ils ne sont pas des attributs, mais des essences pourvues d’attributs. Si un corps reposait sur un autre corps (de la même manière qu’une qualité repose sur une essence), les deux corps occuperaient la même portion de l’espace et formeraient un corps unique, ce qui ne peut se concevoir. De plus, si un corps avait besoin d’un sujet, comme l’accident, il en résulterait une prédominance sans cause, parce qu’il n’y a pas plus de raison de faire d’un premier corps le sujet d’un autre, que de faire du second le sujet du premier ; en outre, le corps qui servirait de sujet à un second, aurait besoin, comme celui-ci, d’un sujet, et alors si ce sujet est le second corps, on aboutit à un cercle vicieux ; si c’est un autre corps, on aboutit à une régression à l’infini, et on introduit dans la réalité une série de choses se succédant à l’infini.

   A l’égard des choses de la quatrième catégorie, qui sont les attributs divins, nous avons dit qu’elles sont nécessairement inhérentes à Sa divine essence, et qu’elles sont nécessairement indépendantes de tout principe déterminant[18]. De ce qu’elles sont des attributs, il s’ensuit qu’elles sauraient exister isolément, parce que cela serait contraire à l’essence même des choses ; en effet, l’attribut exige par définition un sujet qui en est revêtu ; si l’attribut existait isolément, ce ne serait pas un attribut ; or, il est impossible que l’attribut[19] soit séparé de son caractère essentiel, qui est de qualifier un sujet ; son existence à l’état isolé, qui entraînerait sa séparation de son caractère essentiel, est par conséquent impossible.

   On peut objecter ceci : Tout ce que prouve votre démonstration, c’est que la définition de l’attribut ne se conçoit pas sans un sujet qualifié ; mais de ce que l’attribut exige l’existence d’un sujet qu’il qualifie, il ne s’ensuit nullement que cet attribut soit dans ce sujet. On peut admettre, en effet, que ce soit l’attribut d’un sujet sans être dans ce sujet.

   Voici la réponse à cette objection. Dire qu’une chose est l’attribut d’un sujet ne peut s’entendre que dans ce sens que cette chose est inhérente au sujet ; si elle ne lui était pas inhérente, il ne serait pas possible qu’elle fût l’attribut de ce sujet, à l’exclusion d’un autre, parce qu’il y aurait, dans ce cas, prédominance sans cause d’une chose sur une autre. Dès lors, si elle n’était pas inhérente à son sujet, elle ne serait ni un attribut de ce sujet, ni celui d’un autre, par suite de l’absence, de toute raison déterminante (en faveur de l’une ou l’autre de ces deux solutions). Donc, du fait que cette chose existerait isolément, il s’ensuivrait que la qualité existerait sans la chose qualifiée, ce qui est contraire à sa définition même. C’est précisément la conclusion à laquelle nous sommes arrivés dans la démonstration précédente.

   Nous avons évité, en ce qui concerne les attributs de Dieu (exalté soit-Il !), de dire qu’ils ont besoin d’une essence, parce que les mots avoir besoin (iftiqar, en arabe) et besoin (faqr) impliquent, en lexicologie et dans l’usage, le besoin d’une chose qui manque et dont on désire la réalisation. On dit que l’affamé a besoin de nourriture ; lorsqu’il a mangé et qu’il est rassasié, on ne dit plus qu’il a besoin de nourriture. De même, on dit de l’homme nu qu’il a besoin de vêtement ; une fois qu’il est habillé on ne dit plus qu’il en a besoin, etc. Or, il n’est pas douteux que les attributs divins ne peuvent pas avoir besoin d’une chose quelconque. Ils n’en ont pas besoin pour exister, puisque leur existence est réalisée ; elle est nécessaire, et indépendante de toute intervention d’un auteur, dans la pré éternité, comme dans l’éternité de l’éternité. Ils n’en ont pas besoin non plus pour la réalisation de l’existence de leur sujet, parce que leur sujet n’est autre que l’essence de Dieu (exalté soit-Il !), qui existe déjà également, qui est nécessaire, et dont on ne saurait concevoir la non-existence ni dans la pré éternité, ni dans l’éternité de l’éternité ; qui est indépendante de tout ce qui n’est pas elle, tout ce qui n’est pas elle ayant au contraire besoin d’elle. L’idée de besoin ne se peut donc admettre ni à l’égard de l’essence divine, ni à l’égard de Ses attributs, et ce mot ne saurait être appliqué à un attribut éternel.

