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Selon
le monde biblique : |
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Historicité...

L’irréligion d'une partie du monde biblique en France s'inspire de la haine
du « corbeau » et de « l'obscurantisme » ! Campagne de dènigration dirigée
contre le Clergé catholique d'époque.
Le théâtre, biblique, occidental habille toujours de noir les personnages
réprouvés ou antipathiques : Tartuffe, Basile...
Ecclésiologie. Gallicane
Gallicanisme.
(lat. gallicanus, gaulois)
Doctrine qui a pour objet la défense des franchises de l'Eglise
de France (gallicane) à l'égard du Saint-Siège (Vatican). En conflit avec Rome au sujet du droit de Régale (perception royale du revenu ecclésiastique des évêchés et
abbayes)... On a dit que l'Eglise, gallicane, gauloise, existait bien avant
celle de Rome.
1461, Louis XI accorde à Pie II l'abrogation de la
Pragmatique ; mais le Parlement de Paris (haut lieu de résistance gallicane) refuse d'enregistrer ses lettres.
1472, c'est un concordat véritable qui est conclu entre Louis XI et Sixte IV; mais le Parlement, qui se pose en défenseur des anciens canons, refuse encore l'enregistrement de ce concordat qui reste lettre morte.
1545, au concile de Latran, le cardinal de Lorraine déclare publiquement que l'Université de Paris lui a enseigné la suprématie du concile général sur le Pape, et qu'il ne peut moins faire que de défendre cette doctrine en fils soumis à sa mère éducatrice. Et il ajoute : "Jamais un évêque de France n'admettra la déclaration du concile de Florence sur la prééminence du pape".
Malgré l'opposition résolue de Rome, la Pragmatique Sanction de Bourges demeure en vigueur en France jusqu'au Concordat de Bologne signé en 1516 par François 1er et Léon X; et au-delà, elle ne cesse d'inspirer la politique religieuse en France, jusque et y compris sous la Révolution et l'Empire.
Mais tous ces décrets ne furent pas reconnus par Rome qui les condamna.
Louis XIV convoque en synode national l'Assemblée extraordinaire des évêques de France. Il leur demande de rappeler dans une déclaration solennelle les grands principes des Libertés de l'Eglise Gallicane.
Bossuet, qui vient d’être nommé évêque de Meaux et qui est le personnage le plus marquant de cette assemblée, est chargé d’en rédiger le texte.
Biographie de l'Abbé Grégoire |
Selon
les historiens : GREGOIRE (Henri), constituant, conventionnel, montagnard, évêque constitutionnel de Blois, érudit, membre de l’Institut né à Vého près de Lunéville, le 4 décembre 1750.
1750-1776 L'ENFANCE et
L'ADOLESCENCE.
- 1750.
Selon les historiens :
Henri Grégoire est né en décembre 1750 à Velho, village lorrain, dans une famille de petits artisans. Remarqué par le curé d'Emberménil pour son intelligence,
il est admis au collège des Jésuites de Nancy. En 1776 il est ordonné prêtre. Six ans plus tard, il devient à son tour curé d'Emberménil et y ouvre une bibliothèque.
1776-1789 L'HOMME d'ÉGLISE
- La PRÊTRISE. Ordonné prêtre en 1776 il enseigne au collège de Pont-à-Mousson comme professeur de théologie.
- CURÉ à EMBERMENIL En 1782, il est nommé curé d'Embermenil ou il exercera jusqu'en 1789. Durant ces années il crée un bibliothèque pour ses paroissiens.
- 1785. Il prêche dans la cathédrale de Lunéville en faveur de la réconciliation des juifs et des chrétiens.
1789-1815 L'HOMME d'ACTION POLITIQUE.
- Prend la défense des "gens de couleur" et obtient le 4 février 1794, avec plusieurs autres anti-esclavagistes, l'abolition de l'esclavage dans "les Isles".
- La CONSTITUANTE.
- En mars 1789, il est élu député du Clergé aux Etats Généraux.
- Avril 1789.
Arrive à Versailles et dès la première séance il fait adopter le vote par tête et non par
ordre.
- Juin 1789.
Il rejoint le Tiers État. 17 juin 1789.
La première " Assemblée Constituante" est créé. A Versailles, il se fait remarquer en demandant le ralliement du bas-clergé au Tiers-état et participe le 20 juin au "Serment du
jeu de paume". Séance immortalisée par le peintre David.
- 4 août
1789. Iil prend une part active à l'abolition des privilèges et de la suppression de la gabelle.
- 3 décembre 1789.
