Étude sur la Kabbale 

les ouvrages bibliques

Introduction à la Kabbale


Au nom de DIEU,
Le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux !
Louange à Allah, Seigneur des mondes, Prière et Paix sur Ses messagers et Ses prophètes, et sur tous ceux qui suivent Sa guidée !

P

oint de divinité[1] excepté Allah[2] le Très Haut. Que les meilleures salutations[3] soient sur les prophètes et messagers divins dont le Sceau de la Prophétie[4].

  Le futur Israël

     Ils ont dit :
   Elie Munk dans son commentaire sur la Torah, maintient « la notion de la mission historique d’Israël jusqu’à la fin des temps ». Qu’on en juge :  

   « Souviens-toi des jours d’antan. » C’est l’invitation faite aux enfants d’Israël de méditer l’histoire et ses leçons.
   « La philosophie de l’histoire est une oeuvre juive, et en un sens la dernière transformation de l’esprit prophétique ». Cette pensée a été exprimée par Ernest Renan. Elle met en relief un des apports les plus précieux par lequel le monothéisme a su enrichir la civilisation humaine.

   Le monothéisme implique[5], en effet, une conception universelle de l’humanité et considère l’ensemble des événements et des actes des hommes sur terre comme une unité. Il donne ainsi un sens à l’histoire et demeure fidèle à l’idée d’une histoire universelle, composée des multiples histoires particulières des peuples, mais qui maintient à jour le jugement de l’humanité par la Providence. Il détient la clef de l’histoire. Sans le monothéisme, au but messianique, l’histoire n’a pas de sens. En effet, une histoire universelle sans but final serait semblable à un navire qui vogue à l’aventure, donc un non-sens.

   Et d’écorcher au passage le monde de l’Évangile : Sans doute, le christianisme est-il également une religion à base historique, mais son histoire a été mythifiée à sa source par le génie grec. Là où le mythe, ce « parasite de l’histoire », s’introduit, il ne peut exister une saine philosophie de l’histoire. Le peuple d’Israël a compris la notion de l’histoire longtemps avant « les légendes helléniques », et, dès les premières pages de la Bible, l’histoire des débuts de l’humanité, et non seulement des annales ou des chroniques, sont largement décrits. Dans la perspective biblique, l’histoire comprend une finalité, elle a un sens cohérent et constitue la réalisation du plan providentiel. Son caractère théologique, axé sur la fin messianique, exclut toute conception vaguement pragmatique. Cette orientation implique une éducation progressive du genre humain. Le rapport de la fin et des moyens exige que l’histoire se déroule conformément, à une logique intrinsèque. Aussi a-t-on pu dire : Die Weltgeschichte ist das Welgericht, l’histoire universelle est l’histoire de la justice immanente. La vie des nations, comme celle des individus, est déterminée par leur attitude vis-à-vis de la justice et du droit. C’est elle qui détermine la morale de l’histoire. Dans ce cadre universel, exposé dans l’Ecriture, l’histoire du peuple juif est présentée comme étant fonction de son degré de fidélité à l’Alliance conclue avec Dieu. Mais sa vocation particulière a trouvé son expression classique par la bouche du prophète Isaïe (LI et LIII)[6] ; Israël est le serviteur du Seigneur, envoyé pour le salut des peuples jusqu’à la fin des jours. Nous voyons se former ici la notion de la mission historique d’Israël, qui occupera une si grande place dans la vie du peuple comme dans les oeuvres des historiens juifs. Cette conception est celle qui forme la conscience historique du peuple juif jusqu’à l’aube des temps modernes. (La Voix de la Thora. pp. 344-5).

     Alfred Nossig, un des chefs du judaïsme, dans « Integral Judentum » de déclarer :
   « La communauté juive est plus qu’un peuple au sens moderne politique du mot. Elle est la dépositaire d’une mission historiquement mondiale, je dirais même cosmique, que lui ont confiée ses fondateurs, Noé et Abraham, Jacob et Moïse... La conception primordiale de nos ancêtres a été de fonder, non une tribu, mais un ordre mondial destiné à guider l’humanité dans son développement... Voilà le vrai, l’unique sens du choix des Hébreux en tant que peuple élu... Gesta naturae per Judeos..., voilà la formule de notre histoire... Ordre spirituel destiné à guider le développement de l’humanité... » « Le socialisme et le mosaïsme ne sont nullement des programmes qui s’opposent. Entre les idées fondamentales des deux doctrines il y a, au contraire, une concordance frappante... Le mosaïsme est le socialisme dégagé des utopies et de la terreur du communisme, ainsi que de l’ascèse chrétienne.
   Le mouvement socialiste moderne est pour sa plus grande partie une oeuvre des Juifs. Ce furent les Juifs qui y imprimèrent la marque de leur pensée.
   Le socialisme mondial actuel forme le premier stade de l’accomplissement du mosaïsme, le début de la réalisation de la condition future du monde annoncée par nos prophètes ». (Cit. in Henri Le Caron, « Le plan de domination mondiale de la Contre-Église », éd. Fideliter, Escurolles, 1985, p. 66.).