   Fakhr[20] [eddin Errazi] n’a pas suffisamment porté son attention sur ce point et a commis une inconvenance, en disant que les attributs divins ont besoin de l’essence divine. Il a considéré seulement que ces attributs ne sauraient exister isolément, et qu’ils sont nécessairement inhérents à leur sujet, sans songer que les mots de besoin (faqr) et avoir besoin (iftiqar) impliquent l’absence d’une chose nécessaire. »  (Explicit).

   Que le Seigneur des mondes nous guide tous dans ce qu’Il aime et agrée !

[1] Chapitre écrit par l’Imam Senoussi (que Dieu lui fasse miséricorde !). Voir Prolégomènes. Les gens de la Réforme : secte salafite et autres, aiment nous entretenir d’une sorte de Monothéisme bâtit sur une trinité (leur trinité) concernant une décomposition du « tawhid » (unicité divine), en « tawhid rouboubiya » (unicité de la souveraineté – ou seigneurerie ), « tawhid el oulouhiya » (unicité de la divinité) et « tawhid el esmaa wa essifat » (unicité des noms et attributs divins). Selon les partisans de cette trinité nouvelle, toute personne qui refuse de s’y soumettre sont des égarés, innovateurs, associateurs, mécréants ! ? Rien ne manque pour critiquer aussi les Ecoles juridiques, leurs Savants et enfin les Saints de l’Islam. A les entendre sont déclarés « Savants » religieux ceux et celles qui suivent leur minhaj (leur doctrine et ligne de conduite) élaboré par des gens comme Mohammad fils d’Abdel-Wahhab (Arabie), le fils Taymiya (Kurde) et son disciple le fils Quayim Djaouzi (ne pas confondre avec le fils de Djaouzi, sounnite), pour ne citer qu’eux. De même, et selon eux, toute personne peut-être sainte et atteindre la sainteté ! L’Arabie actuelle recèle de nombreuses gens qui se réclament d’eux. De même bon nombre de gens de la diaspora d’Afrique du Nord en Europe dont en France. De nombreuses personnes d’origines d’Algérie et de Tunisie s’en réclament. Notamment parmi les jeunes.  
   On a dit : Un de leurs chefs : ^Abdou l-^Aziz Ibn Baz dans un livre qu'il a appelé Tanbihat hammah ^ala ma katabahou ch-Chaykh Mouhammad ^Aliyy As-Sabouniyy fi Sifatil-lah ^azza wa jall (c'est-à-dire Remarques importantes sur ce qu'a écrit le Chaykh Mouhammad ^Aliyy As-Sabouniyy à propos des attributs de Allah ^azza wa jall), a dit : Ensuite As-Sabouniyy, que Allah le guide, a mentionné l'exemption de Allah du corps, de l' œil, de l'oreille, de la langue et de la trachée artère ; et ceci n'est pas la voie de Ahlou s-Sounnah. Fin de citation .
   Regardez comment ces wahhabites reprochent à Ahlou s-Sounnah l'exemption de Allah du corps et des caractéristiques des humains car ils sont comme leur leader Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab et son prédécesseur Ibnou Taymiyah, des gens qui attribuent à Allah le corps et qui L'assimilent à Ses créatures. Ils prétendent que Allah a une image, qu'Il se tient sur Son Trône et que Sa parole est des sons et des lettres, que Allah nous préserve de leur mécréance.