A sa demande la Constituante autorise les sang-mêlés à la représentation nationale.
- 27 novembre 1790.
Il approuve et prête serment à la "Constitution civile du clergé"..
- 1791. Il est sacré Évêque de
Blois et devient député à la Convention.
- La LÉGISLATIVE
- Henri Grégoire participe à l'élaboration de la première "Déclaration des droits de l' Homme" adoptée en 1791.
- La CONVENTION
- Proclamation
de la République.
Il est nommé Président de l'Assemblée ; souhaitant la déchéance du roi il ne participe cependant pas au vote condamnant Louis
XVI à mort.
- Nommé membre du Comité de l'Instruction publique il est à l'
origine :
- du Conservatoire des Arts et Métiers
- de la création de l' école Normale sup et de Polytechnique
- Octobre 1795. Il est élu membre au Conseil des Cinq Cent ou il siégera jusqu' en 1799.
Selon les Historiens, il ne joua pas un rôle bien important. Il parait avoir
accepté avec assez de facilité le coup d'Etat du 18 brumaire.
Appelé au nouveau Corps législatif, puis ou Sénat (1801), il se montra défavorable au concordat, après la conclusion duquel il donna sa démission d’évêque.
- L'EMPIRE.
- Tout d' abord admirateur de Bonaparte , il devint son adversaire, après son
accession au pouvoir par la force. Il vota contre l’établissement du gouvernement impérial, combattit, seul dans le Sénat, la restauration des titres nobiliaires, ce qui ne l’empêcha point cependant d'accepter dans la suite le titre de comte. Mais s'il plia comme tant
d'autres sous une destinée plus forte que les événements et les hommes, il resta néanmoins un des membres de cette petite opposition sénatoriale si désagréable à Napoléon. Il s'opposa notamment au divorce et à d'autres actes du nouveau régime. Sentant d’ailleurs son impuissance, et sans doute découragé par tant d'événements, il se réfugia de plus en plus dans l’étude et les compositions littéraires. En 1814, il eut part au projet de déchéance et fut
un des premiers à le voter. Dès lors il demeura à l'écart et vit passer du fond de sa retraite la première Restauration, les Cent-Jours et le rétablissement définitif des Bourbons.
1815-1831 L'HOMME de RÉFLEXION
- 1815.
Restauration de la monarchie. Persécuté, il se verra exclu, par ordonnance
royale de l'Institut qu'il avait créé, sa pension est
supprimée...
- Retrait de la vie politique. Il
se retire dans un logis d' une seule pièce au environ de Paris,
à Auteuil.
- Ecrivain.
Toutefois, il ne resta pas inactif et soutint dans divers écrits et brochures une lutte fort vive contre les ultraroyalistes et les ultramontains.
Il publie :
- l'histoire des confesseurs des
empereurs, des rois et autres princes.
- manuel de piété à l' usage des hommes de couleur
et des noirs.
- histoire des sectes religieuses.
- Fréquentation. Il
fréquente les salons littéraires et politiques.
- Retour à la vie politique.
- 1819. Le département de l’Isère l’élu à la Chambre des députés. Le ministère était parvenu à faire annuler son élection par la Chambre, à le faire rejeter comme indigne. Le mot est resté
historique ; mais il a été retourné par l’opinion publique contre ceux qui avaient rendu cet arrêt.
Cette élection, selon les historiens, fut le signal d'un déchaînement inouï de passions contre-révolutionnaires ; on y voulut voir une sorte de défi jeté à la monarchie et elle eut un retentissement immense. Grégoire fut accablé d’outrages par les journaux de la faction en dépit des faits les mieux établis on continuait à
l’accuser d’avoir voté la mort de Louis XVI. Ses réponses dans les journaux étaient mutilés par la censure, ses lettres décachetées à la poste Mais cette tempête ne le troublait point et malgré tout ce septuagénaire qui d’ailleurs avait traversé d’un front calme tous les orages de la Révolution demeurait inébranlable. Dans une lettre au duc de Richelieu, il disait, à propos de ce système de persécution, suivi sans relâche depuis 1814 " Je suis comme le granit on peut me briser, mais on ne me plie pas ".
1822. Il renonça au titre de commandeur de la Légion d’honneur, qu’il tenait de l’Empire, et dont une ordonnance exigeait le renouvellement.
Durant les années qui suivirent, il vécu au milieu d’un cercle d’amis singulièrement restreint de jour en jour par la pusillanimité, la crainte de déplaire aux puissants. Jusqu'à ses derniers moments il s occupa avec son activité habituelle d’études et de travaux littéraires, en outre une correspondance immense et ne cessant une seule minute de s’intéresser au progrès des lumières et à la marche des idées.