   Ce qui faut savoir pour bien comprendre l’esprit cabbaliste :

   Quelle fut la cause de la brisure des vases ?

   Les écrits de Ha’aRi donnent différentes explications, mais il nous semble, dit Isaïe Tishby, que la plus importante est celle qui expose la raison principale. A l’intérieur des vases qui grossissaient, se trouvait la « racine de la justice » jaillit de la frontière de l’EIN SoF[7]. Le mal de cette racine grossit à son tour, se cristallisa de plus en plus, au point qu’à la fin de ce processus, sa force destructive put briser et démolir les vases. La racine du Mal se dissocia alors entièrement du domaine du Divin et atteignit une puissance autonome, c’est l’Autre Côté.
   En devenant si puissant, il entraîna les débris des vases ainsi que les étincelles saintes de la lumière Divine, étincelles livrées désormais à la captivité dans des écorces. Tel est le deuxième exil, appelé dans la Kabbale lourianique l’exil de la CHeKHiNaH[8] (de la Présence). L’aspect de l’Etre se transforma complètement à la suite de la brisure et de ses conséquences.

   Deux projets hostiles se sont dressés l’un contre l’autre :
   D’une part, SiTRa AHRa, l’Autre Côté, tenait à capturer les étincelles, s’efforçait à augmenter son pouvoir et à affaiblir le Divin en happant le supplément des lumières ; d’autre part, le Divin aspirait à reconstituer les tessons de la brisure, à libérer les étincelles et à ruiner le règne des écorces.

   Moyen de restauration.

   Isaïe Tishby d’expliquer : Le moyen de cette restauration consistait à s’installer dans le centre de la vie de la Divinité et, pour trouver une aide à cette tâche, l’homme fut créé, doté d’une âme divine.

   Commentaires. A entendre le monde cabbaliste, le Dualisme est de rigueur. De plus, dans ce combat, le divin Créateur semble avoir un pouvoir bien limité ! ? Et pour s’épauler, Il a-t-Il (aurait-Il) besoin d’un Second ? Lequel possèderait, lui aussi, une âme divine ! ? Comment admettre que le monde toranique croit en de telles paroles ? N’est-ce pas blasphématoire ?

   Isaïe Tishby de continuer : L’homme toutefois, ne résista pas à l’épreuve et succomba au péché original. Sa faute augmenta le nombre des débris et au lieu d’élever les étincelles captives, il provoqua la chute des étincelles en réserve. L’âme du premier homme[9] qui comprenait les âmes de tout le genre humain jusqu’à la fin des siècles, s’ébrécha et se brisa en morceaux, les étincelles des âmes saintes giclèrent et tombèrent à l’intérieur des écorces. C’est là le troisième exil : l’exil des âmes.

   Pour nous, nous pourrions résumer ces propos ainsi : 1°) L’engagement pris avec Adam, 2°) Sa prédestination. Pour lui et de sa descendance jusqu’au Jour de la fin des temps. Soit :

   Attestation de l’Unicité divine, engagement. Sa’îd fils de Djoubayr rapporte que le fils d’Abbas a dit : « Lorsque Dieu créa Adam (sur lui Prière et Paix !) Il prit son engagement, puis passa la Main (masaha) sur son dos et en tira ses descendants de la taille de minuscules fourmis. Il inscrivit leur terme, ce dont ils allaient être pourvus [en ce monde] et ce qui allait les frapper, et Il les fit témoigner sur eux-mêmes : « Ne suis-Je pas votre Seigneur ? (Coran VII 172) » et ils répondirent :  "Que si ! " ».

   Prédestination : « Dieu a établi Sa prédestination le Jour des décrets, cinquante mille ans avant la création des cieux et de la terre... Les créatures ont été créées dans la ténèbre (zoulm), puis, Il a projeté Sa lumière sur qui Il a voulu. Selon Sa décision, les uns ont été atteints par cette lumière, les autres ne l’ont pas été. Celui qui a été touché a été guidé, celui qui l’a pas été s’est trouvé égaré. C’est pourquoi je dis : la plume a séché sur les destinées de tous les êtres. » (Transmis par Mouslim, Ahmad).

