Étude sur la Kabbale 

les ouvrages bibliques

Introduction à la Kabbale


Au nom de DIEU,
Le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux !
Louange à Allah, Seigneur des mondes, Prière et Paix sur Ses messagers et Ses prophètes, et sur tous ceux qui suivent Sa guidée !
   

Le futur Israël

   La Réparation ou la Restauration.

   Isaïe Tishby d’expliquer encore : Sans le péché originel[1], le processus de restauration eût été accompli et achevé dès les premiers jours de la Création. Le péché eut pour conséquence le début d’un combat dur et prolongé, combat commun de la Divinité et de l’homme, en vue de la restitution et la libération intégrales des captifs des écorces.
   La vie de l’homme, dans le domaine religieux mais aussi dans les actes quotidiens, doit être consacrer à œuvrer pour cette restauration.
   Par la concentration spirituelle de la prière et la pratique des actes religieux, l’homme doit infléchir son âme vers la profondeur des écorces et libérer les étincelles du Divin et des âmes, à l’aide d’un surcroît de sainteté qui doit l’animer. Même par sa nourriture, par exemple, on peut ramener les étincelles à leur source, à l’aide d’une sélection à faire des aliments consommables, car les saintes étincelles sont disséminées et enfermées dans tout ce qui existe ici bas. Par l’ascension de ces étincelles, l’homme réalise, pas à pas, la fin des Temps.
   Lorsque cette ascension sera totale, l’Autre Côté se videra des étincelles, le pouvoir des forces du Mal s’effondrera et alors percera la lumière du Messie[2].

   Selon cette conception, l’avènement de la libération est un processus d’une progression établie et suivie. Cet événement ne viendra pas à l’improviste, comme un soudain bouleversement ou comme le résultat de l’apparition et de l’œuvre du roi Messie, mais il sera le signe de l’achèvement du processus ascensionnel des étincelles qui se prolonge dans l’enchaînement des siècles.
   L’homme préposé à cette tâche est un Juif et le peuple d’Israël est le délégué de la Divinité dans le monde. Cet élément est mis beaucoup plus en relief dans la Kabbale lourianique que chez les anciens Kabbalistes. Cette conception apporte un sens nouveau à l’exil des Juifs parmi les nations.

   Nous dirons : La « sainteté » fut maintes fois demandée et proposée aux Fils d’Israël. Mais l’ont-ils respectée ? Nullement. A la « sainteté » ne choisieront-ils pas la prostitution, la souillure ? Qu’on re-lise la Bible ! La lutte, nous dit Isaïe Tishby, entre la Sainteté et la Souillure a commencé avant la Création du monde. Le problème du mal est l’une de ces énigmes permanentes que l’homme cherche sans cesse à résoudre.

   Dans le Judaïsme deux traditions, dit-on, coexistent. D’une part, l’ensemble de la tradition juive ne présente pas l’existence comme une réparation permanente de la faute d’Adam et Eve. Elle met l’accent, nous dit-on encore, sur la responsabilité individuelle[3]. D’autre part, les rabbins du Talmud et de la cabale font une large place à un concept qui se rapproche du péché originel[4], sans cependant s’identifier à lui. Il s’agit de la souillure du serpent »[5] :
   Au moment où le serpent s’est uni à Eve,
   sa souillure il a projeté sur elle ;
   mais quand Israël
   se tint
[6] devant le mont Sinaï,
   alors la souillure s’arrêta
[7].

  Depuis, l’humanité est marquée par la souillure du serpent[8]. Seulement voilà, nous dit-on aussi : cette tache n’est pas indélébile. Ainsi, Israël s’en est lavé en acceptant la Torah au mont Sinaï. Cette tentation permanente a trouvé définitivement son antidote, au Sinaï, par la révélation de la Torah[9]. Au Sinaï, Israël a été « lavé de l’impureté de serpent »[10]. Selon l’enseignement des rabbins :
   « J’ai créé le mauvais penchant[11],
   j’ai créé la Torah comme antidote. » (Talmud, traité Kiddouchin, 30b).
   Toujours selon les rabbins :
   Le serpent, c’est le Satan, c’est
  le Mauvais Penchant, c’est l‘« Ange de la Mort
[12] ».