1831. A son lit de mort il donna encore des preuves de son indomptables fermeté. Sentant sa fin prochaine, il demanda les
sacrements. L'archevêque de Paris y mit pour condition sa renonciation au serment qu'il avait prêté à la constitution civile du clergé. Sur ce point
l'Abbé Grégoire était intraitable ; il refusa opiniâtrement. Néanmoins malgré les ordres supérieurs un abbé Guillon lui administra les derniers sacrements. L’autorité ecclésiastique ferma l’église à ses dépouilles mortelles, pendant que les journaux royaliste
voire religieux publiaient contre l’illustre mort les articles les plus durs ...
Il
meurt à Paris, rue du cherche-midi, le 28 mai 1831.
Une
foule, dit-on, de plus de 20.000 personnes suivent son cortège funèbre
de l'église jusqu'au cimetière Montparnasse.
Ecrits |
Ses oeuvres.
Pour le monde du Partissisme, de l'Autonomie,
il est un curé philosophe, ami dit des Lumières. On dit aussi qu'il sera homme
du Dualisme, homme
de Loges.
1773 il publie son premier livre " Un éloge de la poésie" couronné par l' Académie de Nancy.
Il participe en 1776 à la création à Nancy de la "Société des
Philanthropes".
1779 il écrit un mémoire sur "les moyens de recréer le peuple juif".
1787 un "Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs" et milite pour qu'on leur accorde la citoyenneté.
1788 l' Académie de Metz couronne son essai " Sur la régénération physique, morale et politique des juifs".
Culture.
L'Abbé Cherrier curé de la paroisse d' Embermenil lui donna le goût de la lecture et de la grammaire de la langue française. Il parlait le latin, le grec, le français, l'allemand, l'italien, l'anglais, il suivit aussi des cours d'hébreu pour lire le Talmud dans le texte. Homme de culture, il se bat, dit-on, aussi pour elle, sauve des monuments, multiplie des bibliothèques, fait établir des jardins botaniques. Très attaché au patrimoine culturel, il est opposé et lutte avec vigueur contre les destructions d'œuvres d'art et de bibliothèques commises par l'Armée Révolutionnaire et invente pour cela le mot "vandalisme", destiné selon lui à "tuer la chose". A son instigation, dans un même souci de préservation du patrimoine, la Convention décrète, le 14 octobre 1794, la création d'un Conservatoire des Arts et Métiers, de la création de l'école Normale sup et de Polytechnique. A Emberménil, il crée une bibliothèque où l'on trouve des livres religieux, mais aussi des ouvrages très pratiques, relatifs à l'agriculture, à l'hygiène, aux arts mécaniques... Le 8 août 1793, il proposa et fit décider la suppression des Académies et leur réorganisation sur un plan nouveau. Il fut ainsi l'un des fondateurs de l'Institut, du Conservatoire des arts et métiers et du Bureau des longitudes. Nommé membre du Comité de l'Instruction publique. Il organise avec Jussieu l'abandon des patois au profit de la langue française.
Fidélité |
Fidèle
à lui-même.
Selon les
historiens, on le surnommait à l'époque, "l'avocat" des
juifs, des noirs et des esclaves. Au cours de sa vie, il exécutera nombre de grandes actions dont certaines réussiront et d'autres beaucoup moins. Il est resté courageux, généreux et fidèle à ses idées
jusqu'à son lit de mort. Curé d'Embermesnil en Lorraine, province qui comptait une communauté israélite importante, Henri Grégoire fut d'autant plus sensible au sort des juifs qu'il avait eu l'occasion de les côtoyer
et de nouer des liens d'amitié avec eux.
Son Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs repose sur une double argumentation : rationnelle, d'une part, en démontrant l'absurdité d'une discrimination fondée sur des préjugés
et contraire à l'utilité sociale ; religieuse, d'autre part, en insistant - fait assez rare pour un ecclésiastique de la seconde moitié du XVIIIe siècle - sur l'humanisme
et la tolérance qui imprègnent le message du Christ. Le monde toranique de
l'Hexagone lui voue une vénération toute particulière et le compte parmi les
"Justes".
Homme politique |
Grégoire
homme politique. Citations.
Motion pour l'abolition de la Royauté. A la tribune de la Convention, il monta,
dit-on, à la tribune pour développer la motion de l’abolition de la royauté faite par Collot
d’Herbois. A l'époque, le monde du Partissisme, de l'Autonomie, retiendra de
lui des propos peu digne d'un Abbé, plus d'un militant du Dualisme (du monde
des Loges, sectes occultes, etc.) : " les rois sont dans l’ordre morale ce que sont les monstres dans l’ordre physique ; les cours sont l’atelier du crime le foyer de la corruption ; l’histoire des rois est le martyrologe des nations".