   Commentant la parole coranique (Coran II 268), Abd Allah fils de Mas’oûd de dire : « Il est une « touche » qui provient du Roi [Dieu] et il en est une qui provient de Satan. La « touche » du Roi est promesse de bien et reconnaissance du Vrai ; celui qui est effleuré, qu’il louange Dieu. La « touche » de Satan est menace de mal et négation du Vrai ; celui qui en est effleuré, qu’il cherche refuge en Dieu ». 

  Dieu dit à David : "Crains-moi comme un lion dévorant", c'est-à-dire : non pour avoir commis un péché, mais à cause de sa sauvagerie et de sa majesté, et parce qu'il fait ce qu'il veut, ne se souciant nullement de la douleur qu'il peut infliger ; et lorsqu'il laisse de côté quelqu'un, il ne le fait pas par miséricorde, mais parce qu'il est trop chétif et que peu lui importe s'il est mort ou vivant ; pour lui, la mort de mille personnes est comme celle d'un insecte. Il en va de même, à un échelon supérieur, pour Dieu et, celui qui Le connaît vraiment, sait combien est vraie Sa parole : "Ceux-ci au Paradis et peu importe ; ceux-là au Feu et peu importe". (à suivre)


[1] Le Créateur des cieux et de la terre est donc la seule et véritable divinité qu’on adore et qu’on se doit d’adorer véritablement.
[2] En langue arabe, Allah. En hébreu, ïl. Nom divin, il est employé couramment pour les gens de l’Evangile de langue arabe. En français, le terme Dieu est compris généralement, non comme un Nom divin, mais plutôt comme signifiant l’Etre-Suprême, le Créateur et Maître de l’Univers.
[3] Formules d’eulogies comme : que Dieu prie sur lui, l’agrée, lui fasse miséricorde, etc., formules propres à  l’Islam traditionnel. Les exégètes interprètent la « prière » divine comme étant un octroi de Sa miséricorde et la « prière » angélique comme une demande de pardon pour les créatures.
[4] Soit : Ahmad-Mohammad, fils d’Abd Allah, (...) fils d’Ismaël, fils d’Abraham  (sur eux la Paix !). Pour l’Islam traditionnel, il est le Sceau de la Prophétie, le Sceau des prophètes et messagers divins.
[5] une chose que les Fils d’Israël ne s’acquitteront pas.
[6] "Les manuscrits du prophète Isaïe (sur lui la Paix !) que possédaient le monde biblique avant la découverte de ceux de la mer Morte sont tous du Moyen-Age. C'est à dire que pour un historien scrupuleux et sur ses gardes, comme l'ont fait remarquer si justement certains historiens bibliques, ils sont suspects. Tellement suspects qu'il suffira au lecteur de reprendre sa Bible et Isaïe, et de lire tout le chapître LII, jusqu'au verset 12 seulement. Puis, sautant tout ce qui suit, il reprendra sa lecture au verset 1 du chapître LIV, et il constatera que l'on se passe fort bien du tronçon évité, nous dit donc R. Ambelain dans son ouvrage Jésus ou le mortel secret des Templiers ; mieux encore, tout s'enchaîne de façon parfaite.  
   Que conclure, sinon que les versets 13 et suivants du chapître LII, le chapître LIII tout entier, ont été interpolés à une époque très postérieure, et pour justifier la fin infamante de Jésus. Interpolés, ou interprétés de façon plus que libérale. C'est peut être la raison de toutes ces persécutions médiévales contre les communautés juives (vivant parmi les gens de l'Evangile en Europe). Ce faisant, on s'emparait de leurs richesses et on n'en laissait subsister que des copies "arrangées". Les manuscrits de la Mer morte sont là pour nous le démontrer. En effet, deux manuscrits seulement d'Isaïe y ont été découverts jusqu'à ce jour. L'un est la propriété du monastère de Saint-Marc, à Jérusalem, monastère orthodoxe. Il a le même nombre de chapîtres que nos copies médiévales. Celui de l'Université Hébraïque commence au chapître X et va jusqu'à la fin classique. Mais les différences entre ces deux documents d'avant notre ère et nos manuscrits médiévaux sont très grandes.
   C'est ainsi que là où ces derniers, parlant du Messie, disent : "De même qu'il a été pour plusieurs un sujet d'effroi, tant son visage était défiguré jusqu'à ne plus avoir figure humaine..." (LII, 14), le manuscrit du monastère de Saint-Marc (celui de la Mer morte) dit : "Par Mon onction, son apparence est plus qu'humaine..." (LII, 14).  