    Selon le Judaïsme, le serpent est d’abord Satan. De même, au sein de cette religion on ne croit pas réellement « au diable et au bon Dieu ». Il n’y a pas de diable[13]. Le mot Satan signifiant obstacle. Dans les Midrachim, comme dans le livre de Job, Satan est présenté, nous dit-on, comme faisant partie intégrante de la cour divine et qu’il siège au tribunal céleste[14]. Il doit même, ajoute-t-on, demander des autorisations à Dieu[15] et lui rendre compte de ses agissements[16]. Il discute avec Dieu[17] qui lui permet d’aller tenter Job[18], à l’intérieur de certaines limites. Il défend même ses droits[19], et dans l’esprit de très nombreux rabbins, il a raison de défendre ses droits devant Dieu puisque les hommes lui donnent raison malheureusement[20].
   Le Judaïsme voit dans le Satan l’accusateur, quant au terme « tentateur »[21], ce thème est plutôt propre au gens de l’Evangile. Le Satan maudit ne tente pas l’homme : il le met à l’épreuve[22]. Le serpent ne peut-être pas, dit-on, irrémédiablement mauvais ; il est le principe du mal créé par Dieu.
   Deuxième définition que proposent les rabbins : « le serpent, c’est le Mauvais Penchant »[23]. Il n’est plus extérieur à l’homme : il incarne la tendance au mal[24] que nous portons en nous[25]. Et parce que le mal conduit à la mort, le serpent symbolise naturellement l’« Ange de la Mort », ou en termes mystiques, l’Ange de « l’autre côté » de la vie, nécessaire, opposé, contradictoire, mais complémentaire de l’autre principe de la vie...

   Selon Isaïe Tishby : « La tendance pessimiste est exprimée par la doctrine dualiste du gnosticisme, qui a puisé dans les croyances de l’ancienne Perse. Les gnostiques ont vu dans le mal une puissance destructive réelle, qui s’oppose à la bonté et à la volonté du dieu bon suprême. Aussi sont-ils parvenus, dans leur majorité, à la conclusion suivante : la Création est composée de deux autorités particulières qui se combattent mutuellement. Ce monde-ci où domine le mal est le royaume du dieu du mal, le Démiurge, créateur et gouverneur du monde.
   L’esprit ou l’âme humaine, la pneuma, est une étincelle du dieu supérieur et bon. L’homme doit libérer cette âme sainte asservie dans cette vie, avec l’aide du dieu bon, au dieu du mal et la rendre à son origine supérieure.
   Le gnosticisme cherche à résoudre le problème du mal à l’aide d’une conception dualiste, qui creuse un abîme entre le bien et le mal et place ce dernier en dehors du domaine du dieu bon.
   La position monothéiste du judaïsme traditionnel, ainsi qu’elle s’est concrétisée dans la Bible et dans le Talmud, est nettement opposée à la doctrine dualiste gnostique.
   Le monothéisme s’oppose également à la théorie néo-platonicienne, qui explique l’existence du mal et son développement, par son influence sur le monde et sur la vie humaine.

   A travers les enseignements du judaïsme, on découvre une solution intermédiaire au problème du mal : Dieu a volontairement installé le mal qui lui sert d’instrument dans le gouvernement du monde[26], c’est-à-dire que le mal est là comme un moyen pour atteindre le bien. Ce monde-ci est bon, il est l’œuvre du Dieu Unique et bon. Le mal est là pour l’homme qui est le but de la Création[27]. Le bien et le mal sont là, livrés au libre choix de l’homme qui a la liberté de pencher d’un côté ou de l’autre ; si l’homme se laisse tenter par le mal, il est puni par le pouvoir du mal que Dieu met en œuvre[28].
   L’instinct du mal qui séduit l’homme et le fait succomber[29], le Satan accusateur, les anges destructeurs qui châtient et donnent la mort, sont tous des créatures de Dieu et agissent sur ses ordres.
   Cette conception reconnaît l’existence du mal, mais lui dénie toute indépendance en l’assujetissant à la volonté et à la puissance infinie de Dieu… (Op. cit.).