L'impensable : Quand un Abbé, un homme d'Eglise, un religieux,
abolit l'ordre établi !
C'est, selon les historiens, sur sa rédaction que fut rendu le décret d'abolition de la royauté. Cette décision lui causa un tel enthousiasme, que pendant plusieurs jours,
comme il le déclare lui-même dans ses Mémoires, l’excès de la joie lui ôta l'appétit et le sommeil.
Comment dire après cela qu'il était encore Abbé ? Plutôt, un
loup dans la bergerie ! Ne dit-on pas qu'il ne faut pas se réjouir du malheur
des autres ? D'ailleurs, et comme nous l'avons vu, le retour des Bourbons, à la
fin de sa vie ; ne sera-t-il pas, pour lui, le revers de la médaille ?
Conclusion |
Abbé,
idéologue, affairiste, anti-christ, monstre, démon ?
Tout cela dépend de quel côté on penche. Pour un partisan du
Partissisme, Laïcisme, Autonomie, Athéisme, Mécréance, de la
Philosophie, de l'Idéologie,
autre, Grégoire
n'est pas un monstre, ni un démon, mais plutôt et surtout un homme d'une
grande valeur. Pour ses adversaires, il est tout son contraire. Sur
son lit de mort, et comme nous l'avons vu, il garda son serment vis à vis de
son idéal. Il montra alors qu'il était un autonome non un hétéronome. Son opiniâtreté
le perdra.
En étudiant sa vie, on comprend aussi qu'il poursuivait un but
politique beaucoup plus que religieux. Ne l'oublions pas, à la question posée
: Pourquoi Grégoire est-il devenu curé, on découvre : L'abbé Grégoire est devenu curé pour deux raisons
:
1) Pour respecter ses croyances (oui, mais lesquelles ?)
2) Parce qu'à l'époque c'est le seul moyen pour quelqu'un de condition modeste pour poursuivre ses études.
Cette deuxième réponse ne sera-t-elle pas, pour lui, la porte pour accéder à un but
personnel ? Il fera, qu'il le veuille ou non, le jeu des ennemis et des
adversaires de la religion évangélique, du Christianisme, en particulier
l'Eglise régnante : l'Eglise romaine, catholique, vaticane. Il fera aussi le
jeu de ceux qui, à l'époque, travaillaient dans l'ombre : les gens du Dualisme
(les Illuminés, gens des loges, sectes occultes et autres). Depuis des siècles
qui, en terre des Gaules, ne cachait-il pas une haine, une animosité, contre
partie des gens de l'Evangile, contre l'Eglise du Saint-Siège, du Vatican, en
particulier ? Qu'on re-lise bien l'Histoire !
Et après.
Si l'Abbé vivait à notre époque, comment vivrait-il ? A
l'époque, un homme du Culte pouvait participer plus ou moins activement à la
politique. Mais de nos jours ? Comment cela serait-il perçu dans l'opinion
publique ? N'est-ce pas l'époque d'un Laïcisme pur et dur ? Contraignant ?
Intégriste ? Implacable ? Extrémiste ? A son époque, trop soucieux de mettre
fin à la monarchie, on ne semble pas avoir considéré la gravité de ses
actes. Pour preuve, l'Idéologie voulut en 1789, voulut surtout par les gens du
Dualisme, gens du monde toranique, partie du monde de l'Evangile de France ; n'a pas apporté, au bon peuple des Gaules, que du bien. Peu s'en
faut. Qu'on en juge :
Des catastrophes : les guerres terribles comme celle de 1940.
Des
idéologies rampantes, athées, matérialistes, etc., pour l'Europe comme le
Nazisme, le Communisme pour ne parler qu'eux.
Le développement de l'Athéisme
et la Mécréance. Le développement de la licence, de moeurs dépravés, de non
respect, de haine et d'inimitié envers autrui. Et enfin, le refus absolu d'accepter la mention
du divin Créateur dans la Constitution européenne, de reconnaître les racines
ancestrales de la religion évangélique en terre d'Europe. La liste risque
d'être longue. De quoi ne pas pavoiser !
Comment un homme d'Eglise se donne un rôle politique...
ABOLITION DE LA ROYAUTE
Henri Grégoire (né à Vého
en 1750 - mort à Paris en 1831) était évêque constitutionnel de Blois - le
premier d'ailleurs qui avait prêté serment à la constitution civile du clergé
en 1791. Il fut élu député à la Convention par son diocèse (Loir-et-Cher).