   On conviendra que la différence est fort grande, et que ce Messie d'Isaïe, ainsi décrit, au visage éblouissant et terrible, tel celui de Moïse redescendant du Sinaï, ne ressemble pas au visage tuméfié de Jésus, sortant du prétoire pour aller à sa crucification.  
   Le manuscrit d'Isaïe du monastère de Saint Marc n'a pas été publié traduit, à notre connaissance, ni celui de l'Université Hébraïque. Le seront-ils un jour ? Si oui, il conviendra de soigneusement contrôler la traduction du verset 12 du chapître LIII. Il a son importance dans le problème de l'exécution de Jésus." (Op. cit. chap. l'exécution de Jésus. p. 302-303.)  
   Millar Burrows dans son livre "Les manuscrits de la Mer morte", nous dit :
   "Dans Isaïe 52 : 14, là où le texte traditionnel dit du serviteur "son visage était si défiguré", le manuscrit dit "ainsi j'ai oint son visage". Brownlee voit là une altération délibérée destinée à permettre un rapprochement, le participe "oint" suggérant l'idée du Messie..." (Op. cit. Edit. R. Laffont. p. 306.).
   "...Une version citée par Barthélemy est plus frappante que les autres et a fait l'objet d'une discussion très vive par plusieurs érudits. Dans Esaïe 52 : 14, où le texte massorétique, transcrit littéralement, se lit "défiguré jusqu'à n'avoir plus figure humaine", le rouleau de Saint-Marc dit (ou semble dire) : "Par mon onction, son apparence est plus qu'humaine." Barthélemy considère que cette phrase étrange signifie "Mon onction lui a donné une apparence surhumaine". Nötscher accepte cette interprétation et fait remarquer que la forme du verbe "défigurer" employé dans le texte massorétique ne se trouve nulle part ailleurs, Brownlee, également, accepte le point de vue de Barthélemy et insiste fortement pour attribuer le sens "par mon onction" au mot trouvé dans le rouleau. Cette interprétation est évidemment la plus simple. Mais Reider et A. Rubinstein ont montré que nous pouvons nous trouver en présence d'une forme usuelle du mot "défiguré" et que l'idée de changer par une onction l'apparence paraît foncièrement invraisemblable, même pour un scribe essénien. Toute l'argumentation de Barthélemy est, à mes yeux, peu convaincante. Sa théorie néanmoins vaut d'être notée parce qu’elle appelle l'attention sur la possibilité que ce texte non officiel es pré-massorétique reflète çà et là les préoccupations spéciales et les croyances de la secte..." (p. 359-360).
   Conclusion : les textes d’Isaïe, le prophète (sur lui la Paix !) ne s’adressaient-ils pas , à l’origine, au Sceau de la Prophètie, le Prophète Mohammad (sur lui Prière et Paix !) ? La censure toranique et évangélique ne vondront-ils pas se les approprier ?
[7] Hayyim Vital, l'un des quatre principaux disciples du maître de Safed, décrit le tsimtsoum en ces termes :
   Sache qu'avant que ne soient émanés les émanés et que les créatures ne soient créées, une lumière supérieure simple remplissait toute la réalité. Il n'y avait aucune place libre, sous l'aspect d'un air vide et d'un creux, mais tout était rempli de cette lumière infinie simple; elle n'avait ni début ni fin ; tout était lumière, une, simple, homogène d'une homogénéité une, et c'est ce que l'on appelle la Lumière de l'Infini (Or En Sof). Lorsque ``monta à sa volonté simple" de créer les mondes et d'émaner les émanés pour manifester la perfection de ses actions, de ses noms et de ses attributs, ce qui était la cause de la création des mondes, alors, il se contracta lui-même, l'Infini, en son point central, vraiment au milieu ; et il contracta cette lumière, qui s'éloigna sur les côtés, autour du point central. Il resta alors : une place vide, de l'air, un creux vide, de ce point central vraiment...
[8] Arabe, sakinah.
[9] Adam.


Point de divinité, de dieu que Dieu !
« Vulnerant omnes, ultima necat. »
Nous ne le dirons jamais assez.
Explicit totus liber.

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Cette page a été mise à jour le
22/07/07 .

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