   Conclusion : Cette conception toranique est une conception boîteuse. En effet, comme le monde dualiste et biblique ne reconnaissent pas la Prédestination du bien et du mal, à chacun ensuite d’expliquer ce qu’il comprend par bien et mal. Dans la théorie du monde de la Synagogue, on remarque que deux choses sont absentes : l’âme avec sa nourritue la passion et le Démon. Preuve qu’ils ne connaissent ni l’un ni l’autre, et qu’ils n’ont jamais tenue compte des avertissements de leur divin Créateur, des Prophètes (sur eux la Paix !). Secundo : la libération de l’homme viendra par la restitution du vrai Monothéisme. Par l’établissement de la vraie religion. Par l’abondon de toute adoration sauf celle du divin Créateur. Troisièmement : Ceci s’est fait au VIIème siècle en la présence du Sceau de la Prophètie, le messiya ou le Prophète attendu par toutes les nations : le Prophète Mohammad (sur lui Prière et Paix !). Mais le monde toranique se gardera bien de le reconnaître. Quatrièmement : l’homme préposé à cette tâche : la Restauration de Sa Religion, est un Fils d’Ismaël et non un Fils d’Israël, un homme de confession juive. Et le peuple délégué par la Divinité pour transmettre le message du divin Créateur est le peuple de la Délaissée : Agar, les Fils d’Ismaël. Qu’on en juge :
   "O prophète ! Nous t'avons, certes, envoyé comme témoin,
   annonciateur, avertisseur et gardien pour les illettrés.
   Tu es Mon esclave et Mon messager. Je t'ai appelé le résignant (à la volonté divine, ou celui qui place son entière confiance en Dieu. Comparer : Bible. Héb. 10:7 ; Ps. 40:7, (G) 9).
   Il n'est ni inhumain ni rude, ni criard sur les marchés.
   Il ne rend pas un mal par un mal, mais remplace la mauvaise (action) par une bonne,
   Il fait grâce et pardonne.
   Et Je ne saisirai pas tant que J'aurai pas établi par lui, la Diction tortueuse."
   ou selon une autre variante :
   "et Dieu ne le saisira pas à Lui tant que la Diction tortueuse ne sera pas rendue droite."
   ou : "et Je ne le ferai pas mourir, tant que Je n'aurai pas établi (ou qu'on établira),
   par lui, la Diction[30] tortueuse..."  