   Ibnou l-^Outhaymin a également déclaré explicitement, dans un livre qu'il a appelé à tort ^Aqidatou 'Ahli s-Sounnah (c'est-à-dire selon lui la croyance de Ahlou s-Sounnah) que Allah a deux yeux.
   Quant à Ahlou s-Sounnah, eux, ils s'attachent à la parole de Allah : {ليس كمثله شيء} ce qui signifie : "Rien n'est tel que Lui" et à la parole des imams comme l'Imam At-Tahawiyy : "Et celui qui qualifie Allah par un des attributs des humains, alors certes il a commis de la mécréance" .
   Parmi leurs mensonges, ils prétendent que Allah est localisé dans le ciel et prétendent parfois qu'Il est assis sur le Trône. Parmi ceux-là, il y a Ibnou Baz qui, dans le journal Al-Hajj numéro de Joumada l-'oula 1415 H, page 73 et 74, a dit : "Certes Allah est Lui-même assis sur le Trône" – il a interprété ici istawa par s'asseoir –. Parmi eux, il y a aussi leur leader Ibnou Taymiyah qui a dit que "Allah est au-dessus du Trône". Lire...
   Au Châm, un docteur très connu a répondu à leurs prétentions et égarements : le Dc. Al-Bouty. En répondant notamment à un des membres de leurs sectes (aujourd’hui décédé) : Nasraddine Albanay. Lequel voit (voyait) l’inutilité de suivre une école juridique et de s’en réclamer... 
[2]  Philosophie : ce qui « s’ajoute » à l’essence, peut être modifié ou supprimé sans en altérer la nature. Ici, il s’agit des attributs des corps. Notons que les premiers théologiens nazaréniens, utilisant l’apport de la philosophie grecque dans la mesure où celle-ci pouvait servir à expliquer le donné révélé appliquent encore à Dieu les notions d’esprit pur et simple, de perfection absolue, de cause exemplaire et de cause finale... Notons que les Monothéistes (soit les Savants du Tohîd, en arabe) refuseront, eux, de les imiter. Tel ne sera pas le cas parfois de certains philosophes soumis comme : Averroès (ibn Roshd), Avicenne (ibn Sîna), Farabî, etc., influencés par les doctrines des grecs et des latins. Et Dieu est plus Savant !
[3] L’essence divine ne pouvant être connue, il est donc inutile de chercher à la connaître, voir l’étudier. Notre Créateur n'est pas une "substance" (en arabe, djawhar) occupant un espace, car Il serait localisable. Il n'est pas un accident (en arabe, 'arad), car la permanence serait impossible pour Lui. Il n'est pas un corps (en arabe, djism), susceptible alors de direction et de face. Saint (en arabe, mouqaddas), Il est exempt des directions et des dimensions. Il sera vu (au jour des Comptes) par les cœurs et les regards (V. Coran VI 103 ; LXXV 22-23, etc. Dans de nombreuses traditions, il est dit que les hommes verront Dieu "comme le soleil dans un ciel sans nuages" ou comme "la pleine lune". Bokhari, I, IX). Quand Il l'a voulu, Il a siégé sur Son trône (en arabe, arch), comme Il l'a voulu, et selon le sens qu'Il a voulu ; de même que le Trône et ce qui n'est pas Lui tiennent de Lui leur équilibre (arabe, istiwâ). A Lui appartiennent la vie première et la vie dernière…
   2. Terme conventionnel employé par certains Savants du Monothéisme. Selon eux : "Le joyau singulier" (en arabe, aldjaouhar alfard), signifie l'essence de l'être ; il est aussi l'Intellect en tant que celui-ci rattache l'être individuel à son principe éternel. Aldjaouhar (du persan gawhar) désigne une perle ou pierre précieuse et en langage philosophique l'essence ou la substance ; le caractère incorruptible de la pierre précieuse symbolise l'immuabilité de l'essence.
[4]  L’attribut divin, et contrairement à la croyance des Trithéistes nazaréniens ne peut être et devenir une divinité.