C'est lui qui, en cette fameuse journée du Vendredi 21 septembre
1792, demandera fermement l'abolition de la royauté.
L'abbé Grégoire, comme on le surnommait à l'époque, sera
l'avocat des juifs, des noirs et des esclaves. C'est lui qui obtiendra
l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises le 4 février 1794.
(...)
Collot-d'Herbois : "Vous venez de prendre une délibération
sage; mais il en est une que vous ne pouvez remettre à demain, que vous ne
pouvez remettre à ce soir, que vous ne pouvez différer un seul instant sans être
infidèles au voeu de la nation, c'est l'abolition de la royauté"
(Applaudissements unanimes).
Quinette : "Ce n'est pas nous qui sommes juges de la royauté:
c'est le peuple; nous n'avons la mission que de faire un gouvernement positif,
et le peuple optera ensuite entre l'ancien où se trouvait une royauté, et
celui que nous lui présenterons. Quant à moi, comme représentant du peuple
français, je ne songe ni au roi ni à la royauté; je m'occupe tout entier de
ma mission, sans songer qu'une pareille institution ait jamais pu exister. Je
pense donc qu'il est inutile de s'occuper en ce moment de la proposition du préopinant".
Grégoire : "Certes, personne de nous ne proposera jamais de
conserver en France la race funeste des rois; nous savons trop bien que toutes
les dynasties n'ont jamais été que des races dévorantes qui ne vivaient que
de chair humaine. Mais il faut pleinement rassurer les mais de la liberté. Il
faut détruire ce talisman magique dont la force serait propre à stupéfier
encore bien des hommes. Je demande donc que, par une loi solennelle, vous
consacriez l'abolition de la royauté".
L'assemblée entière se lève par un mouvement spontané et décrète
par acclamation la proposition de l'abbé Grégoire, évêque de Blois.
Bazire : "Je demande à faire une motion d'ordre. L'assemblée
vient de manifester par l'unanimité de ses acclamations sa haine profonde pour
les rois. On ne peut qu'applaudir à ce sentiment si concordant avec celui de
l'universalité du peuple français. Mais il serait d'un exemple effrayant pour
le peuple de voir une Assemblée, chargée de ses plus chers intérêts, délibérer
dans un moment d'enthousiasme. Je demande que la question soit discutée".
Grégoire : "Eh ! Qu'est-il besoin de discuter quand tout le
monde est d'accord ? Les rois sont dans l'ordre moral ce que les monstres sont
dans l'ordre physique. Les cours sont l'atelier des crimes et la tanière des
tyrans. L'histoire des rois est le martyrologue des nations. Dès que nous
sommes tous également pénétrés de cette vérité, qu'est-il besoin de
discuter ? Je demande que ma proposition soit mise aux voix, sauf à la rédiger
ensuite avec un considérant digne de la solennité de ce décret".
Ducos : "Le considérant de votre décret, ce sera l'histoire
des crimes de Louis XVI, histoire déjà trop bien connue du peuple français.
Je demande donc qu'il soit rédigé dans les termes les plus simples; il n'a pas
besoin d'explication après les lumières qu'a répandues la journée du 10 août".
La discussion est fermée.
Il se fait un profond
silence.
La proposition de Grégoire, mise aux voix, est adoptée au bruit
des plus vifs applaudissements.
"La Convention nationale décrète que la royauté est abolie
en France".
Les acclamations de joie, les cris de : "Vive la nation
!" répétés par tous les spectateurs, se prolongent pendant plusieurs
instants.
(...)
SOMMAIRE
Arisitum,
à l'origine cette page était sur le serveur d'Arisitum.
Source : "Journal officiel de la Convention Nationale - La Convention Nationale (1792-1793), Procès-verbaux officiels des séances depuis le 21 septembre 1792, Constitution de la grande assemblée révolutionnaire, jusqu'au 21 janvier 1793, exécution du roi Louis XVI, seule édition authentique et inaltérée contenant les portraits des principaux conventionnels et des autres personnages connus de cette sublime époque", auteur non mentionné, Librairie B. Simon & Cie, Paris, sans date, pages 10 à 11.
Découvrons maintenant, une partie de l'Histoire de France de 1792-1802, puis 1794-1795. Qui complète cette étude sur l'Abbé Grégoire, et ce qu'on en dit à cette époque lointaine mais si proche... Nous verrons qu'elle est loin d'être élogieuse, brillante. (à suivre)
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11/05/07
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