[1] Dogme propre au monde biblique. Selon Elie Munk : « ...la sentence de mort proclamée pour le péché originel et annoncée à Adam, sera commuée en celle de l’expatriation du paradis et de l’exil. Les sages d’Israël se sont inspirés de cet exemple de clémence et ils ont pratiquement aboli la peine de mort en lui substituant les peines de réclusion, d’internement dans les « villes refuge » ou des châtiments d’un autre ordre. Ils ont, de même, atténué la règle de la peine proportionnée au délit, proclamée par la loi du talion, en ne faisant appliquer la réparation du préjudice causé que sous forme de dommages-intérêts. (Gen. 2:4).
   De même : Après cela, Abraham ensevelit Sarah (Gen. 23:19) : C’est-à-dire explique le Zohar, après avoir apaisé les craintes du premier couple qui reposait dans le caveau, Adam et Eve. L’arrivée de la dépouille mortelle d’une femme juste et sainte, comme l’était Sarah, éveilla en eux la crainte de raviver devant le tribunal céleste le souvenir de leur péché, en suscitant des comparaisons qui devaient leur être défavorables. « Aussi ne voulurent-ils pas laisser entrer Sarah. Mais Abraham leur promit de prier pour eux. Après cela, il ensevelit sa femme Sarah... » (...) Abraham et Sarah furent, en effet, les premiers êtres humains qui entreprirent de réparer les conséquences tragiques du péché originel. Grâce à eux, les âmes du premier couple purent trouver leur repos dans l’au-delà. Leur vie sur terre fut la meilleure prière pour le salut de leur âme et lorsque le corps de Sarah pénétra dans le caveau de Makhpêlah, ce fut, pour Eve, comme un « second ensevelissement » qui lui permit de trouver enfin sa véritable paix pour l’âme. (Op. cit.).
[2] Sondage : 49,9% d’Israéliens ne croient pas à la venue du Messie. C’est en tout cas le résultat d’un sondage rendu public au début de l’été en Israël (V. Revue : Actualités des Religions. 19/09/2000. N°19).
[3] La secte des « Séparés », chez nous, concluaient, eux aussi, à la liberté de choix et la responsabilité humaines.
[4] Le Judaïsme, nous dit-on, ne croit pas au péché originel, mais a élaboré une conception qui s’en approcha : « la souillure originelle ». Façon subtile pour se démarquer du Christianisme.
[5] Selon le Zohar, le serpent est devenu « la colonne vertébrale » de l’homme, après la faute. Il s’est raidi et il a constitué désormais la charpente humaine. Dans le Talmud et dans le Zohar, on nous aussi dit qu’on ne rencontre que l’idée de zouhanat hana’hach, de « l’impureté du serpent », pas l’idée de « faute originelle ».
   Ce qui s’est passé pendant tant d’années, depuis Adam à nos jours, c’est cette sussuration permanente pour l’homme de céder au serpent et à sa tentation. Par sa voix, il appelle l’homme. Mais le Diable ne leur fait de promesses qu’en tromperie (Coran XVII 63-65).
   Les gens de la Thora défendent l’idée de « l’impureté du serpent ». Quant aux gens de l’Evangile, ils défendent plutôt l’idée de la « faute originelle ». Tout ceci parce que la plupart d’entre eux ne croient pas comme leurs frères du monde toranique : 1°) en la Prédestination, 2°) en la prophétie d’Adam, 3°) en la prophétie du Messie, sa naissance miraculeuse. Au voeu de son aïeule, et tout ce qui a été dit également sur sa mère (Coran III 36).
[6] Dans la Bible, nous lisons : « et ils s’arrêtèrent au bas de la montagne. » Selon Rachi : suivant le sens littéral : au pied de la montagne. Mais le Midrach explique que la montagne a été arrachée de sa base et s’est incurvée au-dessus d’eux comme ferait une coupole. Et Dieu dit : Si Israël accepte la Tora, c’est bien. Si non, Je ramène le monde à son tohu-bohu. Nous lisons donc dans « la Voix de la Thora » : L’opposition d’Israël face aux nations est fondamentale et générale. Son expression la plus claire est contenue dans ce verset : « Ce n’est pas ainsi » que t’a fait l’Eternel.