[5] Mot conventionnel. Autres traductions : réels, insensibles, incorporels, archétypes, logiques, entitatifs, etc. En arabe, ma’âni. Ainsi appelés parce qu’ils sont en Lui, qu’ils sont réels. De plus, ils sont nécessaires légalement, parce que l’on peut pas concevoir de puissance sans puissant, de volonté sans voulant, etc. Notons au passage, que dans le monde biblique, il n’est pas rare de trouver des gens, dont parmi eux leurs intellectuels, qui se disent croire et admettre Dieu en tant que puissance, mais non jamais en tant que réalité !
[6] En arabe, mânawouiyah.
[7] l’ensemble de ces attributs divins est totalement méconnu des gens de l’Evangile. De même, ils sont souvent sujets de verse et de controverse parmi certains intellectuels, philosophes, voire parmi des sectes islamiques. La secte des « Séparés », (en arabe, les mou’tazila), par exemple, sont d’accord pour écarter les attributs éternels de l’essence divine. Ils évitent ainsi les personnes [en Dieu, que les Tri Théistes reconnaissent]. Parmi eux, il en est qui disent que Dieu (exalté soit-Il !) est savant par Son essence et non par Sa science et de même qu’Il est puissant et vivant. D’autres disent qu’Il est savant par Sa science qui est Son essence et qu’Il est de même puissant et vivant [par Son essence]. Les premiers nient tout attribut : les seconds les admettent, mais en disant qu’ils sont une même chose avec Son essence... Cette négation des attributs est empruntée aux philosophes qui affirment que l’essence de Dieu est une et qu’on ne trouve en elle aucune multiplicité... L’Imam Ghazâlî exprimant le fondement des croyances orthodoxes écrit : « ...Dieu voit sans yeux, Il entend sans avoir besoin d’oreilles, de même qu’Il connaît sans cœur, qu’Il se meut, sans avoir besoin de membres et qu’Il crée sans instruments : Ses attributs ne sont pas semblables à ceux des créatures, ni Son essence semblable à la leur.
   C’est pourquoi il faut croire que Dieu (exalté soit-Il !) parle, ordonne, défend, promet, menace par une parole éternelle qui subsiste dans son essence, mais sa parole n’est pas semblable à celle des créatures et ne consiste pas en des sons produits par la vibration de l’air et la rencontre des corps ; ni en articulations formées par le mouvement de la langue et des lèvres. Le Coran, la Thora, l’Evangile et le Psautier sont des Livres révélés à Ses envoyés. Le Coran est lu à haute voix par les langues, écrit dans les livres, retenu dans les cœurs, alors qu’en vérité il est malgré cela ancien (qadîm, en arabe), subsistant dans l’essence de Dieu le Très-Haut. Il n’est pas susceptible de fragmentation ni de division lorsqu’il est transposé dans les cœurs et sur les feuillets [des livres]. De même que Moïse (sur lui la Paix !) a entendu la parole de Dieu sans voix et sans articulations, ainsi les bienheureux voient [dans la vie future] l’essence de Dieu sans substance et sans accident. Pour autant que ces attributs  conviennent à Dieu (exalté soit-Il !), on doit dire que Dieu est vivant, savant, puissant, doué de volonté, d’ouïe, de vue, de parole ; et cela, grâce à une vie, une puissance, une science, une volonté, des facultés d’entendre, de voir, de parler, et non seulement par Son essence... »
[8] C'est-à-dire, les noms correspondant à ces appellatifs divins, tels que "Puissance", "Volonté", "Vie", etc., sont appelés en arabe çifât ma'ânî et conçus comme zâ'ida alâl-dhât, c'est-à-dire comme des "intelligibles s'ajoutant à l'Essence…"
   Exemple : Image simple à notre portée. Nous disons : notre main est une partie de notre corps, mais elle est nullement tout notre corps. De même, on ne peut dire qu'elle n'en fasse pas partie. Et à Dieu le meilleur exemple !