   L’état d’esprit d’Israël formé par sa Loi religieuse, est la base de cette opposition. Aussi comprend-on ce que dit le Zohar à ce propos : « Quand tu sortis de Séir, quand tu t’avanças dans la région d’Edom, la terre trembla, les cieux se fendirent, les nuages se fondirent en eaux ». Cette sentence du Cantique de Debora (Juges V,4) est rapportée au refus des habitants de Séir et Edom d’accepter la Thora que Dieu leur avait offerte, avant de l’offrir aux Enfants d’Israël. Or Dieu avait promis que, si les nations ne l’acceptaient pas, le monde entier allait retourner à son état de néant. Aussi la terre trembla-t-elle et les nuages fondirent-ils en eaux. Mais en dernier lieu Israël accepta la Loi, et l’Eternel a du haut du Ciel fit entendre la sentence ; la terre qui s’était effrayée se calma aussitôt » (Ps LXXVI,9) (Op. cit. V. Deut. p. 175-176).
   Le Zohar se trompe lourdement. En effet, tous ces événements se sont passés uniquement pour les Fils d’Israël (V. Bible. Ex. 19.17), et non pour d’autres peuples de la région. Le Midrach explique d’ailleurs que la montagne a été arrachée de sa base et s’est incurvée au-dessus d’eux comme ferai une coupole. Et Dieu a dit : Si Israël accepte la Tora, c’est bien. Sinon, Je ramène le monde à son tohu-bohu. Ou selon une autre variante : (cité d’après Sabb. 88a) : l’Eternel retourna la montagne sur eux comme un baquet (ils étaient ainsi « placés sous la montagne ») et il leur dit : Si vous voulez accepter la Thora, c’est bien, sinon ce sera votre tombe ici.
   Tout ceci correspond à la parole coranique : Coran VII 171.
[7] La « souillure » du serpent ou du Diable banni, c’est avant tout son refus de se prosterner devant son Seigneur et sa créature, Adam (sur lui la Paix !). Leur « souillure » aux Fils d’Israël s’arrêta lorsqu’ils comprirent qu’ils n’y avaient pour eux aucun échappatoire. Au-dessus d’eux se trouvait la Montagne, devant eux, nous disent les commentateurs, le feu, et derrière eux la mer. Lorsqu’ils virent ceci et entendirent la voix de Mochè (sur lui la Paix !) ; ils se prosternèrent sur un côté de leurs faces, regardant de l’autre la Montagne... On dira que cela sera ensuite une tradition chez les juifs de se prosterner ainsi. C’est alors qu’ils dirent : Nous avons entendu et nous avons obéi. (V. Ibn Athîr. L’Intact dans l’Histoire).
   Cette prosternation les sauvera. Quant à Satan (que Dieu le maudisse !), le refus de se prosterner devant son Seigneur et ce qu’il venait de créer, le perdra à jamais (Coran II 34 ; VII 11-12 ; XV 31 ; XVII 61 ; XXXVII 75, etc.). On remarquera que dans la Thora aucune mention d’une prosternation des anges n’est faite. Pourquoi ? Seul Paul semble en faire mention : Que tous les anges de Dieu l’adorent ! (Bible. Héb. 1 6.). Les rabbis auraient dû nous parler de cette prosternation, et non d’autre chose. De même, les gens de l’Evangile. Car la prosternation pour Dieu et devant Lui est un signe d’humilité et de soumission totale. Dans le cas contraire, n’est-ce pas un signe d’orgueil et de prétention ? Et ne vaut-il pas mieux de se prosterner pour nous en ce monde que dans l’Au-delà ? Car au Jour des Comptes « ils seront appelés à la Prosternation mais ne le pourront pas. » (Coran LXVIII 42).
[8] Pour le monde de la Philosophe également, quand l’âme est sans contact avec le corps, elle parvient au vrai : « Quand donc, reprit Socrate, l’âme atteint-elle la vérité ? Quand elle entreprend de faire quelque recherche de concert avec le corps, nous voyons qu’il l’enduit en erreur. » (Platon, Phédon, in Platon, Œuvres complètes , p.123, Garnier.). Pour Paul, la « chair », nous dira-t-on, c’est la nature humaine dégradée et viciée par le péché, infectée par les passions inférieures, soumise à l’influence du mal, hostile à l’action de l’esprit et étrangère à la vie divine (ainsi dans Bible. V. Romains 7 et 8 ; Galates 5). Dans cette dernière acceptation, la « chair » peut être purifiée, sanctifiée et glorifiée : c’est l’œuvre de l’esprit et de la grâce. Notons encore que le dénommé Paul fera d’Ichoua, le fils de Marie une divinité : dieu le fils, deuxième personne de la trinité par l’intermédiaire de « l’esprit » (V. Coran V 73). Avec Paul, le Sabéisme déteindra-t-il sur lui et sur ses suivants ? Sans aucun doute. Le thème de la "Nature Parfaite" attribué à Socrate, cette vision qu'Hermès eut, dit-on, de sa Nature parfaite, n’avait qu’à revivre...
[9] Dans la Bible (Ex. 23 6) : Ils se dépouillèrent de leur parure. Selon Rachi : « La parure qu’ils avaient depuis le mont Horeb ». R. Simon ben Yohaï note dans le Zohar que la Révélation au mont Horeb avait transporté les enfants d’Israël à un niveau très élevé de moralité et de sainteté. Ils dominaient le mal dans cet état, à l’instar du premier couple au Paradis avant la consommation du péché originel. La Thora devait les immuniser contre « le venin du serpent », c’est-à-dire contre la tentation du mal et contre le poison qui porte la mort. « La parure qu’ils avaient depuis le mont Horeb » n’était en réalité autre chose que cette « armure morale » dont ils avaient été ceints lors de la Révélation. Ils auraient pu rester dans cet état idéal de pureté, rappelant la perfection du Paradis, sans la déchéance provoquée par le péché du veau d’or. Mais cet égarement moral et spirituel leur fit perdre le degré de sainteté auquel ils avaient accédé au mont Horeb et ils durent renoncer au privilège de ces « parures » qui leur garantissaient l’invulnérabilité au point de vue moral et même, par voie de conséquence, au point de vie physique...
   Nous dirons : Le poison qui porte la mort, c’est l’Associationnisme. Si les Fils d’Israël ne purent rester dans cet état idéal de pureté, c’est uniquement à cause de la parole du prophète Mochè (sur lui la Paix !) : « Non !... Est avec moi mon Seigneur... » (Coran XXVI 62).
   Selon nos pieux Savants : Dans cette parole, une indélicatesse fut commise. Il aurait fallu dire : Mon Seigneur est avec moi ! Mais tel n’a pas été le cas. A cause de ce décret divin, les Fils d’Israël tomberont donc dans le péché de l’Associationnisme. De même, plus tard ceux de l’Evangile. Ceux, par contre, qui dominèrent le mal dans cet état idéal de pureté furent uniquement les gens de la Communauté de Mohammad (sur lui Prière et Paix !). C’est en effet sa parole qui les immusera : Dieu est avec nous. (Coran IX 40). Cette parole prophétique immusera à jamais sa Communauté... 
[10] En hébreu, zouhanat hana’hach.  
[11] une des figures du serpent. Selon Aboû Horairah : "L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue !) me prit par la main et me dit : "Dieu a créé la terre un samedi ; et de la terre Il a créé les montagnes un dimanche ; Il a créé les arbres le lundi puis Il a créé ce qui est pénible |makrouh, le blâmable, juridiquement déconseillé] le mardi ; Il a créé la lumière le mercredi ; Il a désséminé [sur terre] les espèces animales le jeudi ; et Il a créé Adam (sur lui Prière et Paix !) en fin d'après midi [après açr] le vendredi." (V. “Les Jardin de la Piété” Nawawî. Edit. Alif éditions).
[12] Selon Jacob ben Isaac, l’Ange de la mort a causé beaucoup de mal au peuple d’Israël. On peut même l’amadouer, l’aveugler et le corrompre ! Qu’on en juge : Le Midrach dit qu’on donnait l’animal à Samaël, l’ange de la mort, afin de l’amadouer. C’est en effet un ange terrible qui causait beaucoup de mal au peuple d’Israël. A Yom Kippour, on lui offrait un sacrifice afin qu’il se taise et ne colporte pas de mensonges sur les Juifs. Durant cette fête, l’ange de la mort vit que le peuple juif regrettait ses péchés et se repentait ; il alla voir le Saint, béni soit-Il, pour lui dire : « Tu as vraiment un peuple parfait sur terre : les anges marchent pieds nus, exactement comme le font les Juifs à Yom Kippour ; les anges ne mangent ni ne boivent, exactement comme les Juifs à Yom Kippour ; les anges ne possèdent aucune articulation aux genoux, et ils se tiennent continuellement debout. A Yom Kippour, Israël se tient également toute une journée sur ses jambes sans s’asseoir. La paix règne entre les anges tout comme entre les Juifs à Yom Kippour. Les anges ne commettent aucun péché ; or, ce jour-là, Israël se tient également toute une journée sur ses jambes sans s’asseoir. La paix règne entre les anges tout comme entre les Juifs à Yom Kippour. Les anges ne comment aucun péché ; or, ce jour-là, Israël est lavé de toute faute. » Quand Dieu entendit les paroles de Samaël qui parlait si bien de son peuple, il pardonna tous les péchés des Juifs. On le nomme l’ange Samaël car il est comme un poison mortel (sam hamavet) pour les gens : il les fait tous mourir. On arrive à l’aveugler et à le corrompre en lui offrant des dons, comme l’explique le verset suivant : Tu n’accepteras pas de gratification car la gratification aveugle les clairvoyants et pervertit les paroles des justes. (Lév. 23:8). (Op. cit.).