[9] Il est Vivant (en arabe, hay), d'une vie ni acquise, ni précédée. Savant (en arabe, 'alim), d'une science ni produite, ni voilée, ni finie : Puissant (en arabe, qâdir), d'une puissance qui n'est pas limitée…
[10] Selon les Savants du Monothéisme : "Rien n'est à Sa ressemblance, alors qu'Il est l'Audient, le Voyant" (Coran XLII 11). Il n'a nul semblable et nul pendant (en arabe, nazhir), nul aide et nul auxiliaire, nul associé et nul ministre, nul pair et nul conseiller. Il n'est pas un corps, car Il serait touchable, ni une substance car Il serait perceptible, ni un accident, car Il serait transitoire, ni ayant de composition, car Il serait divisible, ni ayant d'organe, car Il serait représentable, ni ayant de complexion, car Il serait susceptible de modalités, ni ayant de quiddité imaginable, car Il serait définissable, ni ayant de nature spécifique (en arabe, tabî'a). Il n'est pas un astre, ni une ténèbre qui se manifeste, ni une lumière qui brille.
[11] Arabe : sifah, pl. sifât. Hébreu : les attributs divins appelées "séfirot bélimah". 2. Métaphysique et logique. Un attribut est une propriété essentielle et permanente d'une substance. En logique, l'attribut est un terme que l'on affirme ou que l'on nie d'un sujet.
[12] Existant par Son essence, sans dépendre d'un existentiateur qui Le fasse exister. Bien au contraire, tout existant autre que Lui dépend de Lui dans son existence, de sorte que le monde tout entier existe par Lui, tandis que Lui existe par Soi [Lui-même]. Il n'y a pas de début à Son existence et il n'y a pas de fin à Sa permanence (en arabe, baqâ). Il existe et Il continue à exister, absolu, et Il subsiste par Soi (en arabe, qâ'îm bi-nafsihi).
[13] Selon les Savants du Monothéisme : Dieu est éternel et préexistant (en arabe, qadîm azalî), sans commencement. Il n'y avait ni avant Lui ni avec Lui aucune chose (à l'inverse des prétentions des gens de l'Evangile), sous quelque mode ni quelque état que ce soit. Car si les choses avaient existé, elles auraient été, nécessairement, ou produites (en arabe, mouhdatha) ou éternelles (en réponse à ceux qui prétendent que le monde a toujours existé et qu'il existera toujours) ; or, si elles étaient produites elles auraient existé après n'avoir pas été, et elles n'auraient donc pas été "avec" Lui dans la préexistence (soit, éternité sans commencement, en arabe, azal), et si elles étaient éternelles (en arabe, qadîma), il n'est pas possible de les dire produites, puisque l'éternel est ce qui n'est pas produit par un autre, alors que leur contingence (en arabe, hadath) est constatée de nécessité et qu'est manifeste l'effet de l'œuvre divine (en arabe, san'a) et leur nature adventice (en arabe houdouth). La thèse de leur éternité est donc fausse, et ce qui est juste c'est leur contingence. Celui qui affirme l'éternité des existants (en arabe, modjoudât) doit logiquement et absolument en conclure que Dieu n'a rien créé et que les choses existaient par elles-mêmes, selon cette opinion, et ceci est l'absurdité même. Et celui qui considère les existants avec Lui, comme l'ombre avec le corps et la cause (en arabe, 'illa) avec l'effet (en arabe, ma'loûl), est dans l'erreur. Et ceci du fait même qu'il établit ainsi un égal à Dieu, car l'effet provient de la cause en vertu d'une nécessité dans la cause et cette nécessité provient de l'existence de l'effet, puisque la cause est contrainte à l'existence de l'effet et l'ombre existe à partir d'un corps, d'une existence nécessaire, inévitablement, alors que la Divinité n'est pas contrainte, car si Elle l'était, ce serait par un autre qu'Elle. Il ne reste donc plus qu'à affirmer pour Dieu le choix (en arabe, ikhtiyar) : quand Il veut et comme Il veut, librement, selon ce qui a préexisté dans Sa science et Sa volonté qui dispose selon un ordre, place en premier ou en dernier, sans existentiation ou avec existentiation (en arabe, idjad). Tel est l'Attribut de la Divinité. Ce qui n'est pas Elle est contraint. Les choses étaient un pur néant, et "Dieu était et rien (n'était) avec Lui (soit, selon une parole : "Dieu était et rien d'autre que Lui n'était)" dans Son unité et sans second dans sa Préexistence. Le "Il était" est Son attribution, l'être (faire, kawn) est Son action, le formatif (en arabe, moukawan) est Son effet. Il n'y a pas de commencement à Son "Il était", et Il est le principe de tout ce qui a un principe.   