   Ce genre de récit ressemble étrangement à ceux qu’on retrouve dans la mythologie égypto-gréco-romaine. Ce qui signifie en clair qu’on ne peut lui accorder aucune sorte de crédibilité. Les anges sont, en effet, des êtres créés à partir de la lumière, lesquels ne connaissent pas, pour l’Islam traditionnel, ce qu’est réellement la désobéissance divine. Ils sont impeccables et infaillibles. Par contre, l’inimitié et la haine farouches des gens de la Thora vis à vis des anges sont choses connues. Cela a d’ailleurs été mentionné dans le Coran : II 98, et commentaires.
[13] Ce que l’Islam traditionnel réfute.
[14] Avant qu’il soit banni, sans doute. Après son bannissement, nullement, le Seigneur des mondes l’exclura à jamais de Sa présence, du Seuil divin (Coran VI 13-18).
[15] Nullement. Ceci est du domaine angélique, non celui du diable banni.
[16]au Jour des Comptes seulement.
[17]selon la Bible. Banni, il ne le peut plus.
[18] ou le prophète Ayoub (sur lui la Paix !).
[19] Le Seigneur lui dit : "Voici quel chemin droit Je M'impose : Mes esclaves, tu n'auras aucune autorité sur eux, sauf des errants qui t'obéira, et la Géhenne sera certainement leur rendez-vous à tous : elle a sept portes ; à chaque porte, partie d'entre-eux sera répartie." (Coran XV 39-44).
[20] son droit a été strictement délimité, par son Créateur, le jour même de son bannissement (Coran VII 16-18).
[21] Le diable banni essaye sans cesse de tenter subtilement les dévôts, les gens pieux, anachorètes : c'est sa dissimulation. Aux croyants de veiller et de discerner ce qui vient de l'ange, ou du démon (Coran VII 200 ; XXXIX 39 48). C'est un devoir personnel pour chacun d'éviter les embûches du diable.
  On ne peut se sauver des tentatives qu'en fermant les portes d'accès de celles-ci, à savoir les cinq sens, les passions, les liens de ce monde. Qu'on se retire dans la solitude, qu'on renonce à l'argent et à la famille, qu'on se tourne vers Dieu seul ; c'est un effort qui dure toute l'existence. Car les voies d'accès du diable, colère, passions, jalousie, etc., sont toujours ouvertes et il faut être sans cesse en alerte. Les personnes qui craignent Dieu, réussissent à clore les portes, extérieures, mais il y a des portes cachées dans l'obscurité qu'on ne connaît pas. Le diable ne dort jamais… (V. Ghazali. Ihyah.).
[22] Rappelons cette prière du Messie (sur lui la Paix !) à son Seigneur : "Seigneur, montre-moi l'endroit qu'occupe Satan dans un homme !" Ce qui lui fut montré, et voici qu'il vit une tête semblable à une tête de serpent posée sur le fruit du cœur ; elle se retirait, quand le nom de Dieu était mentionné, et dès qu'il n'était plus mentionné, elle susurrait la tentation en parlant au cœur. (Ghazali. Ihya, II, etc.).
   Le Messie a dit : Satan est dans l'amour de ce monde ; sa ruse est dans la fortune, sa séduction dans les penchants, et son plein triomphe au moment des passions. (Aboû Naïm, Hilyat, V).
   Le Messie a dit : "Veillez à votre regard, car il sème dans le cœur la concupiscence, laquelle engendre, à elle seule, le mal. (Ghazali, Ihyah, IV, etc.).
   De même : Bienheureux l'œil qui se referme pour s'endormir sans l'ombre d'une désobéissance, et qui se rouvre le matin sans se porter au mal. (Ghazali, Ihyah, III, etc.).
[23] On a dit concernant l'âme : a) c'est la nature charnelle et coléreuse de l'homme ; b) c'est un élément subtil.