[14] L’Imam Sénoussi nomme le contingent djaïz, par opposition à wâdjib, nécessaire, tandis que le houdouth, l’adventicité, s’oppose à qidam, l’éternité dans le passé. Autres : houdoûth : l'éphémérité ; opposé à qidam : préexistence, l'ancienneté.
   Philosophie : qui peut se produire ou non. Opposé à nécessaire. Contingence : du latin contingere, « arrive par hasard », sens ordinaire : possibilité qu’une chose arrive ou non. Logique : une des quatre modalités de la logique classique, avec la nécessité, la possibilité et l’impossibilité ; est contingente une proposition qui n’est ni vraie ni fausse, en tant qu’elle porte sur quelque chose qui peut-être aussi bien que ne pas être. Métaphysique : ce qui n’a pas en soi sa raison d’être ; en théologie, la « preuve par la contingence » part de la contingence du monde pour montrer qu’il faut remonter jusqu’à Dieu pour en trouver la cause ; pour l’existentialisme athée, la contingence du monde est radicale, au contraire, et place l’homme devant l’absurde. (V. Pratique de la philosophie de A à Z. Hatier.).
[15]  Produit. Philosophie : qui n’est pas inné, qui vient des sens.
[16] Il a créé le localisé et le lieu, et Il produit (en arabe, ancha'a) le temps. Il est l'Unique, le Rétributeur 
[17] mahal, essence.
[18] Biographie de Thomas d’Aquin : Comme l'avait affirmé Aristote, Dieu est une intelligence qui ne fait qu'un avec son objet, un bien absolu qui met l'Univers en mouvement en attirant tout à lui. Parce que Dieu est absolument simple, ses attributs ne se distinguent que par la raison.  
[19] à l’inverse des croyances des Tri Théistes.
[20] Parmi les grandes figures que l'Ecole ach'arite a produites au cours des temps, on doit nommer : Aboû Bakr Albâqillânî (ob. 403/1013) auteur du Livre Altamhîd qui est le premier essai de doter l'ach'arisme d'un vrai système doctrinal ; le fils (ibn) Foûrak (Aboû Bakr Mohammad fils de Hassan, ob. 400/1015) ; Aboû Ishaq Alisfarâ'nî (ob. 418/1037) ;  Aboû Ja'far Ahmad fils de Mohammad Alsemnâni (ob. 444/1052) ; Imam Alharamayn (Aldjouaynî, ob. 478/1085), dont l'ouvrage, le Livre Alirchâd, est considéré comme la forme achevée de l'ach'arisme ; le célèbre Ghazalî (ob. 505/1011) ; le fils de Toûmart (ob. Vers 524/1030) ; Sharastâni (ob. 548/1153) ; Fakhrouddîn Râzî (ob. 606/1210) ; 'Adod Aldîn Idjî (ob. Vers 756/1355) ; Djordjâni (ob. 816/1413) ; Sanoussî (ob. 895/1490). (V. H. Corbin. Histoire de la philosophie islamique.).

Point de divinité, de dieu que Dieu !
« Vulnerant omnes, ultima necat. »
Nous ne le dirons jamais assez.
Explicit totus liber.

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13/10/05 .

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