   L'âme a des propriétés et états divers. Si son inquiétude a disparu du fait de sa résistance aux passions, on dit qu'elle est au repos (mout'ma'inna) (Coran LXXXIX 27). Si elle n'est pas complètement au repos, mais cependant s'oppose aux passions, elle est l'âme blâmante (lawwâma) (Coran LXXV 2), mais, si elle renonce à cette opposition et obéit aux passions comme au diable, elle commande le mal (ammâra bissoû) ; (Coran XII 53) : on revient alors sans doute au premier sens qui est celui d'une chose mauvaise.
[24] Pour le monde de la Philosophe également, quand l’âme est sans contact avec le corps, elle parvient au vrai : « Quand donc, reprit Socrate, l’âme atteint-elle la vérité ? Quand elle entreprend de faire quelque recherche de concert avec le corps, nous voyons qu’il l’enduit en erreur. » (Platon, Phédon, in Platon, Œuvres complètes , p.123, Garnier.). Pour Paul, la « chair », nous dira-t-on, c’est la nature humaine dégradée et viciée par le péché, infectée par les passions inférieures, soumise à l’influence du mal, hostile à l’action de l’esprit et étrangère à la vie divine (ainsi dans Bible. V. Romains 7 et 8 ; Galates 5). Dans cette dernière acceptation, la « chair » peut être purifiée, sanctifiée et glorifiée : c’est l’œuvre de l’esprit et de la grâce. Notons encore que le dénommé Paul n’est pas pour nous une référence. Avec Paul, le Sabéisme ne déteindra-t-il pas sur lui et sur ses suivants ? Sans aucun doute. Le thème de la "Nature Parfaite" attribué à Socrate, cette vision qu'Hermès eut, dit-on, de sa Nature parfaite, allait-elle revivre ?
[25] Le coeur, réceptable de la foi comme de l’aversion. Il est, pour les hommes religieux, le centre de l’homme. Pour les scientifiques et les philosophes et autres, c’est plutôt le cerveau, la raison (ou l’intellect). Qui possédera le cœur : l'esprit ou l'âme ? Les cœurs se divisent en quatre catégories : a) ceux qui aiment Dieu seul et ne trouvent le plaisir qu'en Le connaissant toujours mieux ; b) ceux qui Le connaissent pas et n'éprouvent plus de plaisir à Le connaître ; c) ceux qui éprouvent plus de plaisir à le connaître qu'à s'adonner aux joies de ce monde, mais s'y laissent entraîner ; d) ceux qui préfèrent les plaisirs de ce monde, mais qui sont attirés parfois, vers la connaissance de Dieu. Les catégories a) et c) sont de plus en plus rares ; c'est le contraire à l'époque des Prophètes. Elles diminueront au fur et à mesure qu'on s'approchera du Jugement Dernier, et c'est obligatoire, car elles caractérisent les gens de l'Au-delà. Ceux qui refusent à tirer les leçons à partir de ce bas-monde en vue de réfléchir à l'Au-delà, sont les réprouvés. D'autres, au contraire, y trouvent plaisir. V. Coran LIX 2, etc. On comprend, ce qu'est l'Enfer, tantôt, par la science, celle d'ici-bas, tantôt par l'œil de la certitude, c'est celui de l'Au-delà. (V. Coran CII 1-7, etc.). (V. Ghazali, Ihyah).
[26] Que le Seigneur des mondes nous protège d’une telle impiété ! Non, Il ne commande ni la turpitude ni le blâmable à Ses créatures.
[27] Nullement.
[28] Nous savons tous que le créateur du bien et du mal, c’est le divin Créateur. Toutefois, par politesse, on dira, et si un mal nous atteint, cela vient de nous. Tout en croyant au fond de nous-même qu’il n’a qu’un seul créateur.
[29] La nourriture de l’âme c’est la passion. Et c’est cette dernière qui peut le perdre. Ajouter à cela le Démon qui veille et qui rôde pour vous faire chûter et tomber dans le Feu infernal... Oui, la pire des choses pour un individu, n’est-ce pas de suivre sa passion ? Ses instints bestiaux ? Ceci, bon nombre de gens de la Bible semble l’ignorer.
[30] C’est l’ange Gabriel qui dicte tout aux prophètes et messagers, dont Son sceau. La Religion tortueuse sera alors rendue droite. Rétablie dans ses droits. Cause de cette dégradation : l’homme. En l’occurrence, pour les Écritures anciennes : les gens du monde biblique.


Point de divinité, de dieu que Dieu !
« Vulnerant omnes, ultima necat. »
Nous ne le dirons jamais assez.
Explicit totus liber.

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22/07/07 